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qui marchait en tête, atteignit dans la matinée l'arrière-garde autrichienne en avant d'Ebersberg. Le général Coehorn, à la tête des bataillons des tirailleurs du Pô et des voltigeurs corses, se précipita sur l'ennemi au moment même où celui-ci était engagé sur le pont d’Ebersberg qui se prolonge sur plusieurs îlots et bras que forme la rivière. Repoussé dans plusieurs charges, le général Coehorn ne tarda pas à être soutenu par le reste de la division ayant à sa tête le général Claparede luimême. Le pont fut alors franchi victorieusement; mais le feu ayant pris å ses premières arches et les ayant ruinées, le général Claparede et ses sept mille braves se trouvèrent tout d'un coup séparés du reste du corps d’armée, et en présence des trente mille' Autrichiens formés en bataille sur les hauteurs en arrière du village. Ils soutinrent glorieusement ce combat inégal, et donnèrent aux troupes qui devaient les soutenir, le temps d'éteindre le feu et de rétablir les communications. Tout le corps français étant réuni, les Autrichiens se mirent promptement en retraite , laissant quatre pièces de canon, deux drapeaux et un monceau de morts dans le village d’Ebersberg. La division du général Claparede n'avait pas perdu dans l'action, moins de trois cents hommes tués, et de sept cents blessés grievement. La journée coûta aux Autrichiens quatre mille cinq cents hommes tués ou blessés, et six à sept mille prisonniers. Une compagnie de voltigeurs corses, à la poursuite de l'ennemi, prit à elle seule sept cents hommes dans un bois.

Aucun obstacle sérieux ne devait désormais arrêter la marche de Napoléon sur Vienne.

L'archiduc Charles, suivi depuis le 24 avril jusqu'au 30, par le prince d'Eckmuhl, s'était décidément enfoncé dans la Bohême, paraissant se porter sur Vienne par les routes qui y conduisent de ce royaume, le Danube'.entre deux,

Le 7, l'aile gauche de l'armée autrichienne , arrivée à San-Potlen, se partagea en deux parties : la plus nombreuse traversa le Danube sur le pont de Krems; l'autre, composée de troupes légères, prit, à marches forcées, la route de Vienne, pour aider à sa défense jusqu'à l'arrivée de l'archiduc, qui espérait encore se voir bientôt maître d'opérer sur les deux rives du Danube..

Le 10, à neuf heures du matin, Napoléon arriva . de sa personne devant Vienne, avec le corps du maréchal duc de Montebello : « c'était, dit le bulletin officiel, à la même heure, le même jour , et un mois juste après que l'armée autrichienne avait passé l'Inn pour envahir la Bavière. » Il avait couché au château impérial de Schonbrun, à une demi-lieue vers le midi. .

L'archiduc Maximilien, jeune frère de l'impératrice, commandait dans Vienne, ayant sous ses

ordres une garnison d'une quinzaine de mille hommes. Il voulut essayer de résister dans la ville proprement dite , dont l'enceinte contient environ quatre-vingt mille âmes et treize mille maisons. Les faubourgs , qui renferment cinq mille maisons et plus de deux cent vingt mille âmes, avaient été cédés, sans résistance, aux Français. La ville est défendue par des bastions et une contrescarpe.

Le duc de Montebello envoya une sommation par un aide-de-camp. Cet officier fut blessé par un boucher, au milieu d'une émeute, et retenu prisonnier. Napoléon fit alors partir une députation des faubourgs, avec une lettre pour l'archiduc Maximilien. On réclamait, dans ce message, la liberté de l'officier parlementaire, et la cessation d'une défense inutile. L'archiduc ayant refusé d'éteindre son feu, le chef de l'armée française ne songea plus qu'à le forcer dans son poste.

Il fit aussitôt occuper, par trois cents voltigeurs, un petit pavillon situé sur la rive gauche du Danube, et d'où l'on pouvait protéger la construction d'un pont de bois. Un bataillon de grenadiers, qui défendait ce passage, en fut repoussé par la mitraille de quinze pièces de canon, et par ces volligeurs. A huit heures du soir, les matériaux du pont se trouvèrent réunis sur la grêve. On était au iide mai. Le capitaine Pourtalès, aide-de-camp du major-général, et le sieur Susaldi, aide-de-camp du général Boudet, avaient, les premiers, traversé le fleuve à la nage, pour aller chercher des bateaux qui étaient sur la rive opposée.

Dės neuf heures du soir , on fit jouer une batterie de vingt obusiers établie par les généraux Bertrand et Navelet, à cent toises de la cité. La ville fut bientôt en feu.

L'archiduc Maximilien, pendant la nuit, lança deux bataillons de grenadiers sur le pavillon qu'on lui avait enlevé si vivement, mais ces bataillons , reçus à bout portant par la mousqueterie et par l'artillerie des Français,furent rejetés bien loin, dans le plus grand désordre.

Le prince autrichien comprenant enfin que sa résistance serait inutile, et jugeant même aux mouvemens des Français, qu'elle pourrait servir à le faire couper, si elle se prolongeait davantage, se retira, laissant le commandement au général O'Reilly, qui, le 12 , au point du jour, avertit les assiégaris qu'une députation allait se rendre auprès de Napoléon. Cette députation fut présentée au conquérant dans le parcde Schoenbrun. Elle était composée de plusieurs membres des états, du haut clergé, des magistrats et des conseillers de la ville, Elle

fut favorablement accueillie. • La capitulation ayant été signée dans la soirée,

le général Oudinot et ses grenadiers prirent possession de la ville. Il s'y trouva cinq cents pièces de canon, trente mille fusils, beaucoup d'affûts, une grande quantité de boulets, de poudre' et de munitions de toute espèce.

Le nombre des prisonniers fut de sept feld-maréchaux-lieutenans, neuf généraux-majors, dix colonels, vingt majors et lieutenans - colonels, cent capitaines, cent cinquante lieutenans, deux cents sous-lieutenans et trois mille sous-officiers et soldats, Il y avait encore plusieurs milliers de malades et de blessés dans les hôpitaux. .

Pour témoigner sa satisfaction à l'armée , de tout ce qu'elle avait fait jusque-là de glorieux, Napoléon, indépendamment des récompenses particulières, décerna le titre de baron, avec des dotations en terres, au plus brave officier, et la décoration de la légion d'honneur, avec une pension de douze cent's francs, au plus brave soldat de chaque régiment.

Cependant l'archiduc Charles, après avoir fait un long détour par la Bohême, s'était rapproché du Danube, et ralliant à lui les débris de l'aile gauche autrichienne, avait pris poste à peu près en face. de Vienne. Toute son armée se trouvait ainsi réunie , à l'exception d'un de ses corps resté en observation sur les frontières de la Bohême, pour contenir le prince de Ponte-Corvo ( le maréchal Bernadotte), et le général Vendamme, en position à Linz. Le prince de Ponte-Corvo commandait le contingent de la Saxe, fort d'une vingtaine de mille hommes.

Sept jours après son entrée dans Vienne, Napo

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