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avait passé le fleuve, n'était qu'à trois lieues. La bataille fut sanglante: Lannes s'y. copyritde gloire; ses troupes firent des prodiges d’intrépidité. Sur le midi, l'arrivée de la division Victor décida entièrement la victoire. Les Autrichiens se battirent en désespérés : ils étaient encore fiers des succès qu'ils avaient obtenus, la campagne précédente; ils sentaient que leur position les mettait dans la nécessité d'être vainqueurs..

Le premier consul, à la première nouvelle de l'attaque de l'ennemi contre l'avant-garde française, était accouru sur le champ de bam taille; mais, à son arrivée, la victoire était déja décidée: les ennemis avaient perdu 3,000 hommes tués, et sixt mille prisonniers. Le champ de bataille était tout jonché de morts. Le général Lannes était couvert de sang: les troupes, qui avaient le sentiment de s'être , bien comportées, étaient exténuées de fatigue, mais ivres de joie. . . ..

Les 10, 11 et 12, le premier consul. resta à la position de la Stradella, employant ce temps à réunir son armée, à assurer sa retraite par l'établissement de deux ponts sur le Pò, avec des têtes de pont. Plus rien ne le pressait; Gênes' était, tombée. · Il enyoya par des affidés, à travers les montagnes, l'ordre au général Suchet de marcher sur la Scrivia par le débouché du col de Cadibone.

L'ennemi avait une cavalerie formidable et une artillerie très-nombreuse. Ni l'une ni l'autre de ces armes n'avaient souffert, tandis que

notre

votre cavalerie et notre artillerie étaient très inférieures en nombre: il était donc hasardeux de s'engager dans la plaine de Marengo: - Si l'ennemi voulait rouyrir ses communications, .. et regagner Mantoue, c'était par la Stradella qu'il fallait qu'il passat, et qu'il marchật sur le ventre de l'armée française. Cette position de la Stradella semblait avoir été faite exprès pour l'armée française: la cavalerie ennemie ne pouvait rien contre elle, et la très-grande suc périorité de son artillerie était moindre là que partout ailleurs. La droite de l'armée du premier consul s'appuyait au Pô et aux plaines marécageuses et impraticables qui l'avoisinaient: le centre, placé sur la chaussée, était, appuyé de gros villages, ayant de grandes maisons en maçonnerie , solide; et la gauche, sur de belles hauteurs... ;

Arrivée du général Desais au grand

i quartier-général, Dans la journée du 11, Desaix, qui revenait d'Égypte, et qui avait fait la quarantaine à Toulon, arriva au quartier-général de Mon. tebello avec ses aides-de-camp, Rapp'et Sai vary. La nuit entière se' passa en longues conférences entre le premier consul et Desaix sur tout ce qui s'était passé en Egypte depuis que le premier consul en était parti; sur les détails de la campagne de la Haute-Egypte; sur les négociation's d’EI-Arisch; et la composicion de la grande ármée turqué du grand -vi- C. Tome I. .. inļ . 250 ...)

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deux jours; sa position était critique., parce qu'il avait perdu sa ligne d'opération. Plus il tardạit à prendre un parti, plus sa position s'empirait, parce que d'un côté le corps de Suchet arrivait sur les derrières, et que d'un autre côté l'armée du premier conşul se fortifiait et se retranchait chaque jour davantage, à sa position de la Stradella.

: . Cependant le général Mélas ne faisait aucun mouvement dans la situation ou il .se trougait; il avait trois. parţis à prendre: le premier

était de passer sur le ventre de l'armée du premier consul, l'armée autrichienne lui était trèssupérieure en nombre, de gagner Plaisance, et de reprendre sa ligne d'opération sur Manloue.

Le deuxième parti était de passer le Po à Turin, ou entse cette ville et l'emboạchure de la Sésia, de se porter ensuite à grandes mar.ches sur le Tésin, de le passer; et, arrivant à Milan avant l'armée du premier consul, de lui couper sa ligne et le jeter derrière lAdda.

... Le troisième parti était de se jeter d’Alexandrie sur. Novi, de s'appuyer à Gènes et à l'escadre anglaise de l'amiral Keith, de, ne point prendre l'offensive jusqu'à l'arrivée de l'armée anglaise déja réunie à Mahon. L'armée autrichienne était sûre de ne point manquer de vivres ni de munitions, et même de recevoir des renforts, puisque par sa droite elle' eût communiqué avec Florence et Bologne; qu'en Tos

sir; enfin sur la bataille d'Héliopolis; et la situation actuelle de l'armée française. - „Com,,ment, dit le premier consul, avez-vous pu, „vous, Desaix, attacher votre nom à la capi„tulation d’El-Arisch? - Je l'ai fait, répon,,dit Desaix; je le ferais encore, parce que le „général en chef ne' voulait plus rester en „Egypte; et que, dans une armée éloignée et „hors de l'influence du gouvernement, les dis„positions du général en chef, équivalent à „celles des cinq sixièmes de l'armée. J'ai tou„jours eu le plus grand mépris pour l'armée

du grand - visir que j'ai observée de près. ,,J'ai écrit à Kléber, que je me faisais fort de la repousser avec 'ma seule division. Si vous m'aviez laissé le commandement de l'armée „d'Egypte, et que vous eussiez emmené Klé,,ber, je vous aurais conservé cette belle pro„vince, et vous n'eussiez jamais entendu par„ler de capitulation; mais enfin les choses ont ,,bien tourné; et Kléber, à Héliopolis , 'a ré„paré les fautes qu'il avait faites depuis six mois. . ,

Desaix brulait de se signaler. Son coeur était ulcéré des mauvais traitements que lui avait fait éprouver, å Livourne, l'amiral Keith; il avait soif de se venger. Le premier consul lui donna sur-le-champ le commandement de la division Boudet.

Bataille de Marengo. Mélas 'avait son quartier général à Alexandrie: toute son armée y était réunie depuis

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