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illuminèrent la façade de leurs maisons , sans y ayoir été invités par la police, suivant l'usage.

Lorsque S. A. R. entra dans ses appartemens, quelqu'un de la suite, lui dit: « Monseigneur doit être bien fatigué. - Comment, reprit le Prince, serais-je fatigué un jour comme celui-ci, le premier jour de bonheur que j'aie éprouvé depuis vingt-cinq ans ? »

Observons, une fois pour toutes, (et il n'est pas même nécessaire d'en faire la remarque); que les paroles de S. A. R., celles de Louis XVIII, et en général de tous les Bourbons, sont remplies de sentiment, d'une délicatesse qui en: chante; on voit qu'elles leurs sont inspirées par la franchise et la vérité, et qu'ils n'ont tout bonnement qu'à exprimer le langage du coeur. ::

A la barrière de Bondy, MONSIEUR avait été harangué par les membres du Gouvernement provisoire ; M. le prince de Benevent porta la parole en ces termes : « Monseigneur, le bonheur que nous éprouvons en ce jour de régénération est au-delà de toute expression , si Monsieur reçoit avec la bonté céleste qui caractérise son auguste maison, l'hommage de notre religieux attendrissement et de notre dévouement respectueux. ».

« Messieurs les membres du Gouvernement provisoire, répondit le Prince , je vous remer

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cie de ce que vous avez fait pour notre patrie. J'éprouve une émotion qui m'empêche d'exprimer tout ce que je ressens. Plus de divisions: la paix et la France. Je la revois enfin, et rien n'y est changé, si ce n'est qu'il s'y trouve un Français de plus. »

Nous avons oublié de dire que lorsque S. A. R. passa devant l'église de Saint-Leu, dans la rue Saint-Denis, elle trouva le curé de la paroisse qui l'attendait à la porte de l'église, et qui aussitôt chanta le psaume Exaudiat pour le Roi. S. A. s'arrêta pour s'unir dans un saint recueillement au chant de l'Eglise.

Ce Prince, lors de son entrée à Paris, voulant faire entendre que toutes les actions contraires à son auguste famille, ainsi que les opinions anti-patriotiques, étaient pour jamais oubliées, s'écria avec une effusion de coeur admirable : H n'y a plus de passé !

Au moment où le Prince arriva au pont Notre-Dame, on vit trois colombes venir tout-àcoup se reposer sur la tête de S. A. R. Cette circonstance ajouta à l'émotion publique. .

L'Empereur Alexandre'se rendit, le 13 avril, au palais des Tuileries , sans suite, et comme un simple particulier.S. M. I. resta trois quartsd'heure à conférer avec le Prince dans la plus grande intimité. Lorsque S. M. se retira, S. A. R.

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voulait l'accompagner jusqu'à sa voiture; mais le Monarque refusa constamment cet hommage. MONSIEUR insistant toujours, l'Empereur lui dit, en lui serrant la main de la manière la plus affectueuse : « Non, vous n'irez pas plus loin.

— Sire, répondit MONSIEUR, mon premier de- voir est l'obéissance. »

M. le baron de la Rochefoucauld, officiergénéral très-distingué par ses talens militaires et les services qu'il a rendus au Roi dans l'armée de Condé, dont il était quartier-maître-général, eut l'honneur de présenter, dans le mois d'avril 1814, à MONSIEUR, un ancien serviteur du Roi, M. de Vaudricourt, commissaire ordonnateur des guerres dans la même armée, et qui, depuis son retour en France, du temps de Buonaparte, expia sa fidélité et son attachement au Souverain légitime par dix ans de captivité. « Monseigneur, dit M. de la Rochefoucauld, voici un fidèle sujet du Roi qui vient vous dire que la joie qu'il éprouve de revoir V. A. R. lui fait oublier, tous ses malheurs. C'est à nous, répondit le Prince, à nous en souvenir toujours. »

Le 24 avril, les officiers de la garde nationale à pied et à cheval, au nombre de douze cents, se réunirent dans la grande galerie du Muséum, groupés par légion et par bataillon. Le corps entier ainsi rangé fut passé en revue par S. A. R.

ses

MONSIEUR, qui s'entretint de la manière la plus affable avec la plupart d'entre eux. Monsieur, en voyant cette belle réunion, prononça ces paroles : « De tous les tableaux que je vois ici, aucun ne me plaît autant que celui qui me présente ma famille rassemblée. »

Ce Prince s'étant un jour montré à l'une des fenêtres du palais des Tuileries , une femme du peuple, ravie de son air de bonté, s'écria : C'te fois-ci on n'aura pas besoin de signature ; c'est , (en mettant la main sur son cour), qu'est écrite la constitution.'

S. A. R. monseigneur le duc de Berry, second fils de MONSIEUR, arriva à Paris le 13 avril, et fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang et à sa personne; ce Prince réunit à l'affabilité, la bonté qui caractérise les Bourbons.

Monseignieur le duc d'Angoulême, après avoir passé près de six mois à servir le Roi dans les provinces méridionales de la France, se rendit enfin aux voeux des habitans de la capitale, et yarriva le 27 mai. Les Parisiens eurent alors le bonheur de posséder loute la famille royale ; Louis XVIII y étant déjà depuis quelque temps. Madame la duchesse d'Angoulême alla au-devant de son auguste époux jusqu'à Bourg-la-Reine, dans un carrosse attelé de huit chevaux blancs. S.A. R. M. le duc d'Angoulême fit son entrée accompagné d'un nombreux cortège ; il montait un cheval blanc; et il avait à sa droite S. A. R. Mgr. le duc de Berry son frère, et à sa gauche Mgr. le duc d'Orléans. Les maréchaux de France et les généraux entouraient les princes. Plus de douze mille hommes de troupes, infanterie et cavalerie, donnaient à cette marche tout l'air d'une pompe guerrière.

Un ouvrier entendant dire que Louis XVIII serait bientôt à Paris, s'écria dans un transport de joie: Tant mieux, c'est un pays sti-!

On est attendri et pénétré de la plus vive reconnaissance, en lisant tout ce qui s'est passé en Angleterre à la nouvelle du rétablissement de Louis XVIII sur le trône de ses ancêtres. Ce monarque, retiré depuis plusieurs années dans le château d'Hartwell, à 24 milles de Londres, y vivait en philosophe, quand il apprit le væu des Français. Le prince régent vint le chercher en grande pompe, pour le conduire solennellement à Londres, où on lui avait préparé un logement magnifique; il y fit 'une entrée publique, comme s'il eût été le roi de la Grande-Bretagne.Tous les serviteurs et les officiers du prince régent portaient la cocarde blanche, ainsi qu'un grand nombre de personnes de distinction, qui s'étaient réunies pour former une cavalcade. Il n'y avait pas une seule maison dans

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