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riage repoussées. — Hambourg.-- Astucieuse conduite du gouvernement danois. — Arrivée de Bernadotte en Pomeranie. - Faiblesse des armées alliées. — Incertitude sur la conduite de l'Autriche. — Forces supérieures de l'armée française. — Justification de Napoléon relativement aux places fortes copseryées sur la Vistule et sur l'Oder.

Le volume que nous présentons ici à nos lecteurs embrasse une des plus importantes périodes de l'histoire contemporaine. Ils y verront l'homme le plus extraordinaire qui fut jamais, lutter péniblement contre les revers inattendus d'une fortune si longteinps prospère, et, malgré l'audacieuse activité de son génie, l'incommensurable domination dontil abusa, s'écrouler sans qu'il voulût, sans que peut-être il pût honorablement saisir la planche de salut que fréquemment ses ennemis lui offrirent. Ils y verront de nombreux et puissans adversaires employant simultanément l'adresse et la force pour lui résister, être entraînés, presque en dépit d'eux-mêmes, à la nécessité de briser complétement le joug sous lequel ils gémissaient depuis tant d'années. Ils y verront enfin les divers Etats européens successivement arınés et réunis pour leur seule et propre indépendance, conduits, sans l'avoir prévu, à

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l'indispensable besoin d'ouvrir une large voie à la réintronisation de la plus ancienne des maisons souveraines. Nuld'entre eux n'avait cru possible cette réintronisation au moment même de leur plus éclatant triomphe; nul d'entre eux pe la désirait; elle en déconcerta quelques-uns, les étonna tous et dut être bien plutôt acceptée que commandée par des monarques vainqueurs, aux mains desquels le sort de la France semblait remis, et dont les volontés incertaines et divergentes retardaient l'élan vers un but qu'un intérêt commun, qu'un intérêt social bien entendu , aurait dû leur désigner à tous et leur faire plus promptement atteindre. Tel était l'effet du long effroi que le héros du dix-neuvième siècle avait inspiré !

Certes, la campagne de 1812 venait de jeter un voile funèbre sur le diadème de Napoléop, mais sa puissance était encore formidable. Nous ne reviendrons point ici sur les pénibles détails de cette effrayante catastrophe, qui coûta tant de sang et de larmes à l'humanité. Une autre non moins déplorable allait avoir lieu par suite des mêmes erreurs, c'est-à-dire d'un système de guerre fondé sur l'absence de toutes précautions sanitaires, sur le manque de vivres et de transports, sur des marches qui excédaient les forces du soldat, enfin sur d'immenses sacrifices d'hommes, vices encore accrus par le désordre des administrations, ainsi que par l'indiscipline. La campagne de 1812, qui frappa de mort l'armée la plus belle et la plus nombreuse* .

* Nous avons précédemment exposé les diverses opinions émises sur la force réelle de cette armée (tome XI, page 387, note); mais pour ne pas laisser de lacune à cet égard, nous citerons ici M. de Chambray (tome Ier, pages 168 et 169, 2e édition). Ce judicieux écrivain militaire estime qu'à son entrée sur le territoire russe elle se montait à 477,000 hommes de troupes réglées, dont 80,000 de cavalerie; non compris : 1° les corps el bataillons de marche qui la rejoignirent plus tard ; 20 les troupes de l'état-major général; 3° les grands parcs de l'artillerie, du génie et des transports ou équipages. Voici la récapitulation complète qu'il en donne, d'après des documens officiels, au second tableau de son premier volume :

Infanterie. ... 491,953
Cavalerie. ... 96,579 $

0} Chevaux 164,446.
Artillerie, génie et
équipages. . . . . 21,626

18,265. Absents. . . . . 37,100

4,400. : 647,258.

187,111. Bouches à feu, sans compter l'artillerie polonaise, 1372.

Dans ce tableau ne sont pas notés la suite de Napoléon et celle de ses généraux, les administrateurs, employés, cantiniers, boulangers, maçons, domestiques, etc.; ni l'armée polonaise forte de 85,000 hommes; ce qui, sans les non-combattans, offre une masse de 732,258 hommes, et plus de 200,000 chevaux.

que les temps modernes eussent vue réunie sous le commandement d'un seul homme, fut moins dépopulatrice en effet pour la France que celle de 1813, car ce fut cette France, déjà décimée depuis tant d'années , qui dut, presque seule, faire succéder une armée nouvelle à celle qui avait disparu, tandis que les malheureux sacrifiés dans les vastes provinces de la Russie avaient

Le mêine historien estime ainsi l'armée russe : .
Infanterie, hommes 188,994
Cavalerie

38,138 Artillerie A 20,335 Cosaques » 18,000 :

Total 265,467, formant trois armées. Mais comme la troisième armée ne fut rassemblée qu'après l'ouverture de la cainpagne, les 48,003 hommes dont elle se composa doivent être défalqués des 265,467 ci-dessus, et la réduisent à 217,464, pour résister à 732,258 hommes, force des armées alliées. Ces calculs diffèrent peu de ceux que nous avons sous les yeux dans une correspondance officielle.

Quant à l'armée française, déjà diminuée de près de 100,000 hommes par les désertions, M. de Chambray la porte, lors de la bataille de Borodino, á 126,755 hommes, dont 30,000 de cavalerie; à son arrivée à Moscou, à 95,775, dont 17,000 de troupes à cheval, non compris les trois divisions arrivées plus tard. Il fait sortir de cette ville 115,954 combattans, en réunit à Smolensk 49, 100, sur la Bérésina 26,700, et å Kowno 4,000; quoique l'armée eût été renforcée par les 15,000 hommes appartenu en grande partie à des nations différentes, lancées par des gouvernemens devenus sujets contre le dernier des Etats continentaux qui eût encore conservé son indépendance et qui pût assurer celle de tous. Cette combinaison : était d'autant plus monstrueuse qu'elle entraî= nait dans leur propre ruine des Autrichiens humiliés de servir à la gloire de leurs vainqueurs, des Prussiens chez qui une haine profonde pour Napoléon ne cédait qu'à leur fidélité envers un

te de Séguries de Russiemble à 46,000

des généraux Victor et Oudinot. En définitif, d'une masse de 130,954 hommes, les coups de l'ennemi, mais surtout la faim, le froid et la fatigue, en avaient fait périr dans cette rétraité de 126 à 127,000.

Pour né négliger aucun des rapports publiés sur ce sujet, nous dirons que le général Gourgaud (Examen de l'ouvrage du comte de Ségur, page 494) prétend que la masse des troupes alliées sorties de Russie, y compris les Polonais et les Autrichiens, portés ensemble à 46,000 hommes, mais sans compter les 7,000 hommes du général Macdonald et les 16,000 du général Yorck, montaient å i 27,000, et Plotho (Causes et effets de la Confédération Rhénanie), dans un tableau des troupes existantes au 13 février 1813, porte le nombre des soldats échappés aux désastres de 1812 à 18,800 Français, 23,400 alliés ; eh tout 42,200, auxquels il faudrait ajouter: corps de Macdonald, 5,000;Prussienis, 16,000; Autrichiens, 26,000; Polönais 12,000; ce qui donnerait un total de 103,200, sur lés 6 à 700,000 hommes employés dans cette ruineuse expédition.

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