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vaient guère se terminer que par sa perte ; mais il n'en portait pas moins un coup terrible au gouvernement britannique. En vain ce gouvernement essaya-t-il, pour le rendre dès les premiers momens, particulier à son ennemi, de balancer par la terreur de ses forces maritimes, celle qu'inspiraient les armées de terre de Napoléon : son entreprise sur Constantinople, en échouant, le couvrit de ridicule aux yeux mêmes des Anglais ; et le bombardement de Copenhague , et l'enlèvement de la flotte danoise, ne firent qu'aigrir les esprits au lieu de les soumettre, et assurer pour quelque temps, de la part de toute l'Europe, l'exécution franche du blocus continental. Il ne lui resta bientôt plus, pour vider ses magasins, ét produire de la sorte dans le commerce national, un mouvement qui mît les Anglais en état de payer d'excessifs impôts, (1) d'autre ressource que celle de faire de côtés et d'autres des descentes inattendues, dans lesquelles il vendait de force ce que les agens de Napoléon faisaient bientôt brûler; ressource insuffisante, et qui ne pouvait à la longue que rendre généralement odieux le peuple qui l'em-ployait. Il gagna donc secrètement l'Autriche, lui

(1) Pendant l'année 1808, la dépense publique de l'Angleterre fut de cinq cent millions sterling, ( deux milliards cent millions ). Celle de France, y compris la Belgique , ne monta qu'à sept cent trente millions,

promettant de l'aider par des diversions importantes dans une guerre, dont il ferait d'ailleurs les frais, et qu'il prétendait destinée par son succès infaillible, à réintégrer dans tous ses droits et possessions, l'ancien chef du corps germanique.

La première des diversions promises par l'Angleterre était un débarquement en Espagne. A peine ce débarquement, en insurgeant toute la péninsule , y eut-il attiré la majeure partie de l'armée française, ses corps d'élite, et Napoléon luimême, que l'Autriche, qui armait extraordinairement depuis le commencement de 1808, sous prétexte de se tenir en mesure contre les Turcs, témoigna assez clairement que c'était contre la France qu'elle voulait agir. Des proclamations semi - officielles , répandues dans les états héréditaires , appelant les peuples à reconquérir l'indépendance politique de l'Allemagne entière, et les mouvemens des troupes, découvrirent le secret. Napoléon, dans ce moment, avait besoin de vivre en paix avec l'Autriche : il fit tout pour détourner l'orage, et revenu d'Espagne à Paris, proposa même la médiation de la Russie pour redresser les griefs que mettait en ayant le monarque autrichien ; mais tout fit inutile. Le 6 avril, l'archiduc Charies, nommé généralissime des armées de son frère, les appela aux combats. On avait, non sans raison, remarqué que les allocutions de Napoléon animaient les soldats français, et en faisaient sur

les champs de bataille des hommes plus qu'ordinaires : on voulut se servir du même moyen pour se procurer une heureuse entrée en campagne, sans réfléchir que des avantages réels suivaient, pour les soldats français, les discours que leur adressait leur chef, et que celui-ci ne haranguait en chevaliers et en officiers, que des hommes que leur courage, leur zèle et leur aptitude, pouvaient en effet d'un moment à l'autre, élever dans les événemens de la guerre, aux honneurs de la chevalerie et des grades militaires,

« Le salut de la patrie nous appelle à de nouveaux exploits, dit l'archiduc dans sa proclamation.

» Aussi long-temps qu'il a été possible de conserver la paix par des sacrifices, et aussi long-temps que ces sacrifices ont été compatibles avec l'honneur du trône, avec la sûreté de l'état et avec la prospérité de la nation, notre monarque chéri a imposé silence à tout sentiment pénible de son cour; mais quand tous nos efforts sont inutiles pour garantir notre heureuse indépendance contre l'ambition insatiable d'un conquérant étranger; quand d'autres nations tombent autour de nous, et que des souverains légitimes sont arrachés des cours de leurs sujets ; quand le danger d'un assujettissement général menace aussi les états heureux de l'Autriche et ses habitans paisibles, alors la patrie demande de nous son salut, et nous sommes prêts à la protéger.

» Şur vous, mes chers compagnons d'armes , sont fixés les yeux du monde entier et de tous ceux qui chérissent encore l'honneur national et la prospérité publique. Vous ne partagerez jamais la honte de devenir les instrumens de l'oppression ; vous ne ferez jamais dans des climats lointains, des guerres sans fin, pour satisfaire à une ambition dévastatrice ; vous ne verserez jumais votre sang pour un intérêt étranger et pour l'avidité d'autrui ; sur vous ne tombera jamais la malédiction d'avoir exterminé des peuples innocens, et d'avoir frayé le chemin à un étranger à travers les cadavres des fenseurs de leur patrie , pour atteindre un trốne usurpé.

» Un sort plus propice vous attend. La liberté de l'Europe s'est réfugiée sous vos drapeaux; vos victoires feront tomber ses chaînes, et vos frères de la Germanie ( encore aujourd'hui dans les rangs ennemis ) attendent de vous, leur délivrance, La lutte est juste, sans quoi je ne serais pas aujourd'hui à votre tête,

» Nous renouvellerons dans les environs d'Ulm et de Marengo, que l'ennemi nous rappelle si souvent avec jactance, les exploits glorieux de Wurtzbourg et d’Ostrach, de Leiptingen et de Zurich, de Vérone, de la Trébia et de Novi; vos armes donneront à notre chèrè patrie, une paix durable ; mais nous ne pouvons atteindre ce noble but que par de grandes vertus. L'obéissance absolue, la discipline

la plus sévère, le courage persévérant et la fermeté inébranlable dans les dangers, sont les compagnons de la véritable bravoure. L'unité de la volonté et les opérations combinées de la masse entière amènent la victoiré. - » Sa majesté, mon souverain et frère, m'a donné des pouvoirs étendus tant pour récompenser que pour punir. Je serai toujours au milieu de vous, et c'est de vos chefs que vous recevrez sur le champ de bataille les premiers remercimens de la patrie...

» Bientôt des troupes étrangères se joindront cordialement à nous pour combattre un ennemi commun : ce sont de braves compagnons d'armes; respectez-les, soutenez-les comme vos frères. Ce n'est pas une vaine jactance, mais ce sont de nobles faits d'armes qui honorent le guerrier : c'est par votre valeur en présence de l'ennemi que vous deyeż prouver que vous êtes les premiers soldats du monde.."

» C'est ainsi que je vous reconduirai un jour dans la patrie, accompagnés de l'estime de nos ennemis et de la reconnaissance des nations étrangères, après avoir obtenu par nos armes une paix honorable. C'est alors que vous jouirez de la satisfaction de notre monarque, de l'approbation du monde entier, qui sont la récompense de la valeur, enfin des bénédictions de vos concitoyens, et du sentiment d'avoir mérité le repos qui vous attend.» .

A en juger par les lignes que nous avons fait

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