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trouva réunie au royaume d'Italie, et la constitution germanique fut abolie; le chef de la maison d'Autriche , ensuite des concessions qu'il faisait , ne fut plus , à bien parler, qu'empereur d'Autriche, et non pas d'Allemagne. ( Note 3.) · Le roi de Naples s'était engagé, par un traité formel, à garder la neutralité la plus exacte pendant la guerre de 1805; il ne devait surtout confier le commandement de ses armées ou de ses places à aucun officier russe , autrichien, anglais, ou émigré français. Cependant, le 20 novembre, des Russes, des Anglais et des Esclavons débarquèrent amicalement à Naples, et les troupes napolitaines reçurent l'ordre d'obéir au général Lasci qui commandait les Russes. Délivré des ennemis qu'il avait eu à combattre, Napoléon songea à tirer vengeance de la cour de Naples. Une armée française et italienne marcha bientôt contre elle, ayant à sa tête l'aîné des frères de l'empereur des Français. La proclamation suivante, en date du 27 décembre, avait appris à cette armée, où elle allait, et quels griefs elle était appelée à redresser. « Soldats, était-il dit dans cette proclamation, depuis dix ans j'ai tout fait pour sauver le roi de Naples : il a tout fait pour se perdre. Après les batailles de Dégo, de Mondovi, de Lodi, il ne pouvait m'opposer qu'une faible résistance : je me fiai aux paroles de ce prince et fus généreux envers lui. Lorsque la seconde coalition fut dissoute à Marengo, le roi de Naples, qui, lo premier, avait commencé cette injuste guerre, abandonné à Lunéville par ses alliés, resta seul sans défense : il m'implora; je lui pardonnai une seconde fois. Il y a peu de mois que vous étiez aux portes de Naples. J'avais d'assez légitimes raisons de pressentir la trahison qui se méditait, et de venger les outrages qui m'étaient faits. Je fus encore généreux: je reconnus la neutralité de Naples; je vous ordonnai d'évacuer ce royaume'; et pour la troisième fois, la maison de Naples fut affermie et sauvée. Pardonnerons-nous une quatrième fois ? Nous fierons-nous, une quatrième fois, à une cour sans honneur, sans raison? Non! non ! la dynastie de Naples a cessé de régner; son existence est incompatible avec le repos de l'Europe et l'honneur de ma couronne. Soldats, marchez , précipitez dans les flots, si tant est qu'ils vous attendent, ces débiles bataillons des tyrans des mers. Montrez au monde de quelle manière nous punissons les parjures. Ne tardez pas à m'apprendre que l'Italie entière est soumise à mes lois ou à celles de mes alliés; que le plus beau pays de la terre est enfin affranchi du jong des hommes les plus perfides; que la sainteté des traités est vengée, et que les mânes de mes braves soldats, égorgés dans les ports de la Sicile à leur retour. d'Egypte, après avoir échappé à tous les périls des naufrages de la mer, des déserts et de cent combats, sont enfin apaisés. Soldats ! mon -frère marche à votre tête; il connaît mes projets ; il est dépositaire de toute mon autorité ; il a toute ma confiance, honorez-le de la vôtre. »

En vain le roi de Naples voulut-il détourner la tempête prête à fondre sur lui; ses envoyés ne furent pas même écoutés. A l'approche de Joseph Napoléon les troupes de la coalition disparurent. Les Russes allèrent joindre les vaisseaux qui les attendaient à Baies pour les transporter à Corfou ; les Anglais s'embarquèrent à Castellamare : le roi Ferdinand se vit réduit aux seules forces napolitaines qui furent bientôt dissoutes. Lui et sa famille ne tardèrent pas à être forcés de se réfugier en Sicile, et Joseph Napoléon fut, par son frère, proclamé roi du pays qu'il venait de conquérir.

En revenant à Paris, Napoléon s'arrêta quelques jours à Munich, pour y être témoin du mariage du vice-roi d'Italie, son beau-fils, avec une fille du roi de Bavière. Il adopta en même temps ce jeune prince, afin de le rendre habile à porter plus tard la couronne italienne, qui ne devait rester sur la tête de l'empereur des Français que jusqu'à la paix générale.

La victoire avait consacré les empiètemens auxquels les empereurs de Russie et d'Autriche avaient voulu vainement s'opposer: de nouvelles entreprises ne tardèrent pas à amener de nouveaux combats. ; '

. La première fut la création d'un royaume de Hollande en faveur de celui des frères de Napoléon dont le prénom était Louis. Elle se fit de la manière suivante.

Le jeudi 5 juin 1806, une députation extraordinaire des états-généraux de Hollande ayant été présentée à l'audience de l'empereur des Français, le vice-amiral Verhuel, président, parla en ces termes :

« SIRE,

» Les représentans d'un peuple connu par sa patience courageuse dans les temps difficiles, célèbre par la solidité de son jugement et par sa fidélité à remplir ses engagemens, nous ont donné l'honorable mission de nous présenter. devant le trône de Votre Majesté. Ce peuple a beaucoup souffert des agitations de l'Europe et des siennes. Témoin des catastrophes qui ont renversé quelques états, victime des désordres qui les ont tous ébranlés, il a senti la nécessité de se placer sous la première des sauvegardes politiques de l'Europe. Nous sommes chargés, Sire, d'exprimer à Votre Majesté le võu de nos représentans; nous la supplions de nous accorder comme chef suprême de notre république, comme roi de Hollande, le prince Louis Napoléon, frère de Votre Majesté, auquel nous remettons, avec une entière et respectueuse confiance, la garde de nos lois, la défense de nos droits politiques, et tous les intérêts de notre patrie. » · L'empereur des Français répondit :

.. « MM. les représentans du peuple batave, « J'ai toujours regardé comme le premier intérêt de ma couronne de protéger votre patrie..... J'adhère à vos veux. Je proclame roi de Hollande le prince Louis. Vous , prince, régnez sur ce peuple ; protégez ses libertés, ses lois, sa religion, mais ne cessez jamais d'être Français....... »

Le prince Louis répliqua alors : • « Sire, j'irai régner en Hollande, puisque les Hollandais le désirent, et que Votre Majesté l'ordonne. Votre Majesté permettra que j'éprouve des regrets en m'éloignant d'elle, mais ma vie et ma volonté Įui appartiennent. » ...

Le sénat apprit par un même message cette nou-.velle et celle de l'élévation du cardinal Fesch, oncle de son souverain, à la dignité de coadjuteur de Pélecteur archi-chancelier de l'empire d'Allemagne. : Deux mois auparavant on avait donné à ce premier corps de l'empire français, lecture de six décrets impériaux, qui avaient aussi leur importance sous plus d'un rapport.

Le premier prononçait la réunion au royaume d'Italie, des provinces vénitiennes cédées par l'empereur d'Allemagne dans le traité de Presbourg. · Le second assurait le trône de Naples au prince Joseph et à sa descendance légitime et masculine. · Les troisième et quatrième donnaient en toute souveraineté, l'un au prince Murat, les duchés de Clèves et de Berg; l'autre, à la princesse Pauline

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