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imprimer en lettres italiques dans le troisième paragraphe de cette proclamation, Napoléon avait voulu exiger qu'un certain nombre de soldats autrichiens le secondassent en Espagne. Celles qui commencent l'avant-dernier paragraphe donnent à penser, que l'empereur d'Autriche comptait voir l'armée de Napoléon s'affaiblir bientôt par une dé* fection d'alliés, semblable à celle qui, en 1813,

la mit dans un si grand danger à la bataille de Leipsick.

Haranguée à la française, l'armée autrichienne fut encore organisée comme la nôtre, c'est-à-dire partagée en corps d'armée complets pour toutes les armes, ayant un état-major particulier, une administration intérieure, pouvant conséquemment agir par eux-mêmes, en cas de séparation, et offrant, dans leur réunion, une subdivision commode pour tous les mouvemens partiels et le détail des subsistances. Ces précautions ne purent cependant lui gagner la victoire,

Les corps d'armée autrichiens étaient au nombre de onze, en comptant deux de réserve; chacun d'eux se composait de trente mille hommes environ, Les six premiers de ces corps, ainsi que les deux de réserve, formant l'armée principale, commandée immédiatement par l'archiduc Charles, devaient opérer en Allemagne. Le septième corps, sous les ordres de l'archiduc Ferdinand, et concentré en Galicie, était destiné à faire la conquête dų

grand duché de Varsovie; les huitième et neuvième corps, obéissant à l'archiduc Jean, devaient marcher sur l'Italie par la Carinthie et la Carniole. · L'armée principale commença ses opérations par l'envahissement de la Bavière,

La première affaire importante fut la bataille de Tann, livrée, le 19 avril, par les Autrichiens au duc d'Averstaedt ( le maréchal Davoust ). Ce général, dont le corps d'armée avait passé l'hiver de 1808 à 1809, dans la Thuringe et la principauté de Bayreuth, venait, par l'ordre de Napoléon , joindre i'armée bavaroise sur l'Abens ; car tous - les princes de la confédération du Rhin faisaient, dans ce moment, cause commune avec l'empereur des Français: il battit les Autrichiens, leur tua prés de deux mille hommes, parmi lesquels on compta plusieurs de leurs généraux et un grand nombre de leurs officiers, et leur fit sept cents prisonniers. Les divisions Saint-Hilaire et Friant se couvrirent de gloire à la bataille de Tann.

Au même moment, les Bavarois , secondés par une division française aux ordres du général Morand , défaisaient trois régimens ennemis à Arnhoffen, et le général Oudinot culbutait à Psaffenhoffen un détachement du sixième corps de l'armée autrichienne..

Le ministre des relations extérieures de France, le 12 avril, s'était exprimé en ces termes dans un

rapport à Napoléon: « Sire, vos armes victorieuses vous avaient rendu maître de Vienne; la plus grande partie des provinces autrichiennes étaient occupées par vos armées; le sort de cet empire était entre vos mains. L'empereur d'Autriche vint trouver votre majesté au milieu de son camp: il vous conjura de mettre fin à cette lutte devenue si désastreuse pour ceux qui l'avaient provoquée ; il offrit de vous laisser désormais, libre d'inquiétudes sur le continent, employer toutes vos forces à la guerre contre l'Angleterre , et reconnut que le sort, des armes vous avait donné le droit d'exiger ce qui pourrait vous convenir; il vous jura une amitié et une reconnaissance éternelles. Votre majesté fut touchée de ce triste exemple des vicissitudes humaines'; elle ne put voir, sans une profonde émotion , ce monarque , naguère si puissant, dépouillé de sa force et de sa grandeur : elle se montra généreuse - envers la monarchie , envers le souverain, envers la capitale; elle pouvait garder ses immenses conquêtes, elle en rendit la plus grande partie. L'empire d'Autriche exista de nouveau: la couronne fut raffermie sur la tête de son monarque : l'Europe ne vit pas sans étonnement cet acte de grandeur et de générosité. Votre majesté n'a pas recueilli le tribut de reconnaissance qui lui était dû : l'empereur d'Autriche a bientôt oublié ce serment d'une amitié éternelle, etc. » . is

L'archiduc avait, dès le 9 avril , adressé la lettre suivante au général en chef de l'armée française en Bavière : .

i .. « Au quartier général, le 9 avril 1809. « D'après une déclaration de S. M. l'empereur d'Autriche, à l'empereur Napoléon , je préviens M. le général en chef de l'armée française , que j'ai l'ordre de me porter en avant, avec les troupes sous mes ordres , et de traiter en ennemies toutes celles qui me feront résistance.

» Signé Chantes. » Napoléon , informé, le 12 avril , que les Autrichiens avaient passé l'Inn , partit sur-le-champ de Paris. Le 16, il vità Dillingen le roi de Bavière , et lui promit de venger la nouvelle injure faite à sa maison, en le faisant plus grand que ne l'avait jamais été aucun de ses ancêtres. Le 17, dans la nuit, son quartier général fut établi à Donawerth, et de là il mit son armée en mouvement , répondant par la proclamation suivante à celle de l'archiduc Charles : . « SOLDATS !

« Le territoire de la Confédération du Rhin a été violé. Le général autrichien veut que nous fuyions à l'aspect de ses armes, et que nous lui abandonnions nos alliés ; il arrive avec la rapidité de l'éclair.

*« Soldats! j'étais entouré de vous , lorsque le souverain de l'Autriche vint à mon bivouac de Mo

ravie ; vous l'avez entendu implorer ma clémence, et me jurer une amitié éternelle. Vainqueurs dans trois guerres, l'Autriche a dû tout à notre générom sité ; trois fois elle a été parjure! nos succès passés nous sont un sûr garant de la victoire qui nous attend. Marchons donc , et qu'à notre aspect l'ennemi reconnaisse son vainqueur, »

Dans toute affaire il faut entendre les deux parties, quoiqu'il soit souvent impossible de prononcer entre elles, faute de renseignemens assez exacts.

Observant avec soin l'armée autrichienne, Napoléon remarqua qu'elle était divisée en deux portions presque isolées : l'aile droite, sous la direction spéciale de l'archiduc Charles, et l'aile gauche, ayant à sa tête l'archiduc Louis , ne communiquaient entre elles qu'au moyen d'un corps trop peu considérable , qui venait encore d'être affaibli par un échec que lui avaient fait essuyer les-Bavarois. Il résolut donc de séparer entièrement ces deux ailes , en faisant un premier effort sur le corps intermédiaire, et ensuite d'essayer de les battre particulièrement, en les attaquant l'une après l'autre avec des forces infiniment supérieures. Ce plan faisait perdre aux Autrichiens l'avantage im.mense qu'ils avaient du côté du nombre; il fut exécuté avec la plus grande habileté.

. Tandis que le duc d'Averstaedt, avec vingt-six mille hommes, restait en présence de l'archiduc - Charles qui en avait cent trente mille environ à sa

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