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Toutes les fois que la flottille devra passer la nuit en rade, il sera fourni à chaque båtiment 10 hommes de renfort; ces détachements seront toujours pris dans le corps et fournis par les compagnies qui fournissent la garnison ordinaire du bateau.

Toutes les fois que la flottille rentrerait dans le port, le supplément rentrerait au corps; cela leur compterait comme un détachement.

Tant que les caïques et péniches seront indépendantes, les garnisons en seront relevées tous les cinq jours.

Il y aura deux généraux de brigade d'artillerie chargés de l'inspection et du commandement des batteries de la rade de Boulogne : l'un commandera les batteries de la gauche, et l'autre les batteries de la droite.

Le général Foucher commandera les batteries de la gauche, et son quartier général sera placé sur la hauteur, entre le fort de l'Heurt et le port. Il aura sous ses ordres un chef de brigade et deux officiers en résidence, le nombre de canonniers nécessaire pour servir toutes les pièces, et un secours d'auxiliaires d'infanterie fournis par l'armée, à raison de trois hommes par bouche à feu.

Toutes les fois que, par des raisons de service, il s'absentera du camp, il s'assurera que le chef de brigade est présent pour le remplacer.

Jusqu'à ce qu'un général de brigade soit arrivé, le colonel chef de l'état-major sera chargé des batteries de la droite, et sera logé entre la tour d'Ordre et le fort de la Crèche. Il aura sous ses ordres deux officiers en résidence. Il ne pourra point s'absenter des batteries de la droite qu'il ne soit remplacé par un autre chef de brigade.

Un régiment d'artillerie à pied fera le service des batteries de la gauche, et un autre fera le service des batteries de la droite.

Toutes les fois que la flottille sera en rade, les pièces de 24 légères et les obusiers de 6 pouces qui se trouvent à Boulogne se porteront sur la laisse de basse mer. Un officier général ou supérieur dirigera ces batteries et les fera porter rapidement sur les points où elles seront le plus utiles pour protéger la flottille.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7247. — AU CONSUL CAMBACÉRÈS.

Boulogne, 15 brumaire an XII (7 novembre 1803). J'ai passé la journée de dimanche à visiter les nouveaux ports d'Ambleteuse et Wimereux, et à faire maneuvrer les troupes qui s'y trouvent. Les travaux marchent.

Après le combat que nous avons eu, l'ennemi a disparu; il paraît qu'il est allé se ravitailler en Angleterre.

J'ai été visiter aujourd'hui dans le plus grand détail tous les ateliers de la marine; cela est aussi pitoyable qu'il est possible de l'imaginer. Je viens de transformer une caserne en arsenal de la marine. Il faut que j'ordonne tout dans le plus petit détail.

J'ai passé plusieurs heures à inspecter les troupes homme à homme, et à m'assurer par moi-même de la situation des différentes parties. J'ai encore ici de la besogne pour plusieurs jours.

BONAPARTE. Comm. par M. le duc de Cambacérès.

(En minute aus Arch, de l'Emp.)

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Boulogne, 15 brumaire an XII (7 novembre 1803). La caserne sera mise par l'administration de la terre à la disposition de la marine.

Les lits et fournitures appartenant au casernement seront placés dans une aile du bâtiment, jusqu'à ce qu'ils en soient tirés pour une autre destination.

Les grains qui sont dans les greniers seront évacués dans le plus court délai.

1° Dans la journée de demain, le conseiller d'État Forfait, l'ingénieur en chef Sganzin, et le chef de l'administration du port, désigneront les emplacements où il doit être construit des hangars, et distribueront les différents appartements de la caserne aux différents magasins et ateliers de la marine. Il n'y sera fait, du reste, aucun changement considérable.

2° Il sera fait une ouverture au pont en forme de pont tournant, de manière que tous les bâtiments de la flottille puissent arriver tout mâtés vis-à-vis de l'arsenal, et là être armés et radoubés.

3° Le premier inspecteur général d'artillerie fera venir en toute diligence dix forges de Douai et quatorze de campagne. Quatre seront données aux ateliers d'artillerie de la marine, ce qui, joint aux quatre qu'il leur a remises ce matin, feront huit, et dix seront remises à l'arsenal de la marine. Ces forges seront garnies de tous leurs ustensiles. Elles devront être remises le 20 au plus tard.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7249. — AU GÉNÉRAL DEJEAN, MINISTRE DIRECTEUR DE L'ADMINISTRATION DE LA GUERRE.

Boulogne, 15 brumaire an XII (7 novembre 1803). Un grand nombre de demi-brigades, Citoyen Ministre, n'ont pas reçu l'habillement de l'an XI. La 72 prétend n'avoir pas reçu même celui de l'an X; aussi est-elle, dans la force du terme, entièrement nue. Pourvoyez à cette demi-brigade, qui est dans une situation bien fåcheuse.

BONAPARTE. Dépôt de la guerre.

7250. - AU CONSUL CAMBACÉRÈS.

Boulogne, 16 brumaire an XII (8 novembre 1803). Je reçois votre lettre du 14. J'ai passé la journée d'hier à faire manæuvrer les troupes.

Tout individu né Français qui se trouve arrêté et qui réclame l'assistance d'un ambassadeur doit être traité plus sévèrement, et l'on ne doit faire aucune réponse aux ambassadeurs.

Je suis ici pour plusieurs jours, car j'ai encore beaucoup de cboses à faire et à voir.

BONAPARTE. Comm. par M. le duc de Cambacérès.

(En minute aor Arch. de l'Emp.)

