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l'autel, le trône, et l'ordre social en France. Cet acte, dicté par la politique, a froissé mon cour;

je me sacrifie au bien de la patrie. » '. Acte de ces deux déclarations ayant été adressé

le lendemain au sénat, il prononça la dissolution du mariage, décidant que l'impératrice Joséphine conserverait le titre et le rang d'impératrice-reine couronnée, et fixa son douaire à deux millions de francs sur le trésor public.

On eût bien voulu que le mariage religieux fût rompu par le pape ; mais il le refusa: obstinément, et il fallut se contenter de ce que fit à cet égard l'officialité de Paris. Le cardinal Mauri, que nous avons vu, avec le simple titre d'abbé, jouer un si grand rôle au commencement de la révolution, parmi les défenseurs de la religion et de la monarchie , était alors l'archevêque nommé de la capitale de la France; il ne paraissait cependant à la tête du chapitre métropolitain qu'avec la qualité d'administrateur du diocèse, les discussions que Napoléon avait alors avec le saint siége empêchant qu'il ne reçût l'institution canonique. L'empereur des Français n'avait été marié devant l'église que la veille de son couronnement. Le prétexte sur lequel on s'appuya pour motiver la rupture de son mariage , fut qu'il avait été célébré en l'absence du curé de la paroisse; le souverain pontife y assistait en personne,

* Il s'écoula bien peu de temps entre la répudiation de Joséphine et l'exaltation d'une nouvelle impératrice. On fit néanmoins mille conjectures à ce sujet, et toutes les princesses à marier de l'Europe eurent, l'une après l'autre, dans les bruits publics, l'honneur du trône de France. Au commencement du mois de mars 1810 on sut décidément à quoi s'en tenir.

Le 8 de ce mois, le prince de Neufchâtel faisant la demande solennelle de l'archiduchesse MarieLouise , parla ainsi à l'empereur d'Autriche : « SIRE, .

. « Je viens, au nom de l'empereur mon maître, vous demander la main de l'archiduchesse MarieLouise , votre illustre fille.

» Les éminentes qualités qui distinguent cette princesse ont assigné sa place sur un grand trône. .'

» Elle y fera le bonheur d'un grand peuple et celui d'un grand homme.

» La politique de mon souverain s'est trouvée d'accord avec les veux de son coeur.

'» Cette union des deux familles, sire, donnera à deux nations généreuses de nouvelles assurances detranquillité et de bonheur, »

L'empereur d'Autriche répondit :

« Je regarde la demande en mariage de ma fille, comme un gage des sentimens de l'empereur des Français, que j'apprécie.

» Mes væux pour le bonheur des futurs époux ne sauraient être exprimés avec trop de vérité. Il fera le mien.

» Je trouverai dans l'amitié du prince que vous représentez, de précieux motifs de consolation de · la séparation de mon enfant chéri. Nos peuples y voient le gage assuré de leur bien-être mutuel.

» J'accorde la main de ma fille à l'empereur des Français. »

Vinrent ensuite le discours du prince de Neufchâtel à l'archiduchesse, et la réponse de cette princesse. Le prince de Neufchâtel dit :

« Madame, » Vos augustes parens ont rempli les yeux de l'empereur mon maître.

» Des considérations politiques peuvent avoir influé sur la détermination de nos deux souverains, mais la première considération, c'est celle de votre bonheur. C'est surtout de votre cour , madame, que l'empereur mon maître veut vous obtenir.

» Il sera beau de voir unis, sur un grand trône, au génie de la puissance les attraits et les grâces qui la font chérir.

» Ce jour , madame, sera heureux pour l'empereur mon maître, si votre altesse impériale m'ordonne de lui dire qu'elle partage les espérances, les voeux et les sentimens de son coeur. ;

L'archiduchesse fit la réponse suivante : .

« La volonté de mon père a constamment été la mienne. Mon bonheur restera toujours le sien.

» C'est dans ces principes que l'empereur Napoléon ne peut que trouver le gage des sentimens que je vouerai à mon époux; heureuse , si je puis contribuer à son bonheur et à celui d'une grande nation. Je donne, avec la permission de mon père, mon consentement à mon union avec l'empereur Napoléon. »,

Le 27 février, le sénat avait été avisé de la négociation entamée pour cette affaire , par un message dans lequel Napoléon s'exprimait en ces termes : ! .

« Nous avons voulu contribuer éminemment au bonheur de la présente génération. Les ennemis du continent ont fondé leur prospérité sur ses dissensions et son déchirement. Ils ne pourront plus alimenter la guerre, en nous supposant des projets incompatibles avec les liens et les devoirs de parenté, que nous venons de contracter avec la maison impériale régnante en Autriche.

» Les brillantes qualités qui distinguent l'archiduchesse Marie-Louise, lui ont acquis l'amour des peuples de l'Autriche. Elles ont fixé nos regards. Nos peuples aimeront cette princesse pour l'amour de nous, jusqu'à ce que , témoins de toutes les vertus qui l'ont placée si haut dans notre pensée , ils l'aiment pour elle-même. ».

Tout le monde regarda avec raison ce mariage, comme très - ayantageux pour l'empereur d'Autriche. Effectivement il le raffermissait sur son trône, en rattachant le vaincu à la fortune du vainqueur. Quant à Napoléon, il consacrait en quelque sorte son intrônisation, en le faisant entrer , malgré l'illégitimité primordiale de son titre, dans la grande famille des souverains qui l'associait ainsi à ses destinées,

Il fut célébré dès le 11 mars à Vienne, et le 13 la nouvelle impératrice partit pour la France, Elle avait, le 10, distribué à plusieurs Français qui devaient former sa suite dans le voyage, l'ordre de Saint-Etienne de Hongrie.

Napoléon alla au-devant d'elle jusqu'au-delà de Compiégne. Le mariage civil se fit le 1er. avril à Saint-Cloud. Il ne précéda que d'un jour le mariage religieux qui fut célébré, le 2 , à Paris, dans la grande galerie du Louvre. Des fêtes publiques et particulières suivirent ce brillant hymen, qui est bien certainement un des plus grands actes de la vie politique de l'empereur des Français.

Le principal but dans lequel ce mariage paraissait avoir été fait, ne tarda pas à être atteint : un peu moins d'un an après qu'il eut été conclu, le 20 mars 1811, l'impératrice accoucha d'un enfant mâle qui reçut à sa naissance la qualification de roi de Rome,

Chacun, dans cette occasion, s'empressa de féliciter l'heureux souverain ; ce fut à qui témoignerait

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