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d'une manière effrayante. Quatre chaloupes sont englouties, d'autres s'entr'ouvrent sur les rochers ; mais à la fin une chaloupe trouve le passage et jette l'ancre au milieu des flots agités; alors cette opération si dangereuse, surtout en hiver , est accomplie avec un degré d'habileté et de bravoure rarement égalé. On voyoit arriver successivement les bateaux traversant la barre ; en même temps une frégate française mouillée dans l'Adour est attaquée à coups de canon. Endommagée par une batterie du calibre de dix-huit, elle se replie sous l'artillerie de la place. Bientôt le pont est établi, et tout le corps du lieutenantgénéral Hope - passe, au grand étonnement des habitans stupéfaits. Ils accourent de toutes parts pour se convaincre, par leurs propres yeux, d'un événement qu'on jugeoit impossible. Le 25 , les troupes anglaises firent les approches de la citadelle de Bayonne , tandis que le lieutenant-général don Manuel Freyre se portoit en avant, avec la quatrième armée espagnole , par la route de Saint-Jean-de-Luz. Le

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le pont étant achevé, le général Hope investit plus étroitement la citadelle commandée par le général Thouvenot, et attaqua le village de Saint-Etienne , qu'il emporta , après avoir pris

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un canon et fait quelques prisonniers. Vainement les chaloupes canonnières, chargées de la défense de l'Adour, manoeuvrèrent pour détruire le pont si étonnamment construit, et qui assuroit la communication des alliés, 'Trois de ces chaloupes furent détruites le 1er mars. Les postes de l'armée de siège furent établis aussitôt à neuf cents verges des ouvrages extérieurs de la place.

Ainsi les opérations de lord Wellington of froient déjà pour résultats la défaite successive de l'armée française, et la prise de ses magasins , l'investissement de Bayonne , de Navarreins et de Saint-Jean-Pied-de-Port, le

passage de l'Adour sur tous les points et la possession de toutes les grandes communications sur cette rivière. En vain le maréchal Soult, après la défaite d'Orthès, s'efforça de faire lever en masse les habitans du Bearn, de la Guienne et du Languedoc ; les Français du Midi étoient encore moins disposés que ceux du Nord à prendre les armes pour un gouvernement qu'ils abhorroient. Une révolution politique étoit inévitable dans ces trois provinces : tout s'y organisoit pour la cause sainte des Bourbons ; le pays excédé se tournoit contre l'armée française ; le maréchal Soult ne se

on y

maintenoit plus que par l'appareil de la force. Privée de ses magasins, son armée ne pouvoit vivre qu'en frappant le pays de réquisitions violentes. Elles s'étendoient jusque dans le département des Deux-Sèvres qui en fut écrasé: leva

pour six cent inille francs de denrées en nature dont le transport à Bayonne coûta un million de francs. Les départemens du Gers, de la Haute-Garonne, de l'Arriège et du Tarn avoient fourni en réquisitions de toute espèce plus qu'il n'en falloit pour l'entretien d'une grande armée pendant plusieurs mois ; et cependant l'armée du Midi manquoit de tout au sein de la France , tandis que l'armée anglaise y trouvoit de tout à profusion, sans efforts , sans contrainte, par la seule puissance de l'or.

Quoique, réduite à vingt-cinq mille soldats par tant de combats malheureux , et par la désertion des conscrits, l'armée du maréchal Soult sembloit se flatter encore de conserver à Napoléon les provinces méridionales, ou du moins vouloit-elle les disputer avec acharnement. Une déclaration attribuée à Wellington , mais dont rien ne garantit l'authenticité, et qui paroît même avoir été supposée par les royalistes, donna lieu sans doute à la proclamation énergique dont nous

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citerons les passages suivans, car l'inexorable histoire ne doit rien dissimuler : « Soldats

, » dit le maréchal Soult à son armée, de nou» veaux combats vous appellent; il n'y aura » pour nous de repos , attaquans ou attaqués, » que lorsque cette armée, formée d'élémens » si extraordinaires, sera entièrement anéantie, » ou qu'elle aura évacué le territoire de l'em» pire, quelle que soit sa supériorité numérique , et quels que soient ses projets.

» Soldats, le général qui commande l'armée » contre laquelle nous nous battons tous les » jours, a eu l'impudeur de vous provoquer » et de provoquer vos compatriotes à la ré» volte et à la sédition. Il parle de paix , et » les brandons de la discorde sont à sa suite ; » il parle de paix, et il excite les Français à

la guerre civile. Grâces lui soient rendues. » de nous avoir fait connoître ses projets! Dès » ce moment nos forces sont centuplées, et >> dès ce moment aussi il rallie lui-même aux » aigles impériales ceux qui, séduits

par

de » trompeuses apparences, avoient pu croire » qu'il faisoit la guerre avec loyauté.

» On a osé insulter à l'honneur national; » on a eu l'infamie d'exciter les Français à w trahir leurs sermens ,

et à être parjures

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» envers l'empereur : cette offense ne peut » être vengée que dans le sang. Aux armes! » que dans tout le midi de l'empire ce cri » retentisse. Encore quelques jours, et ceux qui ont pu croire à la sincérité et à la » délicatesse des Anglais , apprendront à » leurs dépens que leurs artificieuses pro» messes n'avoient d'autre but que d'énerver » leur courage et de les subjuguer ; ils se rap

pelleront, ces'êtres pusillanimes qui calculent » les sacrifices qu'ils doivent faire pour sauver » la patrie, que les Anglais, dans cette guerre, » n'ont d'autre objet que de détruire la France » par elle-même, et d'asservir les Français » comme les Portugais , les Siciliens et » tous les peuples qui gémissent sous leur do» mination. Soldats ! vouons à l'opprobre et » à l'exécration générale tout Français qui » aura favorisé, d'une manière quelconque, » les projets insidieux des ennemis. Quant à » nous, notre devoir est tracé : combattons > jusqu'au dernier les ennemis de notre auguste empereur et de notre chère France;

respect aux personnes et aux propriétés ; » haine implacable aux traîtres et aux ennemis » du nom français ; guerre à mort à ceux qui » tenteroient de nous diviser pour nous dé

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