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reur Napoléon. (Note 4.) La Russie et la Prusse s'engagèrent, de plus, à fermer leurs ports au commerce anglais ; dernière condition qui était un abus imprudent de la victoire, lequel blessant deux souverains puissans et voisins, dans leur gloire et dans leur indépendance, ne pouvait manquer de leur faire , un peu plus tard, reprendre les armes contre la France,

Cette paix laissa néanmoins quelques instans de repos; la France enjouit avec enthousiasme. Jamais elle ne s'était vue aussi grande et aussi chargée de lauriers. Elle savait aussi payer un noble tribut de sa reconnaissance à ses héros; le décret suivant, émané de son chef, après la bataille de Jéna, en est un témoignage glorieux :

« 1°. Il sera établi, sur l'emplacement de la Madelaine de notre bonne ville de Paris, un monument dédié à la grande armée, portant sur le frontispice : Napoléon aux soldats de la grande armée;

» 2°. Dans l'intérieur du monument seront inscrits sur des tables de marbre, les noms de tous les hommes, par corps d'armes et par régimens , qui ont été aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz, et de Jéna; et sur des tables d'or massif les noms de tous ceux qui sont morts sur le champ de bataille. Sur des tables d'argent sera gravée la récapitulation, par département, des soldats que chaque département a fournis à la grande armée; 3o. Autour de la salle seront sculptés des basreliefs où seront représentés les colonels de chacun des régimens de la grande armée, avec leurs noms. Ces bas-reliefs seront faits de manière que les colonels soient groupés autour de leurs généraux de division et de brigade par corps d'armée. Les statues en marbre des maréchaux qui ont commandé des corps, ou qui ont fait partie de la grande armée, seront placées dans l'intérieur de la salle ;

4o. Les armures, statues, monumens de toute espèce, enlevés par la grande armée dans ces deux campagnes ; les drapeaux, étendards et timballes conquis par la grande armée avec les noms des régimens ennemis auxquels ils appartenaient, seront déposés dans l'intérieur du monument;

» 5°. Tous les ans, aux anniversaires des batailles d'Austerlitz et de Jéna, le monument sera illuminé, et il sera donné un concert, précédé d'un discours sur les vertus nécessaires aux soldats , et d'un éloge de ceux qui périrent sur le champ de bataille dans ces journées mémorables. Un mois auparavant, un concours sera ouvert pour recevoir la meilleure pièce de musique et de poésie analogue aux circonstances. Une médaille d'or de cent cinquante doubles napoléons sera donnée aux auteurs de chacune de ces pièces qui auront remporté le prix. Dans les discours et odes, il est expressément défendu de faire aucune mention de Napoléon;

» 6o. Les travaux commenceront avant le 1er, mai 1807, et devront être achevés ayant l'an 1809;

» 7o. Il sera acheté cent mille francs de rente en inscriptions sur le grand-livre, pour servir à la dotation du monument et à son entretien annuel...

» Une fois le monument construit; le grand conseil de la légion d'honneur sera chargé de sa garde, de sa conservation et de tout ce qui est relatif au concours annuel. »

On vit entrer solennellement dans Paris, l'épée, la ceinture et la décoration du grand Fréderic, ainsi que les drapeaux de sa garde pendant la guerre de sept ans. Napoléon avait voulu que ces nobles dépouilles, trouvées à Postdam, auprès du tombeau de ce grand roi, fussent jointes aux trophées nombreux déjà rassemblés à l'hôtel des Invalides : il eût, sans doute, mieux fait de les laisser dans l'asile religieux qu'on leur avait donné ; la tombe des héros veut être respectée, et les fautes ou les malheurs de leurs enfans ne donnent pas le droit de porter atteinte à leur gloire. · Cependant ce fut peut-être à Postdam que Napoléon montrale plus de grandeur: c'estlà du moins qu'il fit la plus belle action de sa vie politique, Le prince de Hatzfeld, prussien, avait été chargé par lui du gouvernement civil de Berlin. On découvrit bientôt qu'il instruisait secrètement le roi de Prusse, des mouvemens des Français. Il fut arrêté, et il allait être traduit devant une commission militaire. Madame la princesse de Hatzfeld, enceinte de huit

mois, vint se jeter aux pieds de Napoléon. Elle croyait seulement son mari victime de la haine que son père, le ministre Schulembourg, portait à la France. Napoléon l'eut bien vite détrompée, en lui faisant connaître le véritable délit qu'on imputait au prince. La princesse alors cria à la calomnie : Vous connaissez l'écriture de votre mari, lui répartit Napoléon, je vais vous faire juge ; et il lui montra la correspondance qui avait été interceptée. Madame de Hatzfeld perdait connaissance à chaque ligne de cette correspondance : Eh bien , madame, lui dit Napoléon ému, vous tenez cette lettre , jetezla au feu; cette pièce anéantie, je ne pourrai faire condamner votre époux. Ces paroles sont vraiment d'un souverain, et jamais grâce n'a été plus noblement accordée par aucun. Napoléon y avait bien préludé chez le grand-veneur de Saxe, dans la maison duquel un orage l'avait forcé de se réfugier. On lui présenta une Egyptienne, veuve d'un offiçier français. Il lui fit une pension de 1200 francs, et, se chargeant en même temps de l'éducation de son enfant, dit ces belles paroles aux personnes de sa suite : C'est la première fois que je mets pied à terre pour un orage ; j'avais le pressentiment qu'une bonne action m'attendait . Si

Le 27 juillet il était de retour à Saint-Cloud. Le 15 août il assista å up Te Deum, qui fut chanté dans la cathédrale de Paris en actions de grâces de la paix; et le lendemain, il ouvrit solennellement la

session du corps législatif, par un discours qui, à la fois, faisait connaître la situation brillante de la France, et annonçait que son gouvernement allait subir des changemens ou modifications.

.« Messieurs les députés des départemens, mes. sieurs les tribuns et les membres de mon conseil d'état, dit-il ce jour-là, depuis votre dernière session, de nouvelles guerres, de nouveaux triomphes, de nouveaux traités de paix, ont changé la face de l'Europe politique.

» Si la maison de Brandebourg , qui la première se conjura contre notre indépendance, règne encore , elle le doit à la sincère amitié que m'a inspirée le puissant empereur du nord.

» Un prince français règnera sur l'Elbé. Il saura concilier les intérêts de ses nouveaux sujets avec ses premiers et ses plus sacrés devoirs.

» La maison de Saxe a recouvré, après cinquante ans, l'indépendance qu'elle avait perdue.

» Les peuples du duché de Varsovie et de la ville de Dantzick ont recouvré leur patrie et leurs droits.

» Toutes les nations se réjouissent, d'un commun accord, de voir l'influence malfaisante que l'Angleterre exerçait sur le continent, détruite sans retour.

» La France est unie aux peuples de l'Allemagne par les lois de la confédération du Rhin, à ceux des Espagnes, de la Hollande, de la Suisse et des Italies, par les lois de notre système fédératif. Nos

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