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(Elle sort de sa tour, au milieu de la nuit, après avoir allumé le flambeau qui doit servir de guide à son amant.)

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L'Asra E brillant des jours n'éclaire plus le monde;
Déjà règnent partout le silence et la nuit ;
Tout l'univers, plongé dans une paix profonde,
Cède au pouvoir du sommeil qui me fuit ;
Et de Phébé l'image étincelle dans l'onde,
Qui doucement frémit.
La tremblante Héro vous implore,
O vents , de l'Hellespont respectez le repos !
Voici l'heure charmante où celui que j'adore,
Pour me revoir encor, va traverser les flots.

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(1) Cette cantate a été composée pour le grand prix de musique, remporté par M. Bouteiller fils, âgé de dix huit ans. Elle sera exécutée dans la séance de l'Institut, du 4 octobre.

A te servir, en naissant consacrée,
Mes mains n'ont point profané tes autels !
Il va venir.... Exauce ta prêtresse;
Et daigne encor veiller sur son retour.
Tu dois un prodige, ô déesse ,
A ce prodige de l'amour !

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Je vais le voir !... Quel espoir plein de charmes ! Non, jamais nœuds plus doux n'ont uni deux amans. Quel bonheur ! quels transports ! mais aussi que d'alarmes ! Qu'il me faut payer cher ces fortunés momens ! Le moindre bruit m'agite.... Un retard m'épouvante.... Je crains tout, et la nuit et la trompeuse mer, Et le zéphir qui trouble, en voltigeant dans l'air, De mes légers fanaux la lumière tremblante. Ecoutons.... N'ai-je pas entendu quelque bruit ?... C'est le vent, dont le souffle agite le feuillage.... Ce sont les flots émus qui frappent le rivage. ... Hélas! il ne vient point, et le ciel s'obscurcit ! Déjà s'enfle et mugit la vague blanchissante ; Un nuage, des nuits a voilé le flambeau. Cher amant, que fais-tu ? Dieux ! la tempête augmente.... As-tu quitté le port ?... Pour revoir ton amante Braves-tu le courroux et des vents et de l'eau ?

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O Vénus, ai-je donc mérité ta colère ? .
La tempête en fureur confond les élémens ;
Et les vents, déchaînés dans cette horrible guerre,
Aux coups redoublés du tonnerre
Mêlent d'horribles sifflemens,
La foudre, à longs sillons, déchire et fend la nue;

Seule, elle brille au sein de cette nuit d'horreurs....
Grands Dieux, prenez pitié d'une amante éperdue !...
Aux livides clartés de ses feux destructeurs
Quel objet sur les flots vient s'offrir à ma vue ?
Courons.... Orage affreux, je brave tes fureurs....
C'est lui... Dieux ! c'est Léandre... O destin qui me tue. ..
C'est lui... pâle... glacé... Cher amant !... je me meurs...-

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F R A G M ENT Tiré du premier chant du poëme de LA NATURE. Contre le Duel, et sur le véritable Honneur.

ELÈvE de Palès, ô mortel généreux,
Toi qui d'un fer paisible ouvre tes champs heureux,
Jamais l'affreux Duel, monstre impie et farouche,
La fureur dans les yeux et l'insulte à la bouche,
De rage, de vengeance et de sang altéré,
N'arma tes mains d'un glaive aux meurtres préparé !
Tu ne la conçois pas cette horrible folie
Qu'adopta du Français la cruauté polie,
Et qui, fermant l'oreille aux cris de la pitié,
Pour venger des égards égorge l'amitié.

La raison calmeroit la fureur qui l'anime;.
Mais d'un blâme moqueur l'effroi pusillanime,
Précipitant son bras à ces tristes exploits,
Le jette entre la mort et la rigueur des lois.

Ah ! ces Grecs, ces héros, au-dessus de l'outrage,
Par ces lâches fureurs souilloient-ils leur courage ?
L'art du gladiateur, vil aux yeux des Rounains,
A ces meurtr s obscurs n'instruisoit pas leurs mains :
Citoyens désarmés à l'ombre des murailles, -
Ils cherchoient aux combats d'illustres funérailles ;
Vengeurs de la patrie, ils ne daignoient périr
Qu'aux yeux de l'univers et pour le conquérir.
Mais vous, héros du meurtre, inhumains par foiblesse,
Impatiens d'un mot, d'un geste qui vous blesse, "
Barbares, vous plongez au cœur de vos amis
Ce glaive réservé pour des flancs ennemis !

O sainte Humanité , par tes cris, par tes larmes,
Arrache de leurs mains ces parricides armes !
Enfans de la nature, ils osent l outrager !
A ses yeux, sur son sein, ils courent s'égorger !
Ah, cruel , entends-la soupirer et te dire :
« Tu ne saurois créer; oseras-tu détruire ? »

Tu l'oses ! ... Vois le prix dont ton glaive est jaloux ;
Vois ce corps tout sanglant, tout percé de tes coups.
Tu recules d'horreur ! ton pied tremblant s'égare !
Ton cœur même s'écrie : Ah ! qu'as-tu fait, barbare !
Où fuir ?... Ton cœur sans cesse aecusera ta main ;
La nature voudroit le bannir de son sein.
De ton féroce honneur connois donc l'imposture,
Va, le crime commence où cesse la nature.
Ose sur ta vertu mieux consulter sa voix;
Faux brave, du Brave Homme (1) admire les exploits ;
Vois-le, sept fois plongé dans ces flots pleins de rage,
Ravir sept malheureux aux horreurs du naufrage ;
Vois cette humanité, qu'on ne sert pas en vain,
D'un obscur matelot faire un mortel divin.

Plus utile à ton roi, plus brave encor peut-être,
Quand un flatteur l'aveugle, ose éclairer ton maître ;
Sauve la vérité du naufrage des cours.

La cabane indigente appelle ton secours ;
Verse un or généreux sur ces pàles victimes
A qui la faim peut-être eût conseillé des crimes :
Dans la nature alors tout va rire à tes yeux ;
Le prix est dans ton cœur, il paye avant les Dieux.
Par M. L E BRUN, de l' Institut.

(1) Personne n'ignore l'action héroïque du matelot Broussard , surnommé le Brave H, mme.

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