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· 4 ooo hommes pour atteindre son but. Nous suivîmes l'ennemi qui fuyait vers Lisbonne, et le joignîmes à Villa-Franca. Masséna désirait l'en chasser encore ; mais, instruit par la journée de Busaco des sacrifices qu'il lui faudrait faire, il préféra le mettre cn état de blocus pour le réduire par la famine. Il s'afsama lui-même. Trop dévasté, le pays cessa bientôt de pouvoir nourrir ses troupes, et, vaincu sans combattre, Masséna se reploya sur la belle position de Santarem, où Wel

lington n'osa venir l'attaquer.

D. Que se passait-il en Espagne ?

R. Gérard faisait 8oo prisonniers près de Villagaria; Soult chassait les guérillas de l'Andalousie; et Suchet entrait victorieux dans la place de Tortose. Ces derniers événemens terminèrent la campagne de 1'81o. Mais alors la malheureuse Espagne n'était plus qu'une effroyable terre dont l'entière population s'acharnait à massacrer tout ce qui portait le nom de français. En songeant aux atrocités que commirent les Espagnols de tout sexe et de tout âge, on mourrait de la douleur d'être homme si l'on ne s'en trouvait consolé par l'honneur de n'avoir été que victime. Un ofsicier français, parlant espagnol et vêtu d'habits bourgeois, se trouvait, sans être connu, dans une famille des environs de Cadix. La conversation roula sur les Français. Si j'en tenais un, dit une jeune fille, en lui posant un couteau sur la poitrine, je mettrais toute ma joie à lui plonger cet acier dans le cœur. D. A quel point en était donc la conquête de l'Espagne ? R. Cette conquête était moins avancée qu'au commencement de la guerre : c'était le rocher de Sisyphe qui, porté par d'incroyables efforts jusqu'au sommet du mont, retombait, et à peine reporté, retombait encore. . D. Comment Masséna se tira-t-il du poste de Santarem ? R. Par une diversion que Soult fit dans le courant de janvier contre les villes d'Elvas et de · Badajos, pour obliger Wellington à se défaire d'une partie de ses troupes. Ayant éprouvé pendant cinq mois tous les maux qu'accumulait sur son camp la plus cruelle misère, il résolut d'évacuer le Portugal, et se retira, toujours en combattant, jusque sur l'Agueda. Comme l'Estramadure venait d'être Conquise, Wellington quitta Masséna pour aller en chasser le maréchal Soult. Il nous reprit la place d'Olivenza; et, voyant que le commandant

Philippon rendait nuls tous ses efforts contre Badajoz, prit le parti de retourner en Portugal. -

D. Comment Wellington opéra-t-il sa rentrée en Portugal ?

R. Comme il avait opéré sa sortie, c'està-dire, en se battant. Soult atteignit, près d'Albuera, le général Beresford, et l'attaquant dans la proportion d'un contre deux, lui tua 1 2,ooo hommes le 15 mai. Comme, malgré cette perte, l'ennemi restait encore assez sort pour espérer triompher de ses vainqueurs, Masséna fondit sur Wellington, et le combattit pendant deux jours de la manière la plus acharnée.

D. En quel lieu ? | R. Près d'Alméida. Cette place étant complétement investie, et les Français ne pouvant espérer de la soustraire aux Anglais, Masséna décida que son commandant, le général Brenier, détruirait les fortifications, et se ferait jour à travers les lignes de l'ennemi pour venir rejoindre l'armée. Mais la grande affaire était de lui en faire parvenir l'ordre. Un soldat dévoué se présenta, fut accepté et, partit. Ce brave affronta tous les genres de

périls, et arriva tout sanglant à sa destination. M,

Les Anglais en eurent tant de dépit, qu'un de leurs généraux se brûla la cervelle. lls avaient d'autant plus raison que Brenier venait de les culbuter pour rejoindre Masséna. D. N'est-ce pas vers ces temps que Masséna revint en France ? R. Des causes de santé obligèrent de le remplacer par le maréchal Marmont. D. Que se passait-il en Andalousie ? R. Cette province venait de retomber au pouvoir des alliés. Pour la reconquérir, les armées du Midi et du Portugal s'y portèrent précipitamment. Elles rencontrèrent aux environs de Séville l'ennemi qui les attendait. Arriver, combattre et vaincre , ne furent pour elles qu'une même chose. De 2 o,ooo qu'ils étaient les Espagnols se virent réduits à 4ooo : encore ces misérables lambeaux n'échappèrent-ils à la mort qu'en fuyant vers Murcie et Carthagène. D. Que faisait pendant ce temps le maréchal Suchet ? R. Il assiégeait et prenait à la fois 18,ooo ennemis rassemblés dans les murs de Tarragone; recevait pour ce beau fait d'armes le bâton de maréchal d'empire, écrasait ensuite un corps nombreux sur les hauteurs de Puck,

vt terminait la campagne par l'occupation des villes d'Alcira, de Sagonte , de Gaudia, de Denia, de Vabure et de Saint-Philippe. La reddition de cette dernière ville coûta aux Espagnols, 2o,ooo hommes et la personne du général Black. D. Quelle était, en 1812, la situation de l'armée d'Espagne ? R. Déplorable. Emporté par des vues politiques, que je détaillerai en leur lieu, l'empereur venait de l'affaiblir pour augmenter les forces qu'il destinait à marcher contre la Russie. Alors on vit les Anglais s'emparer des places de Ciudad-Rodrigo que nous avions reconquise, de Badajoz qui ne s'était jamais rendue, et de beaucoup d'autres qui se seraient encore défendues long-temps si elles avaient vu qu'il fût un jour possible de les délivrer. - D. Que fit Marmont dans cette grande conjecture ? ' • • . R. Il repassa la Duero pour attaquer l'ennemi sous les murs de Salamanque. Tous ses efforts furent inutiles : 5ooo hommes perdus sans fruit, l'obligèrent à se reployer sur Burgos, et à abandonner aux Anglais, Madrid, Valladolid, et toute l'Andalousie.

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