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bayonnettes et des honımes qui savent s'en servir, on ne manque de rien; et s'il était moins tard, votre général se repentirait de sa démarche. Soult sortit de Varragio aussi glorieusement que Gardanne en était sorti quelques jours plutôt. . i.

La disette était, en effet, extrême dans l'armée française, bien qu'on eût reçu quelques subsistances de la Corse, de Nice et de Marseille. Le chef ne s'en montra cependant pas moins sévère sur l'article de la discipline. Des soldats ayant commis des violences dans Brisagno et Casteletto, postes des alentours de la ville, Masséna rendit les objets volés, et traduisit les coupables devant un conseil de guerre : « C'est pour moi, dit-il aux troupes assemblées, une obligaient de punir et de protéger, et croyez que je la remplirai toute entière : je protégerai les citoyens, je ferai respecter leurs personnes et leurs propriétés; je punirai les coupables..... Soldats, dont la carrière se compose de bravoure, de privations, de vertus, ce n'est point à vous que je m'adresse; et vous êtes le plus grand nombre : je ne désigne ici que quelques malfaiteurs qui veulent déshonorer nos armes, et qui servent les vues de nos ennemis. »

Ce maintien de la discipline entretenait la confiance et excitait le zèle parmi les habitans : la ville était gardée par eux, et chaque batterie avait ses canonniers bourgeois; ce qui rendait l'armée entière disponible pour le service de l'extérieur. Il fallait cependant finir par succomber, si l'on n'était secouru : si nous n'étions que deux fois plus nombreux que vous, avait dit un major autrichien prisonnier, nous serions perdus ; mais notre masse vous écrasera. Chaque jour éclairait néanmoins, pour les assiégés, de nouveaux exploits et de nouveaux triomphes

Le 23 avril, avant le jour, le régiment autrichien de Nadasti passa la Polcevera, se portant sur SaintPierre d’Aréna et Rivarolo, occupés par la quinzième légère qui se trouva bientôt séparée des troisième et vingt-cinquième. Les Autrichiens parvinrent ainsi à Saint-Pierre d'Aréna, culburèrent trois bataillons, et en surprirent un quatrième en position sur la marine. Le colonel Nadasti avait déjà pris trois officiers, quand il vit s'avancer deux bataillons de la vingt-cinquième légère, aux ordres du gé néral Cassagne. Nadasti, troublé, demanda au capitaine Chodron, l'un des trois officiers prisonniers, quel était le plus court chemin pour rejoindre le pont de Connégliano. Celui-ci, le trompant, lui indiqua une issue à travers un jardin, dans lequel le colonel se jeta aussitôt avec quatre cent cinquante hommes ; mais à peine y fut-il, que le capitaine Mongenot, le lieutenant Henrion, et les sous-lieutenans Gauthero et Boulogne, s'emparèrent de la porte en criant : bas les armes ! « « Messieurs, dit Chodron, c'est vous maintenant qui êtes mes prisonniers, » Le capitaine Chodron a été indignement dépouillé; on veut lui rendre tout ce qui lui a été

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ling pris, et y ajouter encore des présens pour s'en faire un protecteur : gardez vos bijoux, répond le Français, je n'en ai pas besoin pour faire ce que vous n'avez pas su faire pour moi. — Nous avions perdu la tête, s'écria un officier autrichien. - La tête , reprend le capitaine ! on n'est pas fait pour être officier, quand on peut perdre la tête autrement que par un boulet de canon.

Masséna rendait régulièrement compte de sa situation au premier consul. Plusieurs officiers étant tombés au pouvoir des Autrichiens, avec leurs dépêches, il résolut de profiter de la nuit obscure du 24 avril, pour faire partir le chef d'escadron Franceschi, jeune aide-de-camp du général Soult. Cet officier traversa les triples lignes anglaises dans un bateau conduit par trois rameurs intrépides; mais le jour ayant paru, on le découvrit, et on se mit à sa poursuite. Franceschi se voyant près d'être atteint, et n'étant plus qu'à peu de distance d'Antibes, s'élança dans la mer avec ses dépêches liées autour du corps. Il nage depuis un quart-d'heure , quand il réfléchit que son sabre, qu'il a laissé dans la barque, va devenir la proie des Anglais. Cette idée lui est insupportable; il revient au bateau, passe le sabre autour de son cou, se remet à la nage, et après la plus pénible traversée aborde sur les côtes de France. Le même homme rapporta la réponse du premier consal qui ne pouvait se lasser d'admirer un și beau dévouement,

Cependant les Autrichiens continuèrent leurs attaques, fournissant sans cesse à des Français de nouyelles occasions de faire briller leur intrépidité...

A une attaque de redoutes, deux soldats nommés Leclerc et Mirolle remarquent, qu'en abandonnant une première hauteur, les Autrichiens précipitent une pièce de 3 dans un ravin : ils y courent aussitôt, la chargent sur leurs épaules, gravissent la hauteur, mettent la pièce en batterie, et en tirant plusieurs coups sur un grand nombre d'Autrichiens qui s'avançaient pour les accabler, les forcent à la retraite.

A Monte-Cretto, Bonneau, caporal de grenadiers, ayant sauté, le premier, dans les redoutes, se trouvą seul au milieu des Autrichiens. Ne songeant point à se rendre il leur livra un combat terrible. Enfin se yoyant près de succomber sous le nombre , il se précipita du haut de la montagne. Arrivé en bas sạns blessures, il tomba encore au milieu de huit ennemis ; il fondit sur eux comme un lion, en s'écriant : à moi camarades, ils sont pris ! Il en amena quatre à son corps, et se remit aussitôt à son rang, pour combattre, comme s'il n'eût fast, ni éprouvérien d'extraordinaire. Ces traits particuliers ne trouvent pas ordinairement place dans une histoire. Nous les avons néanmoins admis dans celle-ci. Pourquoi nos historiens modernes ont-ils pris la coutume de les exclure ? En cela ils manquent à l'équité, et ce n'est pas faute d'un bon exemple : les écrivains grecs et romains n'ont pas exclu de leurs annales,

les uns Cynégire, et les autres Horatius Coclés. Cette manière peut d'ailleurs, seule, bien faire connaitre quelle était la composition de nos armées, dans ces dernières années, et préparer aux grandes choses que nous avons à en raconter désormais.

De's chaloupes anglaises et napolitaines commencèrent à bombarder Gênes dans la nuit du 17 ayril. · Lè 20, une dépêche de Bonaparte annonça que la garnison serait débloquée le 30; mais on était réduit à toute extrémité : le peuple mourait de faim, et le soldat lui-même n'avait plus que pour deux jours, d'une nourriture dégoûtante. Son honneur, ainsi que celui du général, voulait cependant que la ville ne se soumît pas aux assiégans ; Masséna fit transformer en alimens tout ce qu'il put rassembler d'amandes, de son, d'amidon et de graines de lin. On fit de tout cela un amalgame qui produisit un pain noir , amer, objet de dégoût pour les chiens eux-mêmes, et que les hommes ne mangeaient point sans un danger imminent de tomber malades, Avec ce secours néanmoins, tout horrible qu'il était, on arriva jusqu'au 30, au milieu des plaintes des habitans et des murmures de la garnison. Le 30, soixante sacs de grains entrèrent dans la place, et on faisait espérer quatorze barques chargées de la même denrée; mais l'armée française ne paraissait pas : en vain annonçait-on qu'elle était victorieuse, qu'elle avait passé le Pô, et s'occupait même de couper la retraite aux Autrichiens. Vers la fin de

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