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qui fut, en grande partie, contrainte de se renfermer dans Fuentės-de-Onoro. La ligne des alliés avait à dos le lit de la Coa, dont les bords n'offrent presque partout que des précipices. Le prince d'Essling , instruit de cette circonstance, sentait dans quel désordre il jeterait les Anglo-Portugais, s'il parvenait à forcer leur ligne; il ordonna au général Ferey d'attaquer Fuentès-de-Onoro , à la tête de la troisième division du sixième corps. Le général Ferey eut bientôt emporté ce village, quoiqu'il fût défendu vigoureusement; mais l'ennemi le reprit, à l'entrée de la nuit, après des efforts incroyables, Renforcé de quatre bataillons de réserve de la division Marchand , Ferey y rentra de nouveau, mais il ne put s'établir que dans la partie basse du village; les Anglo - Portugais restérent maîtres de la partie supérieure, où ils s'étaient avantageusement embusqués. Au même moment, de fausses attaques, exécutées par le deuxième et le huitième corps, tenaient toute la ligne ennemie en alarme. La nuit venue, les Français restorent en possession d'Alaméda.

Le 4, le prince d’Essling observa avec la plus grande attention, la droite de l'armée ennemie, gardée par de la cavalerie et des milices du pays : il remarqua que le terrain était accessible entre Navas-de-Avel et Pozo-Bello; partout ailleurs le front de la ligne des Anglo-Portugais était couvert par un ravin profond et rocailleux; son aile gauche s'appuyait aux ruines du fort de la Conception, où lord Wellington avait placé des troupes et de l'artillerie. Pendant la nuit l'armée française fit tous les mouvemens nécessaires pour attaquer par Navasde-Avel. Le 5, à la pointe du jour, cette armée était ainsi placée : les première et deuxième divi sions du sixième corps , vis-à-vis Pozo - Bello, la deuxième division du huitième corps en réserve; la cavalerie entière , excepté le détachement de la garde impériale placé en réservé, à gauche de cette infanterie; la troisième division du sixième corps, maîtresse de la partie inférieure du village de Fuentès-de-Onoro, et devant réattaquer la partie supérieure, composait le centre, jointe avec le neuvième corps qui se tenait en arrière et en réserve. A la droite était placé le deuxième corps : sa première division s'appuyait à Alaméda, et la deuxième avait été portée entre ce village et Fuentes - deOnoro. Ce corps d'armée devait aider par de petites attaques le grand mouvement de l'armée, et se gouverner de manière à se joindre à elle à mesure qu'elle pousserait l'ennemi. Le convoi qu'on avait dessein d'introduire dans Almeida , était parqué à Gallegos. :

Le premier événement de la bataille fut l'occupation des bois et du village de Pozo-Bello par la brigade Maucune.

Presqu'au même moment, le général Montbrun dispersait la cavalerie de don Julien, chef de partisans, ordinairement cantonné dans les bois entre Salamanque et Ciudad-Rodrigo, mais qui s'était réuni à l'armée anglo-portugaise depuis peu de temps. En arrière du village, l'ennemi avait une ligne de vingt escadrons, soutenus par de l'infanterie et douze pièces de canon. Montbrun, prolongeant son mouvement par la gauche, attaqua cette cavalerie, presque toute anglaise, et la mena battant fort loin. Il enfonça ensuite deux carrés formés par les grenadiers royaux qui avaient été chargés de couvrir l'aile droite ennemie contre les charges de la cavalerie française.

Cette aile de l'armée alliée, obligée de battre en retraite, fut poursuivie, pendant près d'une lieue, par la cavalerie et l'artillerie légère.'

Cependant le centre avait affaire, dans le haut du village de Fuentès-de-Onoro, au comte d'Erlon, qui l'attaquait vigoureusement. La gauche ne pouvait le secourir, étant contenue par le général Reynier. Ce centre, serré de si près dans Fuentes-deOnoro , devait se trouver entièrement à découvert, dès que les Français seraient parvenus à jeter entièrement la droite en arrière de Castelbom. D'un moment à l'autre on pouvait lui couper toute retraite par la Coa.

Quand lord Wellington eut vu le désordre se mettre dans sa première ligne en avant de PozoBello, et sa droite fortement menacée, il fit retirer les parcs et les équipages de l'autre côté de la rivière. Les soldats ennemis commençaient à paraître découragés et effrayés, et l'armée française gagnait toujours du terrain; la victoire semblait prête à se fixer, Tout d'un coup elle échappa par un incident singulier; les quatre divisions françaises qui se trouvaient en avant de Pozo-Bello, et toute la cavalerie, s'arrêtèrent soudain. Le général en chefn'était pas alors à portée de donner les ordres nécessaires, et le général Loison n'osa le suppléer; dèslors ce malheur fut sans ressource. L'ennemi reprit courage, et changea sa position. Lord Wellington fit un changement de front sur son centre, l'aile droite en arrière. Remarquant que l'armée française avait cessé de marcher en avant, il se reporta en force sur Fuentès - de - Onoro, et réussit à se rétablir et à se maintenir dans la partie haute. · Le feu cessa des deux côtés sur les deux heures de l'après-midi, Les Français avaient eu deux mille hommes mis hors de combat; la perte des AngloPortugais n'alla à guère moins de quatre mille. Le secours destiné à Almeida n'avait pu entrer dans cette place; partant, c'était inutilement que l'armée française, en venant attaquer ses adversaires, avait sacrifié deux milliers de ses braves. L'ennemi employa les journées des 6 et 7 avril à se fortifier sur tous les points, de façon à rendre sa position inabordable en front.

Le prince d'Essling, désespérant de secourir Almeida, résolut de faire des fortifications, un monceau de ruines. Il fallait, pour porter ses instructions au gouverneur, traverser l'armée anglo-portugaise, et faire deux lieues entières au milieu des plus grands périls : quatre hommes de bonne volonté s'offrirent. Le nommé André Tillet, du sixième régiment d'infanterie légère , arriva seul; les deux autres, dont le nom n'est pas venu jusqu'à nous, furent découvert et tués sur la route. L'ordre qu'il transmit au général Brennier, commandant à Alméida, était de détruire le matériel de la place et ses ouvrages , et de s'ouvrir ensuite un passage l'épée à la main, jusqu'à Barba-del-Puerco.

Les 8, 9 et 10 mai, l'armée française eut soin d'occuper l'ennemi, en le menaçant d'une nouvelle attaque. Enfin, le 10, à minuit, on entendit une grande explosion, et le 11, au matin, on sut que ce bruit avait été produit par la destruction des fortifications dAlméida. Le général Brennier avait exécuté l'ordre du prince d’Essling avec la plus grande habileté. Il était dix heures et demie du soir, quand la garnison, forte de onze cents hommes , quitta la ville, en observant le plus profond silence. L'explosion des mines eut lieu au moment où elle atteignait les postes anglais. Elle se fit jour malgré la disproportion du nombre. Au point du jour elle arriva entre Villar-de-Ciervos et Barba-del-Puereo. Elle marcha vivement sur San-Felicés. Là, ayant à sa tête son brave commandant, elle passa l'Aguéda , et opéra sa jonction avec le général Rey

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