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la seule vue d'introduire chez vous des objets ma. nufacturés dans ses ateliers, et de vous rendre ses tributaires. Que fait-elle aujourd'hui pour que vous embrassiez la cause injuste qui a soulevé contre elle toutes les puissances du continent? Elle vous trompe sur les résultats d'une campagne où elle ne veut rien risquer; elle se fait un rempart de vos bataillons, comme si votre sang devait être compte pour rien; elle se tient en mesure de vous abandonner quand cela conviendra à ses intérêts , dûtil en résulter des dommages pour les vôtres; et pour mettre le comble à vos maux et à son insatiable ambition, elle envoie ses vaisseaux dans vos ports pour emmener dans ses colonies ceux de vos enfans qui auront échappé aux dangers auxquels elle les expose sur le continent. La conduite de son armée devant Ciudad-Rodrigo ne vous ditelle pas assez ce que vous devez attendre de semblables alliés? N'ont-ils pas excité la garnison et les malheureux habitans de cette place par des promessès trompeuses,et ont-ils brûlé une seule amorce pour les secourir? Plus récemment encore, ont-ils jeté quelques-uns des leurs dans Almeida, si ce n'est un gouverneur chargé de vous engager à une défense aussi mal entendue que celle de Rodrigo ? et ne vous ont-ils pas fait outrage, en mettant ainsi dans la balance un seul Anglais contre six mille de votre nation? Portugais, ne vous laissez pas abuser plus long-temps : le puissant souverain, dont tant de peuples bénissent les lois, la force et le génie, va assurer votre prospérité; mettez-vous sous sa protection, accueillez ses soldats en amis, et vous trouverez sûreté pour vos personnes et pour vos propriétés. Les maux qui résultent de l'état de guerre vous sont connus; vous savez qu'ils vous menacent dans tous ce que vous avez de plus cher, dans vos enfans, vos parens, vos amis, vos fortunes et votre existence politique et privée, Prenez donc une résolution qui vous offre tous les avantages de la paix : restez tranquilles dans vos habitations; livrez-vous à vos travaux domestiques; ne regardez comme vos ennemis que ceux qui vous conseillent une guerre dont toutes les chances sont contre le bien de votre pays. »

L'armée française se remit en mouvement le 15 septembre. Lord Wellington s'était couvert de l’Alva, rivière dont le cours fournit une position inexpugnable; il paraissait decidé à tenir dans ce poste. L'y voyant établi, le maréchal prince d'Essling songea à gagner Coimbre par la rive droite; mais il fut malheureusement obligé de s'arrêter deux jours en route, pour attendre son artillerie : les Anglais vinrent, en toute hâte, occuper la Sierra de Busaco, qui commande la rive droite du Mondego, et défend Coimbre. Le 27, il y eut dans cet endroit un engagement considérable,

qui, à cause de son importance, reçut même le · nom de bataille de Busaco. Les troupes anglo

portugaises, réunies sur ce point , montaient å cinquante-neuf mille hommes d'infanterie et trois mille hommes de eavalerie, soutenus de quatrevingts pièces de canon de tout calibre. La position occupée par les Anglo - Portugais' offrait le plus grand avantage; c'était une hauteur d'un accès très-difficile : ajoutons à cela que l'état du terrain se trouvait tel, qu'en' attaquant, les Français ne pouvaient faire aucun usage de leur artillerie. Aussi furent-ils repoussés, après avoir fait, toute la journée, des prodiges de valeur. .

Mieux avisé, le prince d’Essling tourna la Sierra de Busaco dans les journées des 28 et 29. L'ennemi se retira en bon ordre, et repassa le Mondego. L'armée française fit son entrée dans Coimbre, le 1er. octobre. Elle trouva cette ville abandonnée par ses habitans, Tous les Portugais, habitans des villes et des campagnes, avaient, en général, reçu des chefs de l'armée anglo-portugaise,l'ordre de se retirer dans ' l'intérieur du pays, à l'approche des Français, en emportant ou détruisant tout ce qui pourrait être de quelque utilité à l'armée envahissante. On trouva néanmoins plus d'une ressource dans Coimbre.

Continuant d'avancer, l'armée quitta cette ville le 4. Elle coucha , le 5, à Condexavelha, à trente lieues de Lisbonne. Bientôt elle fut en vue des montagnes de Villa-Franca, sur lesquelles les Anglo-Portugais, toujours reculant, avaient formé des lignes de défense en ayant de la capitale du Por

tugal. Ces montagnes étaient retranchées, palissadées sur plusieurs points, et hérissées d'artillerie de tout calibre. L'ennemi y avait formée trois lignes, appuyées au Tage par la droite, et à la mer près de l'embouchure du Sizandro par la gauche. La première de ces lignes avait sa droite à Alhandra, et sa gauche à la mer, entre Torres - Vedras et Mafra, passant par les hauteurs d'Arrnda, de MonteGrace, et se terminant à Ponte - Real. Elle était soutenue, dans toute sa longueur , par trente-deux ouvrages armés de cent quarante bouches à feu, La seconde ligne avait sa droite à Alveira; elle renfermait dans son enceinte les défilés de Bucellas, Montachique et Mafra, et était défendue par soixante-cinq ouvrages et cent cinquante bouches à feu. La troisième ligne, destinée, en cas de revers, à faciliter la retraite de l'armée anglo-portugaise et son embarquement au fort Saint-Julien, était protégée par onze ouvrages et quatre-vingt-treize bouches à feu. Elle se prolongeait de Belem à Cascaès. ' .

Le lieutenant-général Hill était à Alhandra et Bucellas; les divisions des généraux Crawfurd et Leith & Caldas; celle de sir Spencer au centre et à la gauche; les généraux Picton, Cole et Campbell à Torres - Vedras, Duas - Portas et Ribaldiera. Sir Cotton, commandant la cavalerie , avait son quartier-général à Mafra.

Les lignes de Torres - Vedras, naturellement

fortes , avaient encore été soumises à tous les travaux qui pouvaient les rendre inexpugnables.

Le prince d'Essling posta les différens corps de l'armée française de manière à pouvoir les réunir en quatre heures. Les hauteurs qu'ils occupèrent eux-mêmes, en regard de celles sur lesquelles l'ennemi s'était fortifié, formaient un second arc de cercle concentrique. Dans cette position les deux armées se trouvaient séparées par un vallon assez étroit, situé entre Villa-Franca et Alhandra; on établit de part et d'autre les postes avancés sur un petit ruisseau qui partageait cevallon en deux portions à peu près égales. .

Une immense population, celle de tout le pays parcouru jusque-là par l'armée française, campait entre la seconde ligne anglo-portugaise et les faubourgs de Lisbonne.

Au moment de l'établissement des Français, il y eut entre les troupes des deux partis quelques affaires de peu d'importance; mais elles restèrent ensuite dans une inaction complète, s'observant réciproquement, et chacun attendant que le manque de vivres forçât ses adversaires de changer de position. De ce côté le désavantage. était pour les Français : l'armée anglo-portugaise , maîtresse du Tage et de la mer , recevait abondamment toutes les provisions dont elle pouvait avoir besoin; l'armée française , n'ayant derrière elle qu'un pays ruiné, dont les troupes irrégulières de l'ennemi lui dispu

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