Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

constitutions qui en firent des provinces françaises. Le renouvellement de la guerre avec l'Angleterre fut une suite de ces actes arbitraires.

» Cependant la paix ne fut pas interrompue sur le continent; l'empire germanique l'avait achetée par des sacrifices énormes. Ce fut au milieu de cette paix que les troupes françaises envahirent l'électorat d'Hanovre, auquel la guerre entre la France et la Grande-Bretagne devait être étrangère. Ce fut au milieu de cette paix que les mêmes troupes violèrent l'indépendance du territoire allemand d'une manière plus outrageante encore : les Allemands n'ont pas vengé la mort du duc d'Enghien ; mais jamais le souvenir de ce forfait ne s'effacera parmi eux.

» Le traité de Lunéville garantissait l'indépendance des républiques d'Italie. En dépit des promesses les plus solennelles, Napoléon plaça sur sa tête la couronne de fer; Gênes fụt réuni à la France; Lucques eut le même sort. Le Portugal n'obtint la permission de garder la neutralité qu'au poids de lor. Ces faits étaient toujours accompagnés d'un système d'injures et d'outrages.

» La Prusse ne pouvait voir avec indifférence ces vexations. On sait trop ce que la Prusse a fait pour obliger Napoléon. Ce fut la première puissance qui reconnut ce prince. Tout ce que le devoir d'un bon voisin peut commander, la Prusse l'avait accompli pendant six années consécutives. Il y a plus : la Prusse avait conservé une haute estime pour une nation vaillante qui avait appris à son tour à estimer la Prusse. Le roi se plaisait à rendre justice au génie du chef des Français. Il ne voulait pas rompre des liens que la nature des choses et une certaine communauté d'intérêts avaient for més. Le souvenir de ce temps n'existe plus pour Napoléon. .

» La Prusse permit l'invasion de l'électorat d'Hanovre; c'est une faute qu'elle se reproche. La Prusse refusa d'entrer dans la quatrième coalition, qui fut si funeste à l'Autriche. La Prusse ferma les yeux sur la violation que les Français firent de son territoire de Bayreuth , le 3 octobre de l'année dernière.... C'est ainsi que se prolongea, pendant plusieurs années, un combat remarquable entre la modération et la bonne foi d'une part, l'insolence et l'abus du pouvoir de l'autre.

» Le roi avait enfin appris à connaître l'empereur des Français; il déclara qu'il se regardait comme dégagé de toutes les obligations contractées avec lui; il mit ses armées sur pied; mais, se tenant sur la défensive , on sait les désagrémens que son inaction lui attira de la part de l'Angleterre. - » La France n'y gagna rien; mais elle triomphait en secret de l'idée d'avoir brouillé deux cours, dont l'accord pouvait lui devenir funeste.

» De nouveaux griefs ont mis le comble à l'insolence des Français et poussé à bout la patience du roi.

» La base du traité de Presbourg était le statu quo du moment de la signature, et par conséquent la garantie de l'empire germanique constitué comme il était. Le traité garantissait à François II les rapports dans lesquels la paix le plaçait, et par conséquent la couronne d'Allemagne, et les prérogatives qui y étaient attachées. La même garantie . commune confirmait et resserrait le lien, qui, de

puis tant de siècles, attachait la Bavière et le Wurtemberg à l'empire. Trois mois après, la confédération du Rhin renversa la constitution de l'empire germanique, ravit à l'empereur le plus beau joyau de sa couronne , et plaça la Bavière, le Wurtemberg, etc.... sous la tutelle de la France.

» Mais, pour juger cet événement mémorable, est-il nécessaire d'avoir recours aux traités ? Les nations ont des droits avant les conventions diplomatiques : et quand la France ne se serait pas jouée de la sainteté des sermens, cet acte d'un despotisme sans exemple n'en aurait pas moins révolté tous les esprits.

» Priver de leur souveraineté des princes qui n'avaient jamais offensé la France; les transformer en vassaux de quelques vassaux du gouvernement français; anéantir d'un coup de plume une constitution qui date depuis plus de mille ans, qu'une longue habitude et des rapports réciproques avaient rendue chère à tant de princes, que toutes les puissances de l'Europe et la France elle-même avaient si souvent garantie; l'anéantir malgré le désespoir des victimes, et les remords des complices; l'anéantir sans en prévenir l'empereur d'Allemagne, auquel on ravissait une couronne; sans consulter la Russie, qui, naguère encore, avait garanti la ligue germanique, ni la Prusse, si essentiellement intéressée à l'existence de cette ligue ! certes ! on a vu de grandes catastrophes produites par le fléau de la guerre; mais jamais, aumilieu de la paix, on n'avait osé donner à l'universo ụn pareil spectacle ! »

Après avoir ici précisé quelques-unes des suites désastreuses de cet attentat à la liberté germanique, le roi de Prusse continuait en ces termes : :

« Le dernier doute sur les intentions de Napoléon avait disparu; des troupes de l'intérieur de la France marchaient vers le Rhin; il était évident que la Prusse allait être attaquée; un temps précieux se perdait. Le roi fit présenter par le général Knobelsdorff une note renfermant les conditions auxquelles il consentait à s'arranger. La note resta sans réponse.

» Désormais le roi ne peut confier qu'aux armes l'honneur et la sûreté de sa personne. Il les prend avec un sentiment pénible , parce qu'une gloire qui coûtera des larmes à son peuple n'a jamais pu le tenter : il les prend avec confiance, parce que sa cause est juste. Le roi a poussé la condescendance jusqu'au dernier point : l'honneur ne lui permet pas

d'aller plus loin. Le roi a supporté tout ce qui ne regardait que sa personne; il s'est mis au-dessus des jugemens de l'ignorance et de la calomnie, dans l'espoir qu'il pourrait conduire son peuple sans secousse à l'époque qui arrivera peut-être tard, mais qui arrivera (infailliblement, où l'usurpation trouvera son terme, l'ambition son châtiment, et l'hondeur sa récompense. »

Cependant l'ennemi que voulait abattre le descendant du grand Fréderic était sur ses gardes. A peine le roi de Prusse avait-il commencé à mettre son armée sur le pied de guerre, que l'empereur des Français, faisant usage du pouvoir que lui donnait son titre de protecteur de la confédération du Rhin, avait écrit à tous les princes confédérés : « Que la Prūsse armait depuis un mois, sans cause et sans raison; que ces armemens lui paraissaient le résultat. d'une coalition avec la Russie et l'Angleterre, dirigée principalement contre la confédération du Rhin ; que, dans ce cas, il lui paraissait urgent de convoquer les forces que la confédération du Rhin était obligée de fournir pour la défense de ses intérêts communs ; qu'au lieu de deux cent mille hommes que, par le traité, la France devait fournir, elle en fournirait trois cent mille; et que les troupes nécessaires pour compléter ce nombre, seraient transportées en poste sur le Rhin. » .

Tandis que cette dernière disposition s'exécutait effectivement avec toute la célérité possible, Napo

« ZurückWeiter »