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siastes, ont facilité ces spoliations inouies, amené ce déluge de calamités qui vont couvrir la France. Celui qui déserte ses foyers menacés semble renoncer à leur possession ; il enhardit les assaillants. Un commandant de place l'évacue-t-il en voyant une troupe ennemie? Qu'on ne s'y trompe pas, la guerre civile n'est ni le premier, ni le dernier des malheurs. Le plus grand de tous les fléaux est la dégradation morale des classes supérieures, dégradation qui provient autant de l'ignorance des devoirs politiques, que de la dissolution des meurs. Rome comptait encore de beaux caractères pendant les dissensions de Pompée et de César; elle eut des vertus publiques jusqu'à l'usurpation d'Octave , et n'eut que des talents sous Octave devenu Auguste; elle ne vit plus ensuite que des crimes sans dignité, et les bassesses des affranchis, qui étaient les courtisans en titre des empereurs. Mais introduire des soldats étrangers, se couvrir de leur protection, c'est annoncer qu'on n'ose rien par soi-même; aussi les jacobins n'ont-ils cessé de rabaisser, d'injurier le caractère des émigrés. La nation ne trouvant les grands propriétaires nulle part, pour la délivrer de ses tyrans domestiques, et les voyant dans les armées allemandes qui se vantent de la plier au joug, portera sur eux les jugements les plus désavantageux. Plus tard, on appellera de même brigands les généreux Vendéens, et cependant on transigera avec eux; et quand ces royalistes de l'intérieur seront perdus, ils ne le seront qu'à cause de la coopération des émigrés. L'émigration aura causé mille maux; elle n'aura produit aucun avantage. La postérité connaîtra du moins les noms de Laroche-Jacquelin, de Charrette. Quels noms les royalistes d'outre-Rhin auront-ils à leur présenter? Henri IV avait admis des Écossais et des reîtres dans son armée; mais ils ne furent que ses auxiliaires, ils dépendaient de lui. La Sorbonne ayant appelé les bandes catholiques de cette moitié de l'Europe asservie au Tibère espagnol, le grand Roi se trouvait justifié par la nécessité, autant que par la politique; deux motifs qui manquèrent aux instigateurs de l'émigration.

16. Massacres d'Avignon. – Ce pays, enclave de la France, a ressenti plus misérablement les secousses de la révolution. Livré, sans force publique, à la fureur des partis, il a vingt fois, depuis deux ans, été couvert de sang : des bandits, accourus des côtes d'Italie et des iles de la Méditerranée, se sont répandns en Provence; le menstre, le sacrilége, les plus graves et les plus honteux excès, y marquent leurs pas; Jourdan coupe-téte, né dans le Comtat, les mène à Avignon. Réunis anx jacobins de la ville, ils arrêtent des personnes de l'un et de l'autre sexe, les égorgent tranquillement, et jettent les cadavres dans une tour du château, nommée tour de la Glacière, ou les précipitent dans le Rhône. Jamais forfait d'une telle horreur n'aura souillé le midi de la France.

28. Décret qui requiert Monsieur ( Louis XVIII), frère du Roi, de rentrer en France dans le délai de deux mois; faute de quoi, il est déchu de son droit éventuel de régence.

31. Marine française. — Le ministre présente à l'assemblée nationale le tableau des forces navales. — Deux cent quarante-six bâtiments, dont qualre-vingt-six vaisseaux de ligne, soixante-dix-huit frégates, etc., le tout en bon état. — Quatre-vingt mille officiers de mer et matelols, des magasins bien approvisionnés.

Novembre rer. Finances publiques. Décret portant , Émission de · deux cents millions d'assignats. — Total émis à ce jour, quatorze cents millions.

