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» truire ! Contemplons les efforts prodigieux » de notre grand empereur et ses victoires

signalées ; soyons toujours dignes de lui ; » soyons Français, et mourons les armes à la » main plutôt que de survivre à notre dés» honneur!

» Du quartier-général, le 8 mars 1814. »

Ainsi tout annonçoit de la part de l'armée du Midi et de son chef un dévouement tel qu'il sembloit défier même les revers. Des événemens plus décisifs encore, et le cri unanime de l'opinion publique pouvoient seuls démontrer à des hommes accoutumés à vivre dans les camps et au milieu du carnage, que la cause qu'ils défendoient avec tant de valeur, étoit incompatible avec l'intérêt de la patrie et le bonheur des Français. Tout étoit prêt en Guienne et en Languedoc pour cette révolution salutaire : la défaite d'Orthès ne pouvoit manquer d'accélérer la restauration du Midi. Bordeaux restoit entièrement à découvert ; les royalistes qui venoient de s'y organiser, attendoient avec la plus vive impatience, l'événement qui devoit les soustraire à la tyrannie, et leur restituer le souverain légitime.

Maître du terrain par la victoire, Wet

lington invita Møt le duc d'Angoulême à se rendre à son quartier-général de Saint-Sever. On у

vit arriver bientôt un nouveau député royaliste, M. Bontemps Du Barry, qui, n'ayant pu passer à Londres, et s'étant replié sur Bordeaux, venoit renouveler les instances des Bordelais, et supplier lord Wellington de presser sa marche, donnant l'assurance formelle que les troupes de Napoléon évacueroient la ville à l'approche des alliés. Wellington n'hésita plus de répondre à l'attente des Français fidèles. Les manquvres difficiles auxquelles il devoit ses succès, ne formoient qu'une partie du grand plan qu'il avoit conçu; elles n'étoient que le prélude de la marche en avant de toute son armée. Le maréchal Béresford fut immédiatement autorisé à se porter de Mont-de-Marsan sur Bordeaux, avec une colonne de quinze mille hommes, et à prendre possession de cette ville , dont l'occupation étoit d'une extrême importance militaire. M' le duc d'Angoulême donna au marquis de la Rochejaquelein ses instructions et ses derniers ordres concernant la ville de Bordeaux. Ce gentilhomme poitevin y arrive secrètement le 10 mars, rassemble les chefs du parti royal, et leur annonce que

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troupes anglaises, qu'ils ont si vivement desirées, sont en marche, et se présenteront le surlendemain aux portes de la ville ; qu'il ne reste plus qu'à se déclarer, si l'on veut jouir enfin de la présence du petitfils d'Henri IV, de l'époux de la fille de Louis XVI, du neveu du meilleur des rois. Tous les membres du conseil partagent l'impatience de M. de la Rochejaquelein; toutefois des réflexions, suggérées par la prudence, portent quelques-uns d'entre eux à proposer de différer de quarante-huit heures le mouvement, pour concerter les mesures , et pour mieux disposer le peuple; mais le caractère prompt et décisif de M. la Rochejaquelein repousse tout délai. Le digne frère du héros de la Vendée juge qu'en révolution, délibérer lorsqu'il faut agir, c'est tout compromettre; il réunit bientôt toutes les opinions, et les royalistes de Bordeaux arrêtent de se déclarer irrévocablement le 12 mars. Il falloit sans doute un grand courage pour se prononcer ainsi contre l'usurpateur, au moment même où les puissances européennes traitoient avec lui, au congrès de Châtillon; mais qu'on ne cherche pas dans les délibérations des Gascons les timides calculs inspirés par la circons

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pection et la crainte; sentir et agir vivement, tels sont les traits qui les caractérisent.

A peine ces dernières résolutions eurent-elles été concertées , que le marquis de la Rochejaquelein expédia M. J. J. Luetkens au maréchal Béresford, déjà en marche de Mont-de-Marsan vers Langon. Le maréchal détacha aussitôt une avant-garde anglaise de huit cents hommes d'élite, dont il prit lui-même le commandement. Au seul bruit de son approche et de la défaite du maréchal Soult à Orthès, la consternation et l'effroi s'étoient emparés des principaux agens de Napoléon dans la Gironde. Troublé, éperdu, le sénateur Cornudet, commissaire extraordinaire, ne voyant plus de moyens capables de préserver la ville de Bordeaux, donne les ordres les plus précipités pour le déplacement des autorités civiles et ecclésiastiques, exigeant même que le plus petit receveur, le plus chétif employé s'éloigne, sans doute par imitation de sa propre conduite, Non-seulement il fait enlever les caisses pus bliques, mais encore il emporte de l'hôtel des Monnaies tous les instrumens de la fabrication. On enlève également les poudres et salpêtres avec si peu de soin, qu'une grande quantité, déposée sur les rives de la Garonne, est volée

ou gâtée. Le délégué extraordinaire ordonna même de détruire deux frégates en construction; et comme le peuple menaçoit de s'y opposer, il fit mettre le feu aux chantiers. Le peuple s'agita, et ne fut calmé que par l'extrême prudence de l'adjoint chargé de la police. Les Bordelais signalent le maître des requêtes Portail, comme ayant inspiré ces mesures révolutionnaires, et ils accusent le souspréfet Gals Malvirade d'avoir dressé des listes de proscription.

L'autorité militaire montra plus de modération et de sagesse. Elle étoit dans les mains du général de division Lhuilier; sans doute il eût désiré préserver Bordeaux, qui lui étoit confié; mais à peine pouvoit-il réunir deux mille soldats dans tout le département. Comment

péu

de force couvrir une ville immense et ouverte, qui, située sur la rive gauche de la Gironde, n'est susceptible d'aucune espèce de défense contre des troupes marchant dans cette direction? Ce général jugea , par la foiblesse de ses moyens, qu'une résistance inconsidérée pourroit exposer Bordeaux aux plus grands malheurs, sans espoir d'aucun succès, et il prit le parti de la retraite , le seul convenable. Débarrassés des autorités et des troupes,

les

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si

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