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crifices, et le soumit entre autres choses, au fameux système continental. (Note 7.)

Deux jours avant la ratification de ce traité, le conquérant qui en avait dicté les conditions, faillit d'être assassinésur la place d'armes du château de Schenbrum, où il passait la revue de sa garde. Le coup fut tenté par un jeune Allemand. Sortant soudainement de la foule des spectateurs, il se précipita vers Napoléon, un couteau à la main. Le prince de Neufchâtel détourna le bras, et d'autres officiers se saisirent de l'assassin. Au milieu de l'effroi général, Napoléon montra le plus grand calme, et il voulut même que les évolutions fussent continuées, comme s'il ne s'était rien passé d'extraordinaire.

En fouillant le jeune Allemand, on ne trouva sur lui que le couteau dont il avait essayé de se servir, quatre frédérics d'or, et un portrait de femme, D'après son refus de se prêter à un interrogatoire ordinaire, Napoléon le fit amener devant lui. Là eut lieu l'explication suivante : . « D'où êtes-vous, et depuis quand êtes-vous à Vienne, lui demanda Napoléon ? je suis d'Erfurth, et j'habite Vienne depuis deux mois. Que me vouliez-vous ? Vous demander la paix, et vous prouver qu'elle est indispensable. -Pensezvous que j'eusse voulu écouter un homme sans caractère et sans mission?—En ce cas je vous au* rais poignardé, - Quel mal vous ai-je fait?-Vous

opprimez ma patrie et le monde entier ; si vous ne faites point la paix, votre mort est nécessaire au bonheur de l'humanité : en yous tuant, j'aurais fait la plus belle action qu'un homme d'honneur puisse entreprendre, Mais j'admire vos talens; je comptais sur votre raison, et, avant de vous frapper, je voulais vous convaincre, - Est-ce la religion qui a pu vous déterminer?-Non; mon père, ministre luthérien, ignore mon projet. Je ne l'ai communiqué à personne ; je n'ai reçu de conseils de qui que ce soit : seul , depuis deux ans, je médite votre changement ou votre mort, — Etiez-vous à Erfurth quand j'y suis allé l'année dernière ? Je vous y ai vu trois fois.- Pourquoi ne m'avez-vous pas tué alors?-Vous laissiez respirer mon pays; je croyais la paix assurée, et je ne voyais en vous qu'un grand homme.-Connaissez-vous Schneider et Schill ?-Non. - Êtes-vous franc-maçon, illuminé ?-Non. — Vous connaissez l'histoire de Brutus? --Il y eut deux Romains de ce nom; le dernier est mort pour la liberté.-Avez-vous eu connaissance de la conspiration de Moreau et de Pichegru?-Les papiers publics m'en ont instruit.Que pensez-vous de ces hommes ?-Ils ne travaillaient que pour eux et craignaient de mourir. On a trouvé sur vous un portrait : quelle est cette femme?-Ma meilleure amie ; la fille adoptive de mon vertueux père.-Quoi ! votre cour est ouvert à des sentimens si doux, et vous n'avez pas craint d'affliger , de perdre les êtres que vous aimez, en devenant un assassin ?--J'ai cédé à une voix plus forte que ma tendresse, --Mais, en me frappant au milieu de mon armée, pensiez-vous échapper?Je suis étonné, en effet, d'exister encore. - Si je vous faisais grâce, quel usage feriez-vous de votre liberté ?-Mon projet a échoué, vous êtes sur vos gardes.... Je m'en retournerais paisiblement dans ma famille. »

Napoléon fit alors examiner cette espèce de fanatique par son premier médecin , désirant savoir si l'on ne trouverait pas en lui quelque signe de démence : le docteur déclara qu'il ne lui paraissait même pas fortement ému,

Le jeune homme fut gardé pendant deux jours dans une salle, par deux gendarmes: ceux-ciremarquèrent qu'il se promenait souvent, mais avec tranquillité; il s'agenouillait aussi de temps en temps pour prier Dieu. On lui avait apporté un couteau avec son dîner. Il le prit dans ses mains , et le regarda attentivement. Un gendarme voulut le lui retirer; il le rendit de lui-même en disant : « ne craignez rien; je me ferais plus de mal que vous ne m'en ferez. » Entendant, le lendemain , tirer le canon, il en demanda le motif. « C'est la paix, lụi dit-on.—La paix! ne me trompez-vous point? » On lui affirma la chose. Il parut alors au comble de la joie, pleura , se jeta à genoux, fit une prière fervente; puis s'écria en se relevant : « je mourrai plus tranquille. » On vint le chercher pour être passé par les armes. Il dit à l'officier qui lui fit connaître sa condamnation : « Monsieur , je ne vous demande qu'une grâce, c'est de n'être point lié ; on accéda à sa demande, et on le laissa marcher en liberté. Il mourut avec calme.

La paix fut publiée à Paris par des hérauts d'armes le 29 octobre. Une illumination brillante suivit cette publication, qui, au reste , excita la joie générale. Il pouvait s'y mêler chez tous les Français de la capitale, un juste sentiment d'orgueil : le matin on avait exposé à leurs regards, dans les salles du Louvre, un grand nombre de tableaux, de statues et autres objets précieux, témoins glorieux des triomphes de l'armée française.

Napoléon arriva le 26 à Fontainebleau. .

On ne terda point à voir se réunir au sein de la capitale les rois de Saxe, de Bavière, de Wurtemberg, de Hollande , de Naples, de Westphalie , le vice-roi d'Italie , le prince Primat, le grand duc de Bade, etc. La France dut encore s'enorgueillir de cette noble réunion. Quels que pussent être quelques-uns de ces princes, tous au moins devaient la pourpre royale aux exploits de ses guerriers.

Ils assistèrent solennellement aux fêtes de la paix, et au Te Deum qui fut chanté en cette occasion. On crut que le motif politique de leur réunion, était de prendre secrètement entre eux des mesures plus certaines que jamais pour tâcher de priver l'Angleterre de toute influence sur le continent.

Le 3 décembre, Napoléon, en leur présence , ouvrit la session du corps législatif, par le discours suivant : . . « Messieurs les députés des départemens au corps législatif, depuis votre dernière session j'ai soumis l'Arragon et la Castille , et chassé de Madrid le gouvernement fallacieux formé par l'Angleterre. Je marchais sur Cadix et Lisbonne lorsque j'ai dû revenir sur mes pas et planter mes aigles sur les remparts de Vienne. Trois mois ont vu naître et terminer cette quatrième guerre punique.

» Le génie de la France a conduit l'armée anglaise; elle a terminé ses destins dans les marais pestilentiels de Walcheren. Dans cette importante circonstance, je suis resté éloigné de quatre cents lieues, certain de la nouvelle gloire qu'allaient acquérir mes peuples. Français , tout ce qui voudra s'opposer à vous sera vaincu. Votre grandeur s'accroîtra de toute la haine de vos ennemis. Vous avez devant vous de longues années de gloire et de prospérité à parcourir; vous avez la force et l'énergie de l'Hercule des anciens.

» J'ai réuni la Toscane à l'Empire : ces peuples en sont dignes par la douceur de leur caractère , par l'attachement que nous ont montré leurs an

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