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» chement qu'elle lui témoigne, et principale» ment parce qu'elle reconnaît que la France » est en lui, et non pas dans le peuple de la ca» pitale. Le soldat snit la fortune et l'infortune » de son général, son honneur et sa religion. » Le duc de Raguse (le maréchal Marmont) » n'a pas inspiré ces sentiments à ses compa» gnons d'armes; il est passé aux alliés. L'em» pereur ne peut approuver la condition sous » laquelle il a fait cette démarche; il ne peut » accepter la vie ni la liberté de la merci » d'un sujet. Le sénat s'est permis de disposer » du gouvernement français : il a oublié qu'il » doit à l'empereur le pouvoir dont il abuse » maintenant ; que c'est lui qui a sauvé une » partie de ses membres de l'orage de la révo» lution, tiré de l'obscurité et protégé l'autre » contre la haine de la nation. Le sénat se » fonde sur les articles de la constitution pour » la renverser; il ne rougit pas de faire des re» proches à l'empereur; sans remarquer que, » comme le premier corps de l'État, il a pris » part à tous les événements. Il est allé si loin, » qu'il a osé accuser l'empereur d'avoir chan» gé des actes dans la publication(1).Le monde

(1) Le considérant du décret de déchéance portait entr'autres griefs, que des actes et rapports entendus par le sénat, » entier sait qu'il n'avait pas besoin de tels ar» tifices : un signe de tête était un ordre pour » le sénat, qui, toujours, faisait plus qu'on ne » desirait de lui. L'empereur a toujours été » accessible aux sages remontrances de ses » mimistres; et il attendait d'eux, dans cette » circonstance, la justification la plus indé» finie des mesures qu'il avait prises. Si l'en» thousiasme s'est mêlé dans les adresses et » discours publics, alors l'empereur a été trou» pé; mais ceux qui ont tenu ce langage doi» vent s'attribuer à eux-mêmes la suite funeste » de leurs flatteries. Le sénat ne rougit pas » de parler des libelles publiés contre les gou» vernements étrangers; il oublie qu'ils furent » rédigés dans son sein. Si long-temps que la » fortune s'est montrée fidèle à leur souverain, » ces hommes sont restés fidèles, et nulle » plainte n'a été entendue sur les abus du pou» voir.Si l'empereur avait méprisé les hommes, » comme on le lui a reproché, alors le monde » reconnaîtrait aujourd'hui qu'il a eu des rai» sons qui motivaient son mépris. Il tenait sa di» gnité de Dieu et de la nation (1); eux seuls

avaient subi des altérations dans la publication qui en avait été

faite. (1) Si Dieu a permis que Napoléon régnât sur la France,

» pouvaient l'en priver : il l'a toujours consi» dérée comme un fardeau; et lorsqu'il l'ac» cepta, ce fut dans la conviction que lui seul » était à même de la porter dignement. Son » bonheur paraissait être sa destination.Au» jourd'hui, que la fortune s'est décidée contre » lui, la volonté de la nation seule pourrait le » persuader de rester plus longtemps sur le » trône. S'il se doit considérer comme le seul » obstacle à la paix, il fait volontiers ce der-. » nier sacrifice à la France:il a en conséquence » envoyé le prince de la Moskowa et les ducs » de Vicence et de Tarente à Paris, pour en» tamer des négociations. L'armée peut être » certaine que son honneur ne sera jamais en » contradiction avec le bonheur de la France.»

Le motif pour lequel les négociateurs nommés par Napoléon avaient été envoyés à Paris, était la proposition qu'il faisait d'abdiquer en faveur de son fils. Elle fut rejetée , quoique, selon plusieurs rapports, on ait eu un moment l'inquiétude qu'elle ne fût acceptée. Enfin, après beaucoup d'hésitation, Napoléon se vé

c'est qu'il ne la jugeait pas encore assez châtiée. Quant à la nation, il serait plus facile de prouver son opposition que son adhésion aux actes qui ont fait monter l'usurpateur sur le trône.

Buonap. 39

solut à signer, le 11 avril, un acte d'abdication pure et simple. Voici cet acte : « Les puissances alliées ayant proclamé que » l'empereur Napoléon était le seul obstacle au » rétablissement de la paix en Europe, l'em» pereur Napoléon, fidèle à son serment, dé» clare qu'il renonce, pour lui et ses héritiers, » aux trônes de France et d'Italie, et qu'il » n'est aucun sacrifice personnel, même celui » de la vie, qu'il ne soit prêt à faire à l'intérêt » de la France. 35 Le même jour, 11 avril , on conclut, à Paris, un traité qui cédait, en toute souveraineté, l'île d'Elbe à Napoléon, et qui assurait à MarieLouise les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, pour en jouir de même, et être transmis à son fils et à sa descendance en ligne directe. Le sort des autres membres de la famille de Buonaparte était également réglé par ce traiNapoléon, soit qu'il espérât encore que quelque mouvement se fît en sa faveur, soit plutôt qu'il voulût se concerter avec ses com plices sur la manière dont on pourrait s'y prendre pour troubler le gouvernement légi

(1) Nous l'avons placé à la fin du présent volume.

time, différa son départ jusqu'au 2o avril. Ce jour, accompagné des commissaires des puissances alliées, et prêt à monter en carrosse, il adressa le discours suivant à sa garde : 45 Officiers, sous-officiers et soldats de la » vieille garde, je vous fais mes adieux. » Depuis vingt ans que je vous commande, » je suis content de vous, et je vous ai toujours » trouvés sur le chemin de la gloire. » Les puissances alliées ont armé toute » l'Europe contre moi : une partie de l'armée » a trahi ses devoirs, et la France a cédé à des » intérêts particuliers. » Avec vous et les braves qui me sont restés » fidèles, j'aurais pu entretenir la guerre civile » pendant trois ans; mais la France eût été » malheureuse, ce qui eût été contraire au but » que je m'étais proposé.Je devais donc sacri» fier mon intérêt personnel à son bonheur : » c'est ce que j'ai fait. » Soyez fidèles au nouveau souverain que la » France s'est choisi; n'abandonnez point cette » chère patrie trop long-temps malheureuse; » ne plaignez point mon sort, je serai toujours » heureux quand je saurai que vous l'êtes. J'au» rais pu mourir, rien ne m'était plus facile : » mais non, je suivrai toujours le chemin de » l'honneur; j'écrirai ce que nous avons-sait.

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