7251. AU CITOYEN LAVALLETTE, COMMISSAIRE CENTRAL PRÈS L'ADMINISTRATION DES POSTES.

Boulogne, 16 brumaire an XII (8 novembre 1803). Je vois avec peine qu'il est envoyé de Paris aux étrangers un grand nombre de bulletins contraires au gouvernement. Ordinairement ces bulletins ne circulaient pas.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7252. AU CITOYEN TALLEYRAND,
MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES.

Boulogne, 16 brumaire an XII (8 novembre 1803). Je vous renvoie, Citoyen Ministre, toutes vos dépêches. Faites connaitre au citoyen Laforest que j'ai lu avec intérêt sa dépêche du 29 vendémiaire.

Il est convenable de prévenir l'ambassadeur turc qu'il est très

probable que les Anglais, qui évidemment fomentent les beys, s'empareront de l'Égypte.

Donnez ordre à Rome et à Naples de faire arrêter Vernègues, Lamaisonfort et Lescour, et de saisir en même temps leurs papiers. Cette capture est très-importante.

Toutes ces intriguailleries de Naples sont pitoyables. Je n'y vois cependant pas encore très-clair, mais certainement il n'est pas probable que Lechi , qui est très-révolutionnaire, qui connaît la puissance de la France et ce dont M. Acton est capable, ait proposé un projet aussi fou que celui de se révolter contre la France et de mettre un fils du roi de Naples sur le trône de Milan. Je ne vois pas,

d'un autre côté, ce que M. Acton peut gagner, si ce n'est de mettre de la division entre les Italiens et les Français, de perdre Lechi, et de nous engager à arrêter une seconde fois Moliterno. D'ailleurs, comment cela s'arrange-t-il avec l'armement de la Calabre ?

Écrivez à Alquier que je n'ai fait que rire de cette prétendue conjuration ; que j'ai plus de troupes en Italie qu'il n'en faut pour conquérir toute l'Italie, et que je n'en avais pas davantage lorsque j'y ai fait la guerre à l'Empereur; mais que ce qui est important, c'est qu'à l'extrémité de la Calabre on n'arme point les paysans, et que, si le roi de Naples se montre de cette manière, avant de passer en Angleterre, on pourrait bien s'assurer de Naples.

Quant à votre budget, quand vos fonds seront dépensés, on vous en accordera sur les fonds communs. Archives des affaires étrangères.

BONAPARTE. (Eo minute aus Arch. de l'Emp.)

7253. A L'AMIRAL BRUIX, COMMANDANT LA FLOTTILLE DE BOULOGNE.

Boulogne, 16 brumaire an XII (8 novembre 1803). Citoyen Amiral Bruix, vous avez fait placer sur une péniche un obusier prussien que le général Marmont vous a fait remettre. Il faudrait installer cet obusier de manière à pouvoir le tirer sur l'angle de 45 degrés; et, comme sa chambre contient quatre livres de poudre, il est convenable de faire essayer si une péniche a la force nécessaire pour pouvoir supporter de pareils obusiers. L'artillerie de terre en a cinquante de cette espèce.

J'ai fait placer à Paris un obusier de 6 pouces sur une péniche; la péniche a parfaitement résisté, mais la chambre de nos obusiers français ne contient que près de deux livres de poudre. Archives de l'Empire.

BONAPARTE.

7254. A L'AMIRAL TRUGUET.

Boulogne, 16 brumaire an XII (8 novembre 1803). Citoyen Truguet, Conseiller d'État, Général en chef de l'armée navale, j'ai reçu votre lettre du bord de l'Alexandre. J'accueille avec grand plaisir les bons pressentiments que vous avez.

Nous commençons ici à être en bonnes dispositions. Notre Rottille, qui est déjà composée de plus de cent båtiments de guerre, reste embossée au milieu de la rade, sans que les Anglais osent l'attaquer que de loin. Lord Keith, qui paraît commander, avait plusieurs vaisseaux de 64. Il n'a osé s'en approcher qu'à la portée du canon. Il a essuyé des avaries assez considérables.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7255. - AU CONSUL CAMBACÉRÈS.

Boulogne, 17 brumaire an XII (7 novembre 1803). J'ai passé une portion de la nuit dernière à faire faire aux troupes des évolutions de nuit, manæuvres que des troupes instruites et bien disciplinées peuvent quelquefois faire avec avantage contre des levées en masse.

Une flottille vient de nous arriver du Havre; elle est composée de vingt-cinq bâtiments. Nous attendons à chaque instant une autre division venant du côté du Havre, aussi composée de vingt-cinq båtiments qui ont mouillé à Saint-Valery-sur-Sommė.

La mer étant très-mauvaise, l'amiral a fait rentrer la flottille dans le port. Les vents du sud, devenus très-violents, ont contraint six bateaux canonniers à se réfugier à Calais. On craint qu'un bateau affalé par les vents sur la côte d'Angleterre n'ait été pris par l'ennemi.

BONAPARTE. Comm. par M. le duc de Cambacérès.

(En minute aus Arch. de l'Emp.)

7256. -AU CITOYEN TALLEYRAND,
MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES.

Boulogne, 17 brumaire an XII (9 novembre 1803). Je reçois, Citoyen Ministre, les deux dépêches de Saint-Pétersbourg et de Lisbonne. Il faudrait entrer en explication avec M. de Lucchesini, pour savoir positivement ce que se propose la cour de Berlin. Craint-elle une alliance avec la cour de Vienne ? Ou bien veut-elle, par ce traité, ouvrir les ports de l'Elbe et du Weser? C'est cette question qu'il faut avant tout éclaircir : et d'abord, a-t-il le

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