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était en position à Termès et à Alcanhede, marcha toute la nuit, et vint se placer sur la rive gauche de l'Alviella.

Le 6 au matin, l'armée française se mit en marche, le huitième corps se dirigeant sur Torrès-Novas, et le deuxième sur Thomar, après avoir rompu. tous les ponts de l'Alviella; la division Loison se réunit au sixième corps. En même temps, le duc d'Elchingen rassemblait son corps d'armée et la cavalerie à Leyria, pour faire sur le flanc gauche de l'ennemi une manoeuvre qui le tint en consideration et l'empêchất de s'ébranler avant que toute l'armée française fût en ligne.

Le 7, le huitième corps et le deuxième poursuivirent leur marche. A peine nos dernières troupes eurent-elles quitté Torrès-Novas, que des piquets de cavalerie anglaise s'empressèrent d'entrer dans cette ville, Lord Wellington fit, en général, suivre ces deux corps de très-près, tandis qu'il portait cependant ses plus fortes masses sur Leyria, dans l'espérance de déborder l'armée française et d'arriver avant elle sur le Mondego. Un corps de dix mille hommes, venant d'Angleterre, débarqua en outre à Figuiera , pour remonter le Mondego par la rive droite, et se mettre ainsi en mesure d'attaguer en front la tête de l'armée française , quand elle se présenterait devant Coimbre.

Ce fut le duc d'Elchingen, qui eut le premier affaire aux Anglo-Portugais dans une vaste plaine en avant de Pombal. La cavalerie anglaise , ayant ses chevaux en meilleur état que la cavalerie française, y fit d'abord plusieurs charges brillantes ; néanmoins elle n'y conserva pas long-temps l'avantage. Les escadrons de dragons français les plus ayancés, ne pouvant prendre l'initiative de l'attaque , s'arrêtèrent , pointèrent le sabre, et attendirent ainsi leurs ennemis de pied ferme. Cette manouvre réussit parfaitement; les Anglais furent rompus, et eurent un grand nombre d'hommes et de chevaux tués et blessés, Les dragons français chargèrent alors à leur tour, et forcèrent leurs adversaires à prendre la fuite, après avoir été trèsmaltraités,

Pendant ces engagemens de cavalerie, les différens corps de l'armée française quittaient successivement leurs positions, et venaient prendre leur ordre de bataille. Le huitième corps s'arrêta à Venda-Crux; la cavalerie et le sixième corps se couvrirent également de la Soure, Il ne restait plus qu'un bataillon dans la petite ville de Pombal, et un autre en dehors, qui observait la route de Leyria. Ce dernier bataillon fut attaqué, vers les trois heures de l'après-midi, par l'avant-garde ennemie, battu et repoussé dans la ville, Le combat se prolongea au sein de Pombal même, dont les Anglais furent bientôt maîtres. Ils s'y étaient établis depuis quelques instans, lorsque le duc d'Elchingen, instruit de ce qui se passait, accourut au galop à la rena contre du sixième régiment d'infanterie légère qui se retirait : « Chasseurs, cria-t-il à ces soldats, vous perdez votre belle réputation , vous vous déshonorez à jamais si vous ne chassez à l'instant l'ennemi de Pombal! allons, que les braves me suivent! » et se mettant à leur tête, il les remena vivement à l'ennemi, qui ne tarda pas en effet à être forcé de sortir de la ville , après y avoir fait des grandes pertes. Ce fait d'armes ne fut pas un des moins beaux de la campagne.

Les troupes françaises n'abandonnèrenť un peu plus tard Pombal, que de leur plein gré,et seulelement pour obéir au mouvement général de retraite. Les Anglo-Portugais n'oserent pas venir s'y établir de la nuit.

Le 10, l'armée parut vouloir s'arrêter sur la Soure. Le prince d'Essling eùt volontiers passé quelques jours en cet endroit, jusqu'à ce que l'on eût jeté deux ponts sur le Mondégo. Il aurait alors concentré toute son armée en arrière de Pombal, pour la porter ensuite près de Coimbre. L'ennemi n'oublia rien pour le contraindre de renoncer à ce dessein. Pendant que l'on exploroit les rives du Mondégo, il rassembla ses forces, pressa l'arrivée de son artillerie, et fit toutes les dispositions nécessaires pour attaquer vivement les Français avant qu'ils pussent passer le Mondego. Plusieurs colonnes s'avançaient au même moment le long de la mer. Réunies aux troupes débarquées à Figuiera , elles allaient bientôt compromettre la droite et les derrières de l'armée. Le prince d'Essling porta plusieurs reconnaissances sur la ville de Soure : toutes rapporterent que l'ennemi dirigeait de grandes forces de ce côté. Dans cet état de choses, le général français, comprenant qu'une position sur la Soure ne pourrait être que très-désavantageuse, si l'on en venait à une affaire générale , continua sa retraite.

Le 11 au matin, l'armée française fit halte sur les hauteurs de Redinha. Là, elle avait à dos le village de ce nom, et l’Adancos, rivière qui le traverse, formant un défilé qui opposait les plus grandes difficultés au passage de l'artillerie , des bagages et même des troupes. Ce défilé, poussant au-delà du village, occupait près d'une lieue de terrain; on ne pouvait douter que l'ennemi y attaquerait les colonnes. On employa toute la matinée à faire filer les malades , les bagages et les troupeaux; puis l'armée prit les positions suivantes : l'arrière-garde, composée du sixième corps, demeura sur les hauteurs au-delà de Redinha; le huitième placa sa gauche dans le village même, et prolongea sa droite le long de l'Adancos; la division du neuvième corps, qui jusqu'à ce moment avait pris part à tous les mouvemens de l'armée, s'établit en arrière du village et de la rivière , sur la chaussée de Coimbre. On bivouaqua dans cette position, en s'assurant par des reconnaissances que l'ennemi était encore de l'autre côté de la Soure.

Le 12 au matin, les vedettes françaises aperçurent l'ennemi qui débouchait de Venda-Crux; il montrait plus de monde qu'il n'en avait encore montré jusque-là. Tandis qu'une trentaine de mille hommes s'avançait en masse dans des landes, à droite et à gauche de la route, d'autres colonnes marchaient dans des directions différentes, comme si elles ayaient dessein de tourner la droite et la gauche de l'armée française. On sut en même temps que plusieurs partis de cavalerie anglaise avaient enfin traversé la Soure, et se portaient sur Condeixa, c'est-à-dire sur les derrières de l'armée française. Le prince d'Essling laissa alors la position de Redinha, pour aller chercher un autre poste plus en arrière. Le huitième corps commença le mouvement de retraite : une de ses divisions alla se placer à Condeixa même, et une autre resta échelonnée à Fonte-Cuberta , afin de se trouver à portée de soutenir le sixième corps, si besoin était. Des hauteurs forment un rideau en avant du village de Redinha situé dans une vallée. La seconde division du sixième corps resta seule en position sur ce rideau, pour donner le temps au reste de l'armée , de filer et d'enlever de vive force le pont de Coimbre défendu par une garnison ennemie. La position était périlleuse en ce que les troupes qui l'occupaient avait un défilé à dos; le duc d'Elchingen la bonifia, au reste , le plus qu'il lui fut possible, par l'habileté avec laquelle il posta les régi

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