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comme les principaux citoyens de la Cisalpine. Vous m'avez donné les renseignemens nécessaires pour remplir la tâche auguste que m'imposait mon devoir, comme premier magistrat du peuple français, et comme l'homme qui a le plus contribué à votre création.. : » Les choix que j'ai faits pour remplir vos premières magistratures, l'ont été indépendamment de toute idée de parti , de tout esprit de localité. *. » Celle de président, je n'ai trouvé personne parmi vous qui eût encore assez de droits sur l'opinion publique , qui füt assez indépendant de l'esprit de localité, et qui eût enfin rendu d'assez grands services à son pays, pour la lui confier........... Je conserverai encore, pendant le temps que les circonstances le voudront, 'grande pensée de vos affaires,. .

Tant que dura la" magistrature dont Bonaparte s'investit ce jour-là, il prit dans tous les actes publics, le titre de président de la république italienne, et non cisalpine , puisque cela était ainsi convenu avec la Consulta. Il avait aussi été décidé, que le président de la république italienne, devant rester dix ans en fonctions, était indéfiniment rééligible. - Six'mois après , la situation des affaires étant toujours aussi' favorable , Bonaparte, 'poursnivant son chemin, se fit donner en France le premier consulat à vie. On y ajouta la faculté de désigner son successeur. Ses partisans crurent, dans ce moment,

Ratuiu d'asse l'espri faire pour lui tout ce qu'il était possible de faire ; encore prit-on bien du temps et du soin pour préparer les esprits. :

Quelques mois encore, et changeant la république helvétique ( la Suisse ) en confédération hel vétique , il s'en fit déclarer le protecteur, et le protecteur, ,

, On ne se hasarda à parler de l'empire que près de deux ans plus tard. On y mit aussi bien de la précaution et de la manouvré. On s'appuya surtout des craintes que pouvaient inspirer aux hommes de la révolution deux événemens dont nous allons rendre compte à nos lecteurs.

Louis - Antoine -Henri de Bourbon Condé, duc d'Enghien, était né à Chantilly, près Paris, le 22 août 1772. Ce prince, ayant quitté la France à l'époque de la révolution, avec son père et son grandpère, le duc de Bourbon et le prince de Condé, avait servi avec gloire dans les troupes, au inoyen desquelles les différens souverains de l'Europe avaient long-temps essayé de rétablir le trône des Bourbons; mais en 1804, il vivait à Etteinheim, dans le Brisgaw , absolument tranquille, et, en apparence du moins, étranger à tout projet politique. Tout à coup deux généraux français arrivèrent à Etteinheim, à la tête de quelques troupes , qui cernèrent la maison occupée par le prince. On était alors au 14 de mars,, et cette scène se passait au commencement de la nuit. Le duc d'Enghien fut enlevé,

On le fit voyager très-rapidement. Arrivé à Vine cennes, qui devait être le terme de son fatal voyage, le prince, exténué de besoin et de fatigue , prit å peine un léger repas; il se jeta ensuite sur un mauvais lit disposé précipitamment dans une pièce à l'entresol, ét s'endormit profondément. Vers les onze heures du soir, on l'éveilla. On le conduisit dans une pièce du pavillon du milieu, faisant face au bois; là, il était attendu par hụit officiers supérieurs composant une commission militaire. Divers chefs d'accusation furent articulés contre lui, entre autres ceux d'être le chef d'un rassemblement d'émigrés formé sur les frontières de France, dans les pays de Fribourg et de Bade, et le compliced'une conspiration tramée par les Anglais contre les jours du premier consul. « Je me bats, et ne conspire pas », répondit le prince; et il demanda qu'on lui donnât le temps convenable pour rassembler les documens nécessaires à sa justification. On dit que les juges ne furent pas maîtres de leur conduite; que ne trouvant point matière à asseoir, un jugement, ils en référèrent à Bonaparte, qui pour toute réponse écrivit ces mots au bas de la lettre qu'ils lui avaient adressée : condamné à niort. Quoi qu'il en puisse être, ils prononcèrent effectivement la peine capitale contre l'infortuné prince. C'était un héros, mais un héros chrétien; il demanda un confesseur, Un sourire insultant, et presque général, accompagna la réponse suivante que lui fit un de ses juges : « Estce que tu veux mourir en capucin : un prêtre! bah! ils sont tous couchés à cette heure. » Le prince, indigné, ne répondit pas un seul mot; il s'agenouilla, éleva son âme à Dieu , et après un moment de recueillement, il se releva et dit : « Marchons. »

On le fit descendre dans le fossé sec du château, par un escalier étroit, obscur et tortueux. Le prince se retourna vers l'officier qui commandait le détachement de soldats par lequel il était suivi, et lui dit : « Est-ce que l'on veut me plonger tout vivant dans un cachot? Suis-je destiné à périr dans les oubliettes ? -Non, monseigneur , lui répondit en pleurant cet officier qui avait été élevé dans la maison de Condé, et qui, en ce moment, en conservait un cher et douloureux souvenir, soyez tranquille, » - On arriva au lieu de l'exécution. Le duc d'Enghien, voyant à l'appareil qui l'environnait, qu'il s'agissait d'être passé par les armes, s'écria : « Ah! grâce au ciel, je mourrai de la mort d'un soldat! » Au moment d'être frappé, le descendant du grand Condé, dit de l'air le plus intrépide aux militaires qui allaient lui donner la mort : « Allons, mes amis ! » :

La mort du duc d'Enghien fit généralement la plus mauvaise impression. On murmura hautement dans Paris autour des colporteurs, qui le lendemain crièrent son arrêt. La troupe, que la discipline militaire avait contrainte à l'exécution, parut pendant plusieurs jours, triste, morne et embarrassée.

Beaucoup de royalistes, plus jaloux da triomphe de leur opinion, que clairvoyans, s'étaient obstinés, jusque-là, à voir dans Bonaparte un homme qui se préparait secrètement les moyens de jouer en France le rôle que Monek avait joué en Anglererre. Cette entreprise, plus horrible peut - être que celle de Cromwel, en ce que Charles Ier, se trouvait sur le chemin de Cromwel, et que le due d'Enghien n'était pas sur celui de Bonaparte , leur ouyrit tout d'un coup les yeux, comme le consulat à vie avait soudainement tiré de leur erreur ceux des républicains qui voulaient deviner dans le premier consul décennaire , un Camille et un Cincinnatus.

Une autre affaire, se liant peut-être à celle-ci, avait éclaté vers la fin du moins précédent. Un certain nombre d'émigrés s'étaient introduits en France, réservés à tenter le rétablissement du roi. N'agissant pas d'un mouvement spontané, et obéissant aveuglément à des ordres tels que ceux qu'un chef peut donner à des militaires, il paraît qu'ils n'avaient pas de plan à arrêter entre eux pour le grand coup d'état, dont ils devaient être les instrumens ; qu'envoyés seulement à Paris, ils savaient qu'ils y seraient joints à une certaine époque par un prince français non désigné, dont ils receyraient des ordres. Ils croyaient que la première opération que ces ordres prescriraient à une partie d'entre eux, serait d'enlever le premier consul, et de le transporter en Angleterre.

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