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jesté, avait écrit les mots suivans au bas de sa lettre : « Avec la permission du Roi, mon oncle, j'adhère de ceur et d'âme au contenu de cette note. »

(Note 9. ) La lettre suivante de M. l'abbé de Tressant, sur Parrivée de Madame à Mittau, et sur les préparatifs de ce mariage, est du plus grand intérêt. Nos lecteurs ne nous sauront sans doute pas mauvais gré de la leur donner en entier dans ces notes.

«Mittau , le 7 juin 1799. » Je suis arrivé ici, Monsieur, il y a quelques jours, avec milord Folkestone , et malgré le peu de temps qui nous reste pour compléter notre voyage, nous n'avons pu résister au désir d'être les témoins de l'arrivée de Madame Thérèse de France. Les bontós du Roi nous autorisent même à rester jusqu'après le jour où elle épousera monseigneur le duc d'Angoulême.

» Il nous serait impossible de vous peindre tous les sentimens qui nous animent; mais puisque tous les détails qui tiennent à cet ange consolateur, intéresssent la religion, l'honneur et la sensibilité de toutes les âmes hovnètes, nous allons recueillir nos souvenirs et vos pensées, pour que vous puissiez leur donner quelque ordre. Nous vous prions mème, milord et moi, de citer de cette lettre tout ce que vous croirez capable d'inspirer les sentimens que nous éprouvons.

« Vous vous rappelez l'événement dirigé par le ciel, qui vint adoueir les larmes que l'héritier de saint Louis, de Louis XII et de Henri IV, répandait sur les malheurs de la France et sur ceux de sa famille. Que la sérénité ne reparut sur son front qu'au moment où il apprit que Madame Thérèse se rendait à Vienne. Son coeur soupira plus librement lorsqu'il la sut dans cet asile; et aidé, comme il se plaît à le répéter, d'un ami fidèle qui ne me pardonnerait pas de le nommer, il réunit tous ses soins et ses. efforts pour obéir aux vues de la Providence, qui lui confiait le soin de veiller au sort de l'auguste et malheureuse fille de Louis XVI. . Le Roi ne resta donc pas, un seul instant, incertain sur le sort de l'époux qu'il désirait voir accepter par Madame. Jamais son cæur paternel et français n'a pu soutenir l'idée de la voir se

parée de France par une alliance étrangère, quelque nécessaire: qu'elle parût être pour lui donner un appui, et pour la sauver du dénûment qui la menace encore. Après s'être assure de l'approbation de Madame, le Roi borua tous ses soins à obtenir qu'elle vînt s'unir aux Jarmes, aux espérances, au sort de l'héritier de son nom. Les veux du Roi sont exaucés; Madame est dans ses bras : c'est de là qu'elle réclame ses droits à l'amour des Français; c'est là qu'elle forme des væux ardens pour leur bonheur; car, de ses lovgs et terribles malheurs, il ne lui reste que l'extrême besoin de voir des heureux.

» Dès que le Roi ent levé tous les ohlacles, il instruisit la reine qu'il allait bientôt unir ses enfans adoptifs, et lui demanda de venir l'aider à les rendre plus heureux. La reine accourut: elle est à Mitlau depuis le 4 de ce mois; elle voit tous les regards salisfaits de sa présence , et les veux qu'elle entend former pour son bonheur, lui prouvent combien les Français qui l'entourent ont de dévouement et d'annour pour leurs maîtres.

» Le lendemain du retour de la reipe, le Roi monta en voiture pour aller au-devant de Madame. Une route longue et pénible n'avait point alléié ses forces : elle ne souffrait que du retard gni Ja tenait encore séparée du Roi. Aussitôt que les voitures furent un peu rapprochées , Madame. commanda d'avreter. Elle descendit rapidement : on voulut essayer de la soutenir ; mais, s'échappant avec une incroyable légèreré , elle courut, à travers les tourbillons de poussière, vers le Roi , qui , les bras étendus, accourait pour la serrer sur son cæur. Les forces du Roi ve purent systire pour l'enipêcher de se jeter à ses pieds. Il se précipita pour la relever, et l'entendit s'écrier : Je vous revois, enfin !.... je suis heureuse.... voilà volre enfant... veillez SUR MOI... soyez mon père.....

» Ah ! Français , que n'étiez-vous là pour voir pleurer votre Roi ! vous auriez senti que celui qui versa de pareilles larmes, ne put être l'ennemi de personne..... vous auriez senti que vos regrets, votre repentir, votre aniour pourraient seuls ajouter au bonheur qu'il éprouvait.

». Le Roi, sans pouvoir proférer une parole, serra Madame contre son sein, et lui présenta monseigneur le duc d'Angoulèmė. Ce jeune prince, retenu par le respect, ne put s'exprimer

que par des larmes qu'il laissa tomber sur la main de sa cousine, en la pressant sur ses lèvres.

» On se remit en voiture, et bientôt Madame arriva. Aussitôt que le Roi vit ceux de ses serviteurs qui volaient au-devant de lui, il s'écria , rayonnant de bonheur... La voilà !... » Ensuite il la conduisit auprès de la reine.

