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nement et la bataille d'Austerlitz ; les troupes faisaient retentir les airs d'acclamations, et demandaient l'attaque à grands cris.

Dans Madrid commandait une junte militaire présidée par le général Castellas. La capitale de l'Espagne comptait environ soixante mille défenseurs armés, parmi lesquels six mille hommes de troupes régulières. Son artillerie se composait de cent pièces de canon. Depuis huit jours, on s'occupait à barricader les rues, et à prendre mille autres précautions pareilles contre une attaque.

Le maréchal, duc d'Istrie, fit sommer la junte, de rendre le place. On ne tarda point à voir arriver aux avant-postes un général espagnol de troupes de ligne. Il apportait la réponse de la junié. Ce général était suivi d'une trentaine d'hommes du peuple qui observaient jusqu'à ses moindres mouvemens. Emu par les représentations que lui faisaient les généraux français, il n'osait laisser paraître son émotion , de peur qu'elle ne fût remarquée de se's cavaliers d'ambassade. si

Des gardes walonnes , qui désertèrent, apprirent bientôt à l'armée française , qu'une populace effrénée s'était rendue maîtresse absolue dans la ville , et y dominait les troupes et la bourgeoisie. L'aide de camp du duc d'Istrie qu'on avait fait porteur de la sommation , avait failli être massacré. La veille , le marquis de Pérales , accusé d'avoir , par tralison, fait mettre du sable dans les cartouches, avait été étranglé, et ses membres , mis en pièces, avaient ensuite été portés, comme en triomphe , dans tous les quartiers de la ville.

Le soir , les troupes françaises attaquèrent les faubourgs. Les voltigeurs du seizième régiment se furent en peu de temps , établis dans un certain nombre de maisons et dans un cimetière. A minuit, un officier espagnol, lieutenant-colonel d'artillerie, pris à Sommo-Sierra , fut chargé de porter aux assiégés, la lettre suivante : . A Monsieur le commandant de la ville de Madrid.

' « devant Madrid , le 3 décembre 1808. « Les circonstances de la guerre ayant conduit l'armée française aux portes de Madrid, et toutes les dispositions étant faites pour s'emparer de la ville, de vive force, je crois convenable et con- . forme à l'usage de toutes les nations, de vous sommer , monsieur le général, de ne pas exposer une ville aussi importante à toutes les horreurs d'un assaut, et rendre tant d'habitans paisibles , victimes des maux de la guerre. Voulant ne rien épargner pour vous éclairer sur votre véritable situation, je vous envoie la présente sommation par l'un de vos officiers fait prisonnier, qui a été à portée de voir les moyens qu'a l'armée pour réduire la ville.

» Recevez, monsieur le général, l'assurance de ma haute considération.

» Le vice-connetable, major général,

. » Signé ALEXANDRE. »

Le même parlementaire fut bientôt de retour au quartier général, avec la lettre ci-après : . A S. A. S. le prince de Neufchâtel.. .

« Monseigneur, » Avant de répondre cathégoriquement à votre altesse, je ne puis me dispenser de consulter les autorités constituées de cette ville, et de connaître les dispositions du peuple en lui donnant avis des circonstances présentes. A ces fins, je prie votre altesse de m'accorder cette journée de suspension pour m'acquitter de ces obligations , vous promettant que demain , de bonne heure , ou même cette nuit, j'enverrai ma réponse à votre altesse , par un officier général.

» Je prie S. A. d'agréer les assurances de toute la considération due à son rang éminent et à son mérite,

» Madrid , le 3 décembre 1808. . .. » Sérénissime seigneur; ...;

» signé F. marquis de CASTELLAS. » Cependant l'attaque continuait. L'artillerie avait déjà fait brèche au palais du Retiro; des voltigeurs de la division Villate y pénétrèrent, et y furent suivis par leur bataillon. En moins d'une heure ce palais fut rempli de soldats français qui mirent en déroute quatre mille Espagnols retranchés dans le Retiro pour le défendre. Les troupes françaises s'emparèrent successivement de tous les postes importans, tels que ceux de l'observatoire, de la manufacture de porcelaine, de la grande caserne

et de l'hôtel de Médina Coeli. On simulait, en même temps, une fausse attaque sur un autre quartier, Les Espagnols avaient audelà de cent pièces de canon en batterie. Napoléon , cherchant seulement à amener les assiégés à composition, voulait qu'on n'avançat que peu à peu. Il ne portait cn ayant qu'un petit nombre de troupes précédées de quelques compagnies de voltigeurs. A onze heures il fit cesser le feu sur tous les points, en même temps que le major général écrivait la lettre. qu'on va lire :

Au général commandant Madrid. « Au camp français devant Madrid , le 4 décembre 1808, à onze

heures du matin. .« Monsieur le général Castellas, défendre Madrid est contraire aux principes de la guerre, et inhumain pour les habitans. Napoléon m’autorise à vous envoyer une seconde sommation. Une artillerie immense est en batterie; des mineurs sont prêts à faire sauter vos principaux édifices; des colonnes sont à l'entrée des débouchés de la ville , dont quelques compagnies de voltigeurs pourraient se rendre maîtresses : mais l'empereur, toujours généreux dons le cours de ses victoires, suspend l'attaque jusqu'à deux heures. La ville de Madrid doit espérer protection et sûreté pour ses habitans paisibles, pour le culte, pour ses ministres ; enfin l'oubli du passé, Arborez un pavillon blanc avant deux heures, et envoyez des commissaires pour traiter de la reddition de la ville. . • » Recevez, M. le général, etc,

» Le major général, s

» Signé ALEXANDRE. « A cinq heures, le général Morla , membre de la junte militaire , ét don Bernardo Yriarte , envoyé de la ville , furent introduits dans la tente du major général. Ces députés , faisant connaître l'embarras de tous les gens honnêtes renfermés dans Madrid, demandèrent la journée du 4 , pour ramener le peuple à des sentimens plus raisonnables. Le major général les présenta à Napoléon, qui leur dit: . « Vous employez en vain le nom du peuple ; si vous ne pouvez parvenir à le calmer, c'est parce que vous-mêmes vous l'avez excité, vous l'avez égaré par des mensonges. Rassemblez les curés, les chefs des couvens, les alcades, les principaux propriétaires , et que d'ici à six heures du matin la ville songe à se rendre, ou elle aura cessé d'exister; je ne veux ni ne dois retirer mes troupes. Vous avez massacré les malheureux prisonniers français qui étaient tombés entre vos mains. Vous avez , il y a peu de jours , laissé traîner' et mettre à mort, dans les rues, deux domestiques de l'empereur de Russie , parce qu'ils étaient nés Français. L'inhabileté et la lâcheté d'un général avait mis en vos mains des troupes qui avaient capitulé sur le champ

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