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nier, au moment où les Anglo-Portugais allaient écraser ses derniers pelotons.

Depuis le 7, le maréchal duc de Raguse avait pris le commandement de l'armée française à la place du prince d'Essling; il la dispersa, le 11, dans ses divers cantonnemens.

Cette entreprise sur le Portugal, jointe au mauvais succès du siége de Cadix qui fut formé en même temps , fit un tort infini aux armes de Napoléon dans la péninsule : jusque-là elles avaient passé pour invincibles, malgré l'échaufourée de Baylen ; on s'habitua à l'idée de leur résister avec l'espoir de la réussite. Deyant des hommes instruits elle nuisit aussi à la réputation militaire du savant vainqueur des campagnes de 1805 et de 1809 : on se dit que les moyens qu'il avait déployés en Espagne et en Portugal, étaient évidemment insuffisans, et que les obstacles qui firent échouer ses projets, dans l'un comme dans l'autre de ces deux royaumes, deyaient être facilement prévus. L'événement prouva en effet que l'armée de Portugal, portée à cent vingtou cent trente mille homines, eût entièrement chassé l'étranger, et soumis le pays : soixante ou quatre-vingt mille soldats de plus, employés en Espagne, auraient, de même, achevé de désarmer les Espagnols 'opposés à la révolution que l'on voulait faire chez eux. Avec des desseins moins gigantesques sur l'Europe entière, on ne sait pas pourquoi Napoléon n'aurait pas pu envoyer ce renforg

HISTO
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358

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1811. EMI

359 au-delà des Pyrénées : en edras, et qui militaire s'élevait en Frar,

cette arhommes d'infanterie, cent i lerie et cinquante mille d'art lui eût encore été de suivre troupes : la péninsule, pour phone lois qu'on lui donnait, avait bè - uverain tout puissant, qui pùt de moment en moment, par des dispositions soudaines, changer sa physionomie politique entière, ou celle de certaines de ses provinces; il lui fallait aussi un généralissime qui réglit journellement les mouvemens particuliers des différentes armées destinées à l'assujettir, afin de les faire concourir à un résultat général. Un nom aussi étourdissant que l'était à cette époque celui du fondateur de l'empire français n'eût pas été non plus inutile sur ce sol devenu si tristement célèbre; il aurait intimidé une partie des habitans, et aurait pu encore servir à en rallier quelques-uns autour du gouvernement imposé.:

L'armée de Portugal et celle qui devait la seconder, en opérant dans l'Andalousie , avaient été composées de la plus grande partie des troupes françaises stationnées en Espagne. Les provinces intérieures se trouvèrent, pour un temps, presque abandonnées à elles-mêmes. Cette circonstance ne contribua pas peu à y enraciner la résistance. Elle donna la facilité d'organiser d'une manière durable les guérillas, ces bandes insurgées propres à pro

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Plenir partout l'incendie, et qui nuinier, au myaux armées françaises. Il s'agissait lå écraseres de milices organisées à peu près comme

Des du Portugal, que nous avons, avec raison, comparées à ces troupes mouvantes de royalistes qui, si long-temps, empêchèrent dans notre Bretagne, l'établissement fixe du gouvernement répuBlicain. Atteintes et dispersées aujourd'hui dans tel lieu, elles reparaissaient demain plus nombreuses et non moins ardentes dans tel autre endroit. Elles interceptaient les routes, attaquaient à l'improviste et écrasaient les détachemens isolés. Les convois de munitions de guerre et de bouche , de blessés et de malades, devenaient à chaque instant leur proie. Essayer de les détruire , en les combattant avec avantage , n'était pas chose facile. Ces partisans, défendant la cause nationale, avaient des intelligences partout, et n'étaient jamais trahis nulle part. Souvent, sans que les Français pussent s'en douter, ils restaient des journées entières cachés aux portes des villes où ceux-ci se trouvaient en forces, attendant que le nombre de leurs ennemis diminuất, ou que le leur propre s'augmentât suffisamment. Mina fut leur chef le plus célèbre : divisés en une infinité de corps, il en avaient un grand nombre, au signal desquels ils se réunissaient et se séparaient alternativement, comme l'occasion le demandait. On attribue leur création au marquis de la Romana, que nous avons vu se joindre à l'armée anglo-por

tugaise dans ses lignes de Torres - Vedras, et qui mourut presque subitement au milieu de cette armée, le 23 janvier.

Les événemens principaux de la guerre en Espagne avaient été, pendant l'année 1810, l'envahissement de l'Andalousie et le commencement du siége de Cadix. L'armée qui opérait de ce côté, voyant à sa tête le roi d'Espagne créé par Napoléon , était commandée par le duc de Dalmatie ayant sous ses ordres les maréchaux Victor et Mortier. Elle devait, après cela, concourir à la conquête dụ Portugal, et ce fut elle , en grande partie , que le duc d'Essling attendit si longuement; mais elle ne put assez tôt terminer ses opérations en Espagne, pour faire ensuite ce qu'on espérait d'elle. Elle s'était mise trop lentement en mouvement, retardée par l'attente des instructions définitives de Napoléon..

Elle entra, vers le milieu de janvier, dans la province qu'elle devait conquérir. Avant la fin du mois, elle avait déjà battu et jeté, partie sur Grenade, partie sur le royaume de Murcie , l'armée espagnole qui lui disputait le terrain. Le 28, un de ses corps entrą dans Grenade. Le même jour, la réserve, que commandait le gcnéral Dessolles, prit possession de Cordoue. Le roi Joseph établit son quartier-général dans cette dernière ville , tandis que le duc de Bellune ( le maréchal Victor ) arrivait à Carmona, sur le chemin de Séville, et le duc de Trévise ( le maréchal Mortier ) à Ecija.

Le 4 février, le quatrième corps, celui qui s'était emparé de Grenade, rencontra, en avant de Malaga, une colonne ennemie, qu'il mena si rudement, qu'il entra pêle-mêle avec elle dans la ville. On trouva le port armé de cent quarante pièces de canon de tout calibre. Malaga renfermait encore un équipage de vingt-trois pièces de campagne, destiné pour l'armée espagnole de Catalogne. Les magasins abondaient en munitions de guerre, · Séville était couvert deretranchemens: on croyait donc que l'ennemi le défendrait sérieusement; il l'évacua cependant sans la moindre résistante. Le roi Joseph, s'attendant à toute autre chose , avait ordonné au duc de Dalmatie, d'ajourner l'attaque de Cadix, et ce fut ce qui sauva' cette place. Elle se trouvait presque sans garnison dans ce premier moment; máis quand l'armée française songea tout de bon à la réduire, le duc d'Albuquerque y était entré, amenant avec lui un renfort de sept mille hommes. Il répondit en ces termes à la sommation que lui adressa le duc de Dalmatie : « L'unanimité du sentiment qui a déterminé les Espagnols à se soustraire à une domination inique, règle la conduite de chaque individu. Nous soutenons les droits de Ferdinand VII, notre légitime souverain. La justice de notre cause nous donne lieu d'espérer le

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