» A l'instant le château retentit de cris de joie.... on se précipitait; il n'existait plus de consigne, plus de séparation; il ne semblait plus y avoir qu'un sanctuaire où tous les cours, allaient se réunir. Les regards avides restaient fixés sur l'appartement de la reine; ce ve fit qu'après que Madame eut présenté ses. hommages à sa majesté, que , conduite par le Roi, elle vint se montrer à nos yeux, trop inondés de larmes pour conserver la puissance de distinguer ses traits.

» Le premier mouvement du Roi , en apercevant la foule de ceux qui l'environnaient, fut de conduire Madame auprès de l'homme inspiré qui a dit à Louis XVI.... Fils de saint Louis, montez au ciel !.... Ce fut à lui, le premier, qu'il présenta Madame.... Des larmes coulèrent de tous les yeux, le silence fut universel.... A ce pieux et premier mouvement de la reconnaissance , un second succéda ; le Roi conduisit Madame au milieu de ses gardes.... Voilà , lui dit-il, les fidèles gardes de ceux que nous pleurons : leur áge, leurs blessures et leurs larmes vous disent tout ce que je voudrais exprimer.... Il se retourna ensuite vers nous tous , en disant: Enfin elle est à nous; nous ne la quitlerons plus ; nous ne sommes plus étrangers au bonheur.

» N'attendez pas, monsieur, que je vous répète nos vaux, nos pensées , nos questions.... suppléez à tout le désordre de nos sentimens.... Madame rentrà dans son appartement pour s'acquitter d'un devoir aussi cher que juste, celui d'exprimer sa vive reconnaissance pour sa majesté l'empereur de toules les Russies. Dès les premiers pas qu'elle avait faits dans son empire, elle avait reçu les preuves les plus nobles et les plus empressées de son intérêt, et le cæur de Madame avail senti tout ce qu'elle devait au souverain auguste et généreux auquel le ciel a confié la puissance et donné la volonté de secourir les rois malheureux. - Après avoir rempli ce devoir, Madame demanda M. l'abbé Edgeworth. Dès qu'elle fut seule avec ce dernier consolateur.de Louis XVI, ses larmes ruisselerent; les mouvemens de son cour furent si vifs, qu'elle fut près de s'évanouir. M. Edgeworth, effrayé, voulut apppeler..... Ah! laissez-moi pleurer devant vous, lui dit Madame.... ces larmes el volre présence me soulagent..... Elle n'avait alors pour témoins que le ciel et celui qu'elle regardait comme sou interprète..... Pas une seule plainte n'échappa de son cæur.... M. Edgeworth n'a vu que des larmes... c'est de lui-même que je tiens ce récit. Il m'a permis de le citer; il sent que toute modestie personnelle doit céder à la nécessité de faire connaître cette âme pure et céleste.

» La famille royale dîna dans son intérieur, et ce fut vers les cinq heures du soir que nous eûmes l'honneur d’être présentés à Madame. Ce fut alors seulement que nous pûmes considérer l'ensemble de ses traits. Il semble que le ciel a voulu joindre à Ja fraîcheur, à la grâce, à la beauté, un caractère sacré qui pût la rendre et plus chère et plus vénérable aux Français. On retrouve sur sa physionomie les traits de Louis XVI, de Marie-Antoinette, et ceux de madame Elisabeth. Ces ressemblances augustes sont si grandes, que nous sentions le besoin d'invoquer ceux qu'elles rappellent. Ces souvenirs et la présence de Madame semblaient unir le ciel à la terre; et certainement toutes les fois qu'elle voudra parler en leur vom , son âme douce et généreuse forcera tous las sentimens à se modeler sur les siens..., etc., etc. »

FIN DES NOTES DU SECOND VOLUME.

TABLE
DES MATIÈRES.

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.

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cés de l'armée d'Allemari

ANNÉES.

. . Pages
1800 Situation des armées françaises.

Armée de réserve.
Elle passe les Alpes.

Ib, et suiv.
Ardeur de cette armée.

5
Bataille de Marengo.

· 7 et suiv.
Défense de Gênes.
Succès de l'armée d'Allemagne.

.

: 25
Bataille de Moeskirck.
De Hochstedt.
Mort de La Tour d'Auvergne, premier grenadier

de France.
Retour de Bonaparte à Paris.
Disposition des esprits.

, 31 et suiv.
Négociations et reprises des hostilités.
Bataille de Hohenlinden.
Nouvel armistice.
Paix de Lunéville.
Autres traités.
Suite de l'expédition d'Égypte.
Nouveaux succes.
Mort du général Kléber.

48
Détails sur son assassin.

49 et suiv.
Fin de l'expédition d'Égypte.

53
Envoi de troupes à Saint-Domingue. 54 et suiv.
Paix générale.

56
Fin de la guerre civile de l'Ouest. Ib. et suiv.
Concordat avec le pape.

58
Conspirations contre Bonaparte.

Ib. et suiv.

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