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- voyez pas en moi an misérable intrigant qui se couvre

d'un masque bypocrite. “J'ai fait mes preuves de dévouement à la république, et toute dissimulation m'est inutile. Je ne vous tiens ce langage que parce que je desire que tant de sacrifices ne soient pas perdus. La constitution, les droits du peuple 'ont été violés plusieurs fois : et puisqu'il ne nous est plus permis de rendre à cette constitution le respect qu'elle devait avoir, Sauvons les bases sur lesquelles elle se repose; sauvons l'égalité, la liberté; tronvons des moyens d'assurer å chaque homme la liberté qui lui est due et que la constitution n'a pas su lui garantir. Je vous déclare qu'aussitôt que les dangers qui in'ont fait confier des pouvoirs extraordinaires seront passés, j'abdiqucrai cos pouvoirs. Je ne veux être, à l'égard de la magistrature que vous aurez nommée, que le bras qui la soutiendra ét fera exécuter ses ordres. .

i (Un membre demande que le général Bonaparte fournisse des preuves des dangers qu'il annonce.)

Bonaparie. S'il faut s'expiiquer tout-à-fait; s'il faut nommer les hommes, je les nommerai; je dirai que les directeurs Barras. et Moulins m'ont proposé de me met. tre à la tête d'un parti tendant à renverser tous les hommes qui ont des idées libérales ....:

(On discute si Bonaparte continuera de s'énoncer publiquement et si l'assemblée ne se formera pas en comité secret. Il est décidé que le général sera entendu en public.)

Bonaparie. Je vous le répète, représentants du peuple; la constitution, trois fois violée, n'offre plus de garantie aux citoyens; elle ne peut entretenir l'harmonie, parce quelle n'est respectée de personne. Je le répète encore, qu'on ne croie point que je tiens ce langage pour m'emparer du pouvoir après la chute des autorités; le pouvoir, on me l'a offert encore depuis mon retour à Paris. Les différentes factions sont 'venues sonner à ma porte, je ne les ai pas écoutées, parce que je ne suis d'aucune cotterie, parce que je ne suis que du grand parti du peuple français.

· Plusieurs membres du conseil des anciens savent que je les ai entretenus des propositions qui ont été faites, et je n'ai accepté l'autorité que vous m'avez confiée que pour soutenir la cause de la république. Je ne vous le cache pas, représentants du penple, en prenant le commandement, je n'ai compté que sur le con

seil des anciens. Je n'ai point compté sur le conseil des cinq-cents qui est divisé, sur le conseil des cingcents où se trouvent des hommes qui voudraient nous rendre la convention, les comités révolutionnaires et les échafauds; sur le conseil des cinq-cents où les chefs de ce parti viennent de prendre séance en ce moment; sur le conseil des cinq-cents, d'où viennent de partir des émissaires chargés d'aller organiser un monument à Paris.

Que ces projets criminels ne' vous effraient point, représentants du peuple: environné de mes frères d'armes, je saurai vous en préserver; j'en atteste votre courage, vous mes braves camerades, vous aux yeux de qui l'on voudrait me peindre comme un ennemi de la liberté; -, vous grenadiers dont j'aperçois les bonnets, vous braves soldats' dont j'aperçois les baïonnettes que j'ai si souvent fait tourner å la honte de l'ennemi, à l'humiliation des rois, que j'ai employées à fonder des républiques: et si quelque orateur, payé par l'étranger, parlait de me mettre fiors la loi, qu'il prenne garde de porter cet arrêt contre lui-même! 'S'il parlait de me mettre llors la loi, j'en appellerais à vous, mes braves compagnons d'armes; à vous, braves soldats que j'ai tant de fois menés à ia victoire; à vous, braves défenseurs de la république avec lesquels j'ai partagé tant de périls pour affermir la liberté et l'égalité: je m'en remettrais, mes braves amis, au courage de vous tous et à ma fortune.

Je vous invite, représentants du peuple, à vous former en comité général, et à y prendre des mesures! salutaires que l'urgence des dangers commaude impérieusement. Vous trouverez toujours mon bras pour faire exécuter vos résolutions,

(Le président invite le général, au nom du conseil, à dévoiler dans toute son étendue le complot dont la republique était menacée )

Bonaparte, J'ai eu l'honneur de dire au conseil que la constitution ne pouvait sauver la patrie, et qu'il fallait arriver à un ordre de choses tel que nous puissions la' retirer de l'abymę où elle se trouve. La première partie de ce que je viens de vous répéter, m'a été dite par deux membres du directoire que je vous ai nommés, et qui ne seraient pas plus coupables qu'un trèsgrand nombre d'autres Français, s'ils n'eussent fait qu'articuler une chose qui est connue de la France entière.

Puisqu'il est reconnu que la constitution ne petit pas sauver la république, bâtez-vous donc de prendre des moyens pour la retirer du danger, si vous ne voulez pas recevoir de sanglants et d'éternels reproches du peuple français, de vos familles et de vous-mêmes.

Décret de déportation du 29 brumaire an VIII de la république française une et indivisible.

