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au fond de son coeur la dissolution de la monarchie autrichienne, comme il avait prononcé celle de la monarchie prussienne. L'alliance de famille qu'il avait contractée avec la

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En même temps, on poursuivit avec une rigueur inexorable ce système cruel (le système continental), qui, aux dépens de l'indépendance, du bien-être des droits, de la dignité de tous les états du continent, et par la violation de toutes les propriétés publiques et particulières, devait anéantir le commerce du monde, dans le vain espoir d'arracher un résultat qui, si heureusement il n'eût pas été impossible, eût, pour de , longues années, plongé l'Europe dans la misère, la faiblesse et la barbarie. • » Le décret qui établissait sur les côtes de l'Allemagne une nouvelle domination française, était par lui-même assez inquiétant pour les puissances voisines; mais il le fut surtout, parce qu'on le regardait avec raison comme le présage de dangers futurs bien plus éminents. Ce décret renversait un système établi par la force elle - même, violé, à la vérité, dans plus d'une occasion; mais que l'on proclamait cependant comme toujours subsistant, le système des soi-disant limites naturelles de la France..... L'empereur Napoléon, par cet acte arbitraire et sans exemple, anéantit même ses propres créations. Ni les états de la confédération du Rhin, ni le royaume de Westphalie, ni quelqu'autre territoire que ce fût, ne se vit à l'abri de cette marche usurpatrice. ... . La nouvelle ligne des frontières traversa les pays et les rivières, enleva aux provinces du centre et du sud de l'Alle

» magne toute communication avec la mer du nord, passa

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l'Elbe, sépara le Danemarck de l'Allemagne, se fixa même

maison d'Autriche, ne l'aurait pas arrêté. If avait cru faire assez pour elle en lui laissant un peu de repos; mais il s'en dédommageait en la

» sur la Baltique, et parut tendre à rejoindre la ligne des for» teresses prussiennes sur l'Oder, que la France occupait X) GI1C0I'6o. M) Après avoir retracé les inquiétudes que la réunion des villes anséatiques causait à la Russie, à la Prusse et même à l'Autriche, le manifeste rappelle les impuissants efforts que fit la cour de Vienne pour opérer une conciliation. « Aucune pré» veyance humaine ne pouvait deviner, poursuivait-on, que le » mauvais succès de ces démarches bienveillantes devait deve» nir plus funeste à l'empereur Napoléon qu'à ses ennemis. » Ainsi le voulait le grand ordonnateur de l'univers. » La guerre étant devenue inévitable, il ne resta à l'Autriche, dans la position où elle était réduite, d'autre parti à prendre que d'entrer en lice comme alliée de la France. En signant le traité du 4 mars 1812, elle se proposa deux buts, l'un de nerenoncer à aucun moyen par lequel elle pourrait, tôt ou tard,influer sur le rétablissement de la paix; l'autre, de se mettre en mesure au-dedans et au-dehors, d'agir d'une manière indépendante, si l'impossibilité d'amener la paix, ou si les événements de la guerre exigeaient des démarches décisives. « La campagne de 1812 prouve, par un exemple mémora» ble, comment une entreprise commencée avec des forces » gigantesques, peut échouer entre les mains d'un général du » premier ordre, lorsque, plein de confiance dans ses grands » talents militaires, il veut franchir les bornes de la nature et » heurter tous les préceptes de la sagesse.. ... ..... .. • • • •

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tenant dans un état d'humiliation et de dépendance, par la privation de ses provinces maritimes, qu'il aurait dû s'empresser de lui rendre à son retour de Moscou. Un mot qui lui échappa, peu de temps après son mariage, fit connaître ses dispositions à l'égard de l'illustre maison dans laquelle il venait d'entrer. On lui proposait de renvoyer à l'empereur François quelques objets d'art qu'il avait enlevés à Vienne : « Moi! répondit-il, je ne lui rendrais » pas une métairie (1). »

Quant au congrès de Prague, nous tenterons de prouver ailleurs que Napoléon ne pouvait y conclure la paix; mais, du moins, il n'aurait pas dû témoigner si ouvertement combien il était éloigné de la faire.

S'il était une puissance avec qui la France eût dû espérer de vivre en bonne intelligence, c'était sans contredit la Suède, qui, par sa position géographique, en était naturellement l'alliée.Une révolution s'y était opérée, parce que le magnanime Gustave avait refusé de

(i) Une très jeune orpheline le suppliait un jour de lui faire rendre les biens de ses parents dont il avait ordonné la saisie : « Je prends, je prends, répondit-il en s'éloignant, mais je ne » rends pas. » L'homme qui ne rougissait pas de faire une ·telle réponse méritait bien d'être dépouillé de tout.

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traiter avec Napoléon. Un français (le maréchal Bernadotte) avait, en conséquence, été appelé à la succession à la couronue de Suède, et tout alors parut annoncer que l'union la plus intime subsisterait entre les deux états. Mais, entêté d'un système absurde qui a causé sa ruine, Napoléon ne reconnaissait pour amis que ceux qui se pliaient à ses volontés. La Suède, quelque perte que son commerce dût en éprouver, fut donc forcée de déclarer la guerre à la Grande-Bretagne. Napoléon la requit ensuite de lui fournir un corps considérable de umatelots ponr équiper la flotte de Brest ; de mettre à la solde de la France un corps de troupes suédoises; d'établir un droit de cinquante pour cent sur les denrées coloniales, et de recevoir une troupe de douaniers français dans le port de Gothenbourg. Toutes ces demandes étaient trop contraires, soit aux intérêts, soit aux lois du royaume, pour être accordées; elles furent donc rejetées. - Napoléon avait aussi fait proposer, à la Suède, une alliance plus étroite avec la France. On y répondit d'une manière évasive. Une alliance entre la Suède, le Danemarck et le grand duché de Varsovie, sous la protection de l'empereur des Français, fut ensuite proposée. La cour de Stockholm n'ayant pas répondu assez affir

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mativement, la première proposition fut renouvelée. Elle se fit verbalement; et cependant on demanda une réponse par écrit, que, selon toute apparence, on voulait montrer à la cour de Saint Pétersbourg, afin de prouver que la Suède était entièrement dépendante du cabinet des Tuileries. On céda en partie, et l'on remit une note où l'on exprimait les dispositions de S. M. S. à établir des rapports plus intimes avec la France, dans l'espoir que les conditions en seraient compatibles avec la dignité et le véritable intérêt du royaume. L'ambassadeur de Buonaparte (Alquier) déclara sur-lechamp que cette réponse annonçait la résolution déjà prise par le gouvernement suédois, de demeurer indépendant de la politique continentale. On lui demanda ce que son maître exigeait de la Suède et ce que la Suède devait attendre de lui. L'ambassadeur fit cette réponse remarquable, qui prouve avec quelle hauteur Napoléon et ses agents traitaient les cours les mieux disposées en sa faveur; il dit : « Que l'empereur exigeait d'abord des faits » conformes à son système; après quoi, il était » possible qu'il fût question de ce que S. M. » voudrait bien faire en faveur de la Suède. » Ce que Buonaparte voulut bien faire pour cette puissance, ce fut de permettre aux corsaires

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