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dont la campagne avait été menée en Pologne et en Italie.

Ces deux provinces avaient été assaillies en mêmetemps que la Bavière. l'Archiduc Ferdinand, commandant les troupes autrichiennes qui devaient envahir le grand duché de Varsovie , avait fait précéder les hostilités d'une note semblable à celle qui les avait annoncées en Bavière.

Cette note était ainsi conçue : . A M. le prince Poniatowski, ministre de la

guerre, général de division , etc., etc. « D'après une déclaration de S. M. l'empe reur d'Autriche à l'empereur Napoléon, je préviens M. le prince Poniatowski, que j'ai l'ordre de me porter dans le duché de Varsovie avec les troupes que je commande, et de traiter en ennemies toutes celles qui s'opposeront à ma marche. :. » J'ai fait part de cette mesure à vos avantpostes, en les prévenant que, dans douze heures, je me mets en mouvement.

» Agréez, M. le prince , l'assurance de ma considération très-distinguée.

» Le commandant en chef de l'armée impén riale autrichienne.,

» Signé FERDINAND, général. » L'archiduc Ferdinand obtint d'abord quelques ayantages sur le prince Poniatowki; mais il ne tarda pas à les perdre, et le 4 mai, entre autres, le prince Poniatowski battit les Autrichiens à la

tête du pont de Gora. Les Polonais prirent , dans cette rencontre, à leurs adversaires, deux mille hommes , trois pièces de canon et deux drapeaux, Le général autrichien Schaurott, qui y commandait en chef, fut réduit à se sauver dans une nacelle. Cette affaire décisive , qui avait été précédée de plusieurs autres, rendit l'armée du grand duché maîtresse des deux rives de la Vistule, et lui permit d'entrer dans la Galicie, où elle marcha de succès en succès.

Cette province, au reste , fut bientôt aussi attaquée par les Russes, que les traités obligeaient alors à assister la France dans certains cas de guerre, Le prince Galitzin, commandant en chef l'armée russe, fit publier la proclamation suivante, à son entrée en Galicie, le 19 mai :)

« La guerre qui a éclaté entre la France et l'Autriche ne pouvait être vue d'un cil indifférent par la Russie. Toutes sortes de soins et d'efforts ont été employés de notre côté, afin d'étouffer ce feu avant qu'il s'allumât entièrement. Il fut déclaré, du premier moment, à la cour d'Autriche , qu'en vertu des traités et des engagemens les plus étroits qui subsistent entre les deux empereurs de Russie et des Français, la Russie agirait conjointement avec la France. ...

». L'Autriche ne voulut pas avoir égard à ces représentations, qui auraient dû être d'un si grand poids pour elle; mais elle masqua du prétexte . d'une défense propre, ses préparatifs guerriers, jusqu'à ce qu'enfin, par: des démarches agressives, elle découvrit les desseins orgueilleux de son ambition, et alluma le flambeau de la guerre. La Russie, en conséquence, ne pouvait pas se dispenser de prendre à cette guerre, une part qui était fondée sur des traités solennels. A la première nouvelle qui lui parvint, elle rompit tous les liens qui existaient entre elle et l'Autriche, et ordonna à son armée de s'approcher des frontières de la Galicie.

» En entrant dans ce pays, pour agir contre l'Autriche, et repousser , par la force , les forces qu'elle déploie, le commandant en chef de l'armée, d'après l'ordre positif de sa majesté l'empereur, doit déclarer aux tranquilles habitans de la Galicie, comme il leur assure de la manière la plus solennelle, que la Russie n'a aucune inimitié contre aucun d'eux, et que l'armée, dans ses mouvemens, partout et quelque part que ce soit , respectera la sûreté personnelle d'un chacun, assurera les propriétés, et ne troublera pas la paix intérieure et la tranquillité générale. Le commandant en chef prouvera , par les effets, combien ces principes sont sacrés pour lui. . Fait au quartier général, le 19 mai 1809.

» Signé le prince GALITZIN. » Nous avons, à dessein, rapporté cette proclamation, importante en ce qu'elle fait connaître jusqu'à quel point, à cette époque, les intérêts politiques étaient communs entre la France et la Russie.

Quant aux Autrichiens, ils n'avaient pas besoin de tant d'ennemis de ce côté, pour y être les plus faibles. Les batailles gagnées par Napoléon en personne dans le cæur de l'Autriche, n'avaient pas permis à l'empereur François de porter en Pologne les forces nécessaires pour qu'il pût y compter sur des succès durables. Il vint même un moment, où, obligé de rappeler de toutes parts ses troupes au secours de sa capitale, il ne put laisser dans la Galicie, qui lui était échue lors du partage de la Pologne, ce qu'il convenait de monde pour la défendre. L'occupation de cette province fut donc, a proprement parler , pour les Polonais et pour les Russes , une prise de possession à peu près paisible , plutôt qu'une conquête.

Ce fut le 12 de mai que l'archiduc Ferdinand se mit en marche pour aller au secours de Vienne, qui, dans ce moment même, subissait la loi du vainqueur. Les Polonais le poursuivirent vivement, et quand il arriva dans la Silésie autrichienne, son armée se trouvait réduite au tiers.

L'ardeur que montraient les soldats russes et les bonnes dispositions de leurs officiers sont garans que, dans le besoin, ils eussent rendu de grands services à leurs alliés : leur présence seule en Galicie en était un véritable.

Les troupes françaises et italiennes furent atta

quées sur les frontières de l'Italie , le 10 avril, après une note encore semblable aux deux que nous avons déjà citées. Le coup étant tombé sur les plus avancées, elles furent obligées de se replier pour se réunir sur leurs derrières au reste de l'armée. Cette armée, rassemblée en quelques jours, se préparait à prendre à son tour l'offensive, quand la retraite de l'archiduc Jean rappelé aussi au secours de Vienne, lui en fournit naturellement l'occasion. Cette retraite ne se fit pas sans beaucoup de perte : le vice-roi du royaume d'Italie , n'était pas homme à souffrir qu'il en fût autrement. Le premier événement de ce mouvement militaire fut une bataille sur les bords de la Piave. L'armée franco-italienne y prit aux Autrichiens, seize pièces de canons attelées, deux généraux, quatre mille soldats, trente caissons, sept mille fusils, des munitions et des bagages. Poursuivis avec la plus grande vivacité, et réduits chaque jour à sacrifier quelques-uns des leurs pour sauver le reste, ils engagèrent encore, dans la position de Tarvis, une action à la fin de laquelle ils laissèrent sur le champ de bataille, un grand nombre de morts, trois mille prisonniers et dix-sept pièces de canon. De telles poursuites exercées sur des armées qui battaient en retraite vers leur capitale , avaient cette importance, qu'en réduisant ces armées à un petit nombre d'hommes, et les désorganisant, elles en faisaient des renforts à peu près illusoires, quelque part,

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