Les consuls de la république, en exécution de l'article III de la loi du ig de ce mois, qui les charge spécialement de rétablir la trenquillité intérieure, ont arrêté, le 25 brumaire:

Ant. Jer Les individus ci-après nommés: Destrem, ex-député; Aréna, ex-député; Marquesi, ex-deputé; Truc, ex-député; Félix Lepelletier; Charles Hesse; Scipion-du-Roure; Gagny; Massard; Fournier; Giraud; Fiquet; Basch; Marchand; Gabriel; Mamin; J. Sabathier; Clémence; Marné; Jourdeuil; Metge; Mourgoing; Corchaut; Maignant (de Marseille); Henriot; Lebois; Soulavie; Dubreuil; Didier; Lamberté; Daubigny, Xavier Audonin, sortiront du territoire continental de la république francaise. Ils seront à cet effet tenus de se rendre à Rochefort pour être ensuite conduits et retenus dans le département de la Guyane française. !

II. Les individus ci-après nommés: Briot; Antonelle, Lachevardière, Poulain-Grandpré; Grandmaison; Talot; Quirot, Dauberınesnil; Frison; Declerq; Jourdan (de la Haute-Vienne); Lesage-Sénault; Prudhomme; Groscassand - Dorimond; Guesdon; Julien (de Toulouse); Sonthonax; Tilly, ex-chargé des affaires de Gênes; Stévenette, Castaing; Bouvier et Delbred, seront tenus de se rendre dans la commune de la Rochelle, départeinent de la Charente - Inférieure, pour être ensuite conduits et retenus dans tel lieu de ce département qui sera indiqué par le ministre de la police générale.

III. Immédiatoment après la publication du présent arrêté, les individus compris dans les deux articles précédents, seront déssaişis" de l'exercice de tout droit de propriété, et la remise ne leur en sera faite que sur la preuve authentique de leur arrivée au lieu fixé par le présent arrêté. : ‘IV, Seront pareillement déssaisis de ce droit, ceux qui quitteront le lieu où ils seront rendus, ou celui où ils auront été conduits en vertu des dispositions précédentes.

; V. Le présent arrêté sera insére au bulletin des lois; les ministres de la police générale, de la marine et des finances seront chargés, chacun en ce qui le concerno d'en surveiller et d'en assurer l'exécution. Par les consuls de la république,

Stéves , ROGER-Ducos , BONAPARTE.

Arrêté du directoire escécutif, en date du 26

vendemaire. Le directoire exécutif, sur le rapport du ministre des relations extérieures; considérant, 1° Que l'emprisonnement dans les cachots de Hambourg, des ci. ioyens Napper - Tandy et Blackwell, naturalisés français, et attachés au service de la république, ainsi que celui des citoyens Morris et Corbeit, et leur extradition dans les mains des agens de l'Angleterre, est un attentat contre le droit des gens, un crime contre l'hu. manité, une grave offense faite à la république française;

2° Que les lois de la neutralité imposent aux états qui jouissent de ses bienfaits, des devoirs qui tiennent à tout ce que les principes de la sociabilité et ceux du droit public out de plus sacré;

3° Que le plus impérieux de ces devoirs est d'éloi. gner tout acte d'hostiliié du territoire neutre, et parlà , d'offrir à la personne de tous les citoyens et sujets des nations belligérantes, une protection assurée et un asyle égal contre toute violence, exercée en vertu des lois de la guerre;

4o Considérant que depuis que l'orgueil et le fanatisme de quelques gouvernements sont parvenus à rallumer le feu de la guerre, les attentats contre le droit

des gens , se multiplient d'une manière effrayante; que c'est surtout le chef d'un empire reculė au nord de l'Europe et de l'Asie, qui, sans provocation de la part, des Français, s'est fait l'instrument de la baine du gou. vernement anglais contre la république française, et contre les principes libéraux et philanthropiques sur lesquels elle est fondée; que ce chef prodigue les menaces et les insultes à tous les gouvernements qui ne partagent pas sa politique aveugle et passionnée;

5° Que si le cours de cette corruption morale et politique n'était pas arrêté par un appel à tous les gouvernements qui n'ont pas encore participé à cet état de dégradation, et par la punition de ceux qui en ont partagé la honte; si, enfin, ces attentats n'étaient pas signalés à l'opinion publique avec la réprobation qu'ils meritent, on pourrait craindre qu'un jour les lois de la guerre fussent sans frein, et les droits de la paix sans garantie; qu'il n'existât plus de barrières contre les progrès d'une dissolution générale, et que l'Europe rétrogradat rapidement vers l'état de barbarie; .'

Considérant enfin que la déférence d'un gouvernement à des ordres 'atroces, ne peut être excusée par la considération de sa faiblesse, surtout quand ce gouvernement s'est rendu coupable de la dépendance do la position dans laquelle il s'est volontairement placé, et que tel est le cas ou se sont mis les magistrats de Hambourg, en ordonnant l'incarcération des citoyens Napper. Tandy, Blackwel, Moris et Corbett, et en refusant leur délivrance sur la preuve officielle qu'ils étaient citoyens et officiers français;...

A arrété, le 17 vendémiaire.

Art. (er L'attentat commis par le gouvernement de Hambourg, sera dénoncé à tous les gouvernements alliés et neutres,, par les ministres de la république, en résidence auprès de ces gouvernements,

II. Les agents consulaires et diplomatiques, en ré. sidence auprès du sénat de Hambourg, quitteront sur le champ la ville et son territoire,

III.' Tout_agent du gouvernement Hambourgeois, résidant en France, recevra l'ordre de quitter le lieu de sa résidence dans les vingt-quatre beure, et le territoire français dans huit jours."

. IV, Un embargo général sera mis sur tous les bâtiments et vaisseaux portant pavillon Hambourgeois et existants dans les ports de la république.

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