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de gouvernement garantissait les propriétés; et dès qu'elle fut établie, l'abolition des confiscalions, la levée des sequestres, la révision des lois vexatoires ramenèrent la confiance et le crédit. L'armée française, qui jus. ques alors avait occupé la Hollande , reçut l'ordre de se retirer; il n'y resta qu’un corps de huit à dix mille hommes. Enfin, la paix achetée par tant de sacrifices, vint ranimer le commerce languissant et l'espoir de réparer de si longs malheurs. · L'ordre chronologique des événemens (dont nous ne nous écartons quelquefois que pour ne pas entrecouper nos récits, et pour éviter de fatigantes répétitions ) aurait exigé que nous eussions placé ici immédiatement après la publication de ces divers trailés, la formation du congrès d'Amiens ; mais ne pouvant clairement expliquer à la fois, malgré leur connexité, les trois grandes affaires que le premier Consul menait de front à cette époque, nous comprendrons d'abord, dans ce chapitre, tout ce qui a rapport aux affaires d'Italie, et aux grands changemens

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qu'y apporta la nouvelle constitution de la république cisalpine; nous réserverons pour le chapitre suivant qui sera uniquement consacré à cet objet, l'entière négociation da traité définitif à Amiens , et nous ferons ensuite, sans nous interrompre dans lesderniers chapitres de ce volumequi complétera la cam. pagne de 1802, l'historique de l'expédition de Saint-Domingue.

Bonaparte mûrissait depuis long-temps le projet de régner en Italie, et l'on peut croire qu'après sa victoire à Marengo, et son entrée triomphale à Milan , il résolut de ne laisser jamais échapper de ses mains les rênes du gouvernement de ces belles contrées qu'il avait deux fois conquises. Le régime qu'il avait d’a. bord établi en Lombardie n'était qu'un mode provisoire d'exercer son autorité; il n'y avait dans cette republique idéale, il ne pouvaity avoir d'autre règle que sa volonté. La faction révolutionnaire étant contenue par la présence des troupes françaises , et par la vigueur de la police militaire, les grands propriétaires , la haute noblesse , le clergé, et å

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leur exemple, les classes industrieuses avaient confiance dans le protectorat du premier Consul. Le traité de Lunéville ayant fait reconnaître la république cisalpine, l'esprit public en acquit plus de force, et l'on attendait avec impatience de voir établir par une constitution appropriée au caractère et aux moeurs des peuples de la Haute-Italie, lindépendance de ce nouvel état, garantie solennellement par la France, l'Autriche et l’Empire.

On voit quelle était la situation politique de Bonaparte à l'égard de la république cisalpine : s'il l'émancipait et la laissait se constituer et se gouverner elle-même, il perdait tout l'avantage de sa conquête ; les liens qui l'attachaient à la France ne pouvaient manquer de se relâcher de plus en plus, et le moindre désordre la livrait à la puissance rivale; s'il continuait à la retenir dans la dépendance, il violait manifestement l'article du traité de Lunéville , conçu en ces termes : « Les parties contractantes se ga» rantisscnt mutuellement l'indépendance

> desdites républiques (batave, helvétique, » cisalpine et ligurienne), et la faculté aux » peuples qui les habitent d'adopter telle » forme de gouvernement qu'ils jugeront >> convenable ». Nous allons dire comment le premier Consul s'affranchissant des scrupules diplomatiques , saisit le moment opportun pour fixer le sort de la Lombardie, et affermir sa puissance en Italie.

Le 14 novembre, une proclamation de la commission extraordinairedugouvernement, annonça au peuple cisalpin la convocation d'une consulte extraordinaire à Lyon, pour fonder les bases de la république cisalpine, sous les auspices et en présence du premier Consul de la République française : une loi rendue par la consulte législative, deux jours auparavant, avait réglé la composition de celle singulière assemblée constituante, appelée sur un sol étranger à délibérer sur la constitution de son pays, sans autre mandat que les nominations faites par les différentes autorités. La loi portait que l'assemblée serait « composée des membres actuels

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» de la consulta législative, de ceux de la » commission du gouvernement, d'une dé» pulation d'évêques, d'une députation des » tribunaux de justice, d'une des sociétés » académiques et d'instruction publique, » d'une des administrations du département, » d'un député de chacune des quarante cilés » principales, des gardes nationales, des » corps militaires soldés, des chambres de » commerce, et enfin de cent quarante-huit » notables nommés par le gouvernement ».

Tous les membres de la consulte, au nombre de quatre cent cinquante-deux, furent réunis le 31 décembre. Le conseiller d'état Petiet, ministre extraordinaire de France, depuis le rétablissement de la république cisalpine ; et qui en avait présidé l'assemblée législative avec beaucoup de sagesse, et mérité les témoignages de la reconnaissance nationale, se rendit aussi à Lyon , avec le général en chef Murat. Rien ne fut négligé pour la solennité de l'ouverture de la consulta : les apprêts pour la réception du premier Consul furent magnifiques; le ministre des affaires étran

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