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ainsi que tous ses camps retranchés, enlevés avec une telle rapidité, qu'ils semblaient tomber comme par enchantement devant les assiégeans.

Le soir, à six heures, il se plaça dans les positions suivantes : sa droite se prolongea de Stadelau à Gerasdorf; son centre de Gerasdorf à Wagram, et sa gauche de Wagram à Neusiedel. L'armée française avait sa gauche à Gross-Aspern; son centre à Rachdorf, et sa droite à Glinzendorf. "

Les forces étaient à peu près égales, 'tant en hommes qu'en artillerie, et l'habileté des généraux et la valeur des soldats, durent seules décider de la victoire.

Le 6, au matin, Napoléon s'occupait de masser ses forces sur le centre de l'ennemi ; celui-ci , au contraire , renforçait ses ailes aux dépens de son corps de bataille , pour en tourner et en envelopper les Français. Napoléon comprit tout le parti qu'il pouvait tirer de cette faute énorme : il continua ses dispositions , et après avoir laissé l'aile droite autrichienne s'éloigner assez du centre pour ne pouvoir plus, avec la promptitude nécessaire, se rallier à lui, il fondit sur ce centre, et l'écrasa. Cette partie de l'armée ennemie eut bientôt perdu une lieue de terrain, avec le village de Wagram, auquel nous avons vu qu'elle s'appuyait. La droite qui, à l'aspect de ce mouvement, voulut rétrograder , était alors attaquée en tête par le duc de Rivoli. La gauche avait déjà été battue par le duc d'Averstaedt, qui, après l'avoir chassé de son champ de bataille , s'était porté sur Wagram; c'est lui qui, secondé par le comte Oudinot , avait emporté ce village. La charge de front sur le centre de l'ennemi, avait été exécutée par le général Macdonald, à la tête des divisions Broussier et Lamarque, formées en colonne d'attaque , et soutenues par la division Nansouty, par la garde à cheval, et par une batterie de soixante pièces de la garde et de quarante pièces de différens corps. Cette batterie , dirigée par le général comte Lauriston, n'avait commercé son feu qu'à demi-portée de canon; mais le ravage épouvantable produit par elle , avait ouvert, à travers les rangs ennemis, un large passage au général Macdonald , qui s'avançait alors, tête baissée, avec toutes ses troupes auxquelles s'était encore jointe la brigade de fusilliers et de tirailleurs de la garde sous les ordres du général de division Reille. Le prince, vice-roi d'Italie, gouvernait tout le mouvement, faisant des dispositions accidentelles, et dirigeant des troupes sur tous les points où elles devenaient nécessaires. : - Wagram fut enlevé vers midi : à dix heures, la victoire n'était déjà plus douteuse. L'ennemi se retira avec la plus grande hâte et dans le désordre le plus complet; avant la nuit on ne l'apercevait plus. Il avait perdu dans la bataille un grand nonbre d'hommes tués , vingt mille prisonniers, dont trois à quatre cents.officiers , plusieurs généraux et beaucoup de colonels et de majors, dix drapeaux et quarante pièces de canon, Les blessés autrichiens furent aussi très-nombreux ; ils restèrent tous au pouvoir des Français. On calcula que cette bataille réduisit l'armée autrichienne à moins de soixante mille hommes , de deux cent mille qu'elle comptait dans ses rangs avant d'en venir aux mains. · L'empereur d'Autriche vit la bataille du haut d'un belvédère où il était monté à cinq heures du matin; il en partit à midi , quand il s'aperçut que la victoire resterait aux Français.

Ceux-ci firent monter leur perte à quatre cents hommes tués , et à près de quatre mille blessés. · Le général Lasalle , regardé comme l'un des meilleurs généraux de cavalerie , fut tué d'un coup de fusil. Le colonel du neuvième régiment d'infanterie de ligne tomba aussi sur le champ de bataille.

Le duc d'Istrie reçut une légère contusion à la - cuisse, d'un coup de canon qui lui emporta son cheval.'s

Le général bavarois , Wrede , et les généraux français, Séras, Grénier, Vignolle, Sahuc frère, de France; les majors de la garde, Daumesnil et Corbineau, et le colonel Sainte-Croix, furent blessés. - L'armée française avait fait des merveilles. Tous ses généraux s'étaient couverts de gloire. Napoléon crut devoir témoigner particulièrement sa satisfaction aux généraux Macdonald et Oudinot : le lendemain de la bataille, et au moment où l'armée allait se mettre en marche pour suivre les vaincus, il embrassa le premier, et le proclama maréchal de l'empire ; le second reçut, quelques instans après, avec le bâton de maréchal, le titre de duc de Reggio.

Les Autrichiens s'éloignaient dans le plus grand désordre. Aucun de leurs corps ne put tenir un seul moment contre ceux qui les poursuivaient. A cette occasion, on peut remarquer, relativement au talent militaire de Bonaparte, que toutes les fois qu'il avait vaincu son ennemi dans une bataille rangée, la défaite de celui-ci avait été telle , que dans sa retraite il se trouvait coupé en tous sens, et prévenu dans tous ses points de ralliement, jusqu'à ce que sa dispersion devînt totale. Mais les plans de bataille de Bonaparte étaient, ainsi que ses plans de campagne, d'une grande hardiesse , et il fallait des soldats plus qu'ordinaires pour les exécuter. On eroit encore les voir disposés de manière que, s'ils n'eussent pas réussi , ils auraient entraîné la perte absolue de l'armée employée à leur exécution. Par exemple, ne doit-on pas regarder la bataille de Wagram, dont nous venons de rendre compte , comme une bataille livrée contre toutes les règles de l'art militaire et de la prudence ? Est-il effectivement d'usage d'engager une action générale au centre d'un pays ennemi, ayant à dos un fleuve partagé en trois bras, et présentant conséquemment trois ponts en bois à repasser successivement en cas de défaite , au-delà duquel se rencontre encore une

grande ville telle que la capitale de l'Autriche? On assure que, dans une rencontre où un officier se plaignait que rien n'était prévu, si on ne réussissait pas, il s'écria : « que les Français ne devaient jamais songer à la retraite ! » De cette brusquerie, si elle est vraie , ne serait-on pas autorisé à conclure que la tactique de Bonaparte était , comme sa politique, sans ressources, et qu'il fallait qu'elle réussît entièrement, ou qu'elle entraînât, en faillissant, la ruine absolue de celui qui la mettait en Quvre. On pourrait appuyer cette réflexion de la bataille de Mont-Saint-Jean , qui fut le dernier fait militaire du personnage, et le précipita dans l'abîme.

Sur la demande réitérée de l'empereur d'Autriche, un armistice fut conclu dans la nuit du 11 au 12, On stipula, par ses principaux articles, que les citadelles ou forts de Brunn et de Gratz seraient évacués immédiatement par les troupes autrichiennes; qu'elles abandonneraient encore le Tyrol. et le Voralberg , et rendraient le fort de Sachsenburg. . . . .

. . La ligne de démarcation établie fut , du côté de la haute Autriche , la frontière qui sépare l’Autriche de la Bohême, le cercle de Znaim, celui de Brunn, et une ligne tracée de la frontière de la Moravie sur Raab, qui commençait au point où la frontière du cercle de Brunn touche à la March,

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