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nous élevons à la hauteur de notre destinée, nous formerons dans peu la droite de la grande armée.

» Préparez-vous au combat!

» De mon quartier-général d'Ostrovizza, 23 avril 1809. »

Napoléon salua, en ces termes, les soldats de l'armée d'Italie au moment de leur jonetion avec la grande armée :

« Soldats de l'armée d'Italie, i Vous avez glorieusement atteint le but que je vous avais marqué : le Sommering a été témoin de votre jonction avec la grande armée. : » Soyez les bien venus, je suis content de vous !

» Surpris par un ennemi perfide avant que vos colonnes fussent réunies, vous avez dû rétrograder jusqu'à l'Adige. Mais lorsque vous reçûtes l'ordre de marcher en avant, vous étiez sur le champ mémorable d'Arcole, et là, vous jurâtes sur les mânes de nos héros, de triompher. Vous avez tenu parole à la bataille de la Piave, aux combats de SaintDaniel, de Tarvis , de Goritz; vous avez pris d'assaut les forts de Malborghetto , de Pradel, et fait capituler la division ennemie retranchée dans Preweld et Laybach. Vous n'aviez pas encore passé la Drave, et déjà vingt-cinq mille prisonniers, soixante pièces de bataille, dix drapeaux avaient signalé votre valeur. Depuis , la Drave , la Save, la Muer n'ont pu retarder votre marche. La colonne autrichienne de Jallachich, qui , la première, entra dans Munich, qui donna le signal des massacres dans le Tyrol, environnée à Saint-Michel, est tombée sous vos bayonnettes. Vous avez fait une prompte justice de ces débris dérobés à la colère de la grande armée. Soldats! cette armée autrichienne d'Italie qui, un moment, souilla par sa présence mes provinces, qui avait la prétention de briser ma couronne de fer, battue , dispersée, anéantie, grâce à vous, sera un exemple de la vérité de cette devise : Dio me la diede, guai a chi la tocca. ( Dieu me l'a donnée, malheur à qui osera y porter la main! ) »

Nous avons laissé l'armée française se préparant dans l'ile Lobau, à un nouveau passage du Danube. L'ennemi s'était extrêmement fortifié dans toutes les positions que les suites de la bataille d'Essling lui avaient permis de reprendre ; il se croyait et paraissait en effet inexpugnable.

Napoléon, le rev. juillet, à quatre heures du matin, porta son quartier général à l'île Lobau. Le général du génie, Bertrand , avait joint cette île à la rive droite du Danube par un pont formé de soixante arches, où trois voitures pouvaient passer de front, Le Danube, qui est considéré comme le fleuve le plus rapide du monde, a dans cet endroit une largeur de quatre cents toises ; ce qui faisait de ce pont un véritable chef-d'oeuvre de l'art: il avait cependant été construit en quinze jours.

On avait armé, de dix mortiers et de vingt pièces de dix-huit , une petite île qui avait reçu son nom de celui du duc de Montebello, et qui battait Enzersdorf; une autre île, à laquelle on avait donné le nom du général Espagne, fut armée de six pièces de position de douze, et de quatre mortiers.

Entre ces deux îles on établit encore une batterie, de même force que celle de l'île de Montebello, et qui battait aussi Enzersdorf. Tous ces ouvrages devaient, en deux heures, écraser cette petite ville, et forcer l'ennemi d'en sortir.

De l'ile Alexandre, armée de quatre mortiers, de dix pièces de douze, et de douze pièces de six, on devait battre la plaine pour y faciliter le déploiement de l'armée , lorsqu'elle aurait traversé le Danube.

Le 2, un des aides de camp du duc de Rivoli passa , à la tête de cinq cents voltigeurs, dans l'ile du Moulin , et s'en empara. Il fit armer cette nouvelle ile, et la joignit au continent par un petit pont qui communiquait à la rive gauche, et qu'il couvrit d'une petite flèche qu'on appela RedoutePetit. Le soir, les redoutes ennemies d'Essling, inquiétées par ce poste, tirèrent dessus avec la dernière activité : c'était précisément ce que Napoléon voulait; il n'avait eu pour but, en se rendant maître de l'île du Moulin, que d'y fixer toute l'attention des Autrichiens, afin de la détour

ner du véritable point sur lequel il comptait opérer,

Le 4, à dix heures du soir , quinze cents voltigeurs, commandés par le général Conroux, s'embarquèrent sur le grand bras du Danube , et convoyés par le colonel Baste , avec dix chaloupes canonnières , allèrent aborder au-delà du petit bras de l'île Lobau. L'ennemi tenta vainement de contrarier ce mouvement; on écrasa ses batteries, et il fut chassé des bois jusqu'au village de Múhllenten. . A onze heures, les batteries françaises braquées sur Enzersdorf ouvrirent leur feu , et réduisirent en cendres cette petite ville, si malheureusement victime des chances et des nécessités cruelles de la guerre; en moins d'une demi-heure on eut éteint les batteries ennemies.

Cependant, le chef de bataillon Dessoles, directeur des équipages des ponts, et un ingénieur de marine avaient établi sur le bras de l'île Alexandre, un pont de quatre-vingts toises d'une seule pièce , et cinq gros bacs. Une partie de l'infanterie se mit à défiler, au pas accéléré, sur ce pont, pendant que deux mille cinq cents hommes , commandés par le colonel Sainte-Croix, aide de camp du duc de Rivoli , passaient dans les bacs. Le capitaine Bazelle faisait , en même temps, jeter un pont de bateaux. A deux heures après minuit, quatre ponts étaient en plein service sur le Danube, et la masse de l'armée française débouchait sur un terrain où elle n'était pas attendue. Le corps du duc de Rivoli formait la gauche ; celui du comte Oudinot le centre, et celui du duc d'Aversa taëdt la droite. Le corps du prince de Ponte-Corvo. (anciennement le général Bernadotte; et maintenant roi de Suède ), ceux du vice-roi d'Italie et du duc de Raguse , la garde impériale et les cuirassiers, formaient la seconde ligne et les réserves.

Le temps était affreux; la pluie tombait par torrens ; un violent orage enveloppait la campagne d'une obscurité profonde, et favorisait le stratagème inventé par Napoléon pour la perte de ses adversaires.

Le 5, aux premiers rayons du jour, on put reconnaître que l'armée française, ayant, par cette savante maneuvre, rendu tous les ouvrages des Autrichiens, inutiles, et tourné leurs-camps retranchés, était en bataille sur l'extrémité de leur gauche. L'ennemi était dès lors forcé de quitter précipitamment ses positions, pour venir livrer bataille aux Français, à trois quarts de lieue de ses redoutes, et sur un champ choisi par eux. Il voulut vainement se mettre en défense dans la plaine d'Enzersdorf. Tous les corps qu'il engagea pour essayer de changer sa position furent repoussés, et tous les villages dont il voulut 'se couvrir,

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