9. Loi révolutionnaire. Décret sur les émigrés. — Il est rendu après plusieurs jours de discussion, qui ne s'élèvent guère que sur la nature et l'étendue des peines à leur infliger; car très-peu de députés représentent l'injustice de ces mesures répressives. — Dans la séance du 25 octobre, le député Pastoret a concilié les droits de l'homme et les lois contre les émigrants dans les cas extraordinaires; et citant Montesquieu, le voile jeté sur la liberté, l'habeas-corpus suspendu, la loi martiale; il a présenté les émigrés comme a des mécon« tents qui ne peuvent s'acclimater à une constitution qui a eu la « perfidie d'exclure du premier rang l'intrigue et l'opulence, pour y « placer deux divinités obscures, le talent et la vertu. D'autres sont a des hommes tourmentés par la rage, agités de desseins pervers, « prêts à se sacrifier à leur vengeance, si la vengeance pouvait exister « pour eux..... Leurs efforts seront impuissants. Le glaive des amis « du despotisme s'est toujours émoussé sur le bouclier des amis de « la liberté. Nous avons pour modèles les Grecs et les Romains de a l'antiquité; et chez les modernes, les Anglais, les Hollandais, les « Suisses et les Américains...... » - Le 8, le député Viennot-Vaublanc s'exprime ainsi : « .... On a dit que les princes étaient dans « la classe ordinaire des citoyens...... Mais je vous demande si la « constitution n'a pas placé dans le code pénal une loi particulière « contre le prince premier appelé à la régence ?........ Il faut une loi « particulière, une loi telle qu'il soit impossible aux chefs d'échapper; « car je soutiens que, si vous ne faites pas une loi particulière contre « les princes, il faut renoncer à faire des lois contre les simples émi

* grés; mais je ne vois pas sans indignat on que les princes, nourris e si chèrement par la patrie, trament sa ruine dans l'impunité..... v Ce discours raudra la présidence à Viennol-Vaublanc. - Carnot vient l'appuyer par d'indignes et barbares sophismes; après lui, Brissot et l'ergniaud expriment les mêmes opinions. Le décret passe à une forte majorité. Il frappe de séquestre les biens des princes qui sont hors du royaume, déclare coupables de conspiration, et enjoint de poursuivre et de condamner les Français rassemblés au-delà des frontières, ainsi que les fonctionnaires, s'ils ne rentrent avant le 1 er janvier 1792.

– Toat officier qui abandonnera ses fonctions sans avoir donné sa démission , sera poursuivi comme soldat déserteur. Le Roi fera former incessamment des cours martiales pour juger tous les délits militaires. — Il sera pris des mesures à l'égard des puissances limitrophes, qui protégeraient les rassanblements des émigrés (V. le 12).

12. Le Roi refuse de sanctionner le décret du 9 contre les émigrés. Il leur adresse une seconde proclamation pour les inviter à revenir en France (7. 14 octobre ).

17. Le démagogue Péthion est élu maire de Paris. On compte quatrevingt mille citoyens actifs; dix mille seulement donnent leurs suffrages : Péthion en obtient près de sept mille. Il va remercier les jacobins de leur protection, et jure de leur être dévoué. C'est alors qu'il s'entend proclamer le vertueur par la populace.

22. Saint-Domingue. - Incendie du Port-au-Prince. — En quaraniehuit heures, les trois quarts de cette grande ville deviennent un monceau de cendres. La perte des édifices, des marchandises, du mobilier est évaluée à cinquante millions. — Ce désastre n'a pas été médité; il est la suite d'une rixe fortuite que suit un combat entre des blancs et des hommes de couleur. — Aussitôt ceux-ci se confédéreront; et désormais l'ile nourrira dans son sein trois guerres distinctes, des noirs contre les blancs, des sang-mêlés contre les blancs, des blancs entre eux.

25. Loi révolutionnaire portant création d'un comité de surveillance. - Le comité doit être renouvelé tous les trois mois. « Il exercera des fonctions judiciaires; il ordonnera , lorsqu'il le croira convenable, des visites domiciliaires, et ne rendra pas compte de leur exécution à l'assemblée nationale. Merlin dit de Thionville, Quinetto , appuient vivement ces mesures.

29. Loi révolutionnaire rendue sur le rapport de François dit de Neufchateau, auteur de poésies fugitives. Elle enjoint aux prêtres non assermentés de prêter le serment civique, et prive les réfrac

taires de tout traitement ou pension. Le rapporteur multiplie les citations historiques , pour établir qu'il existe entre les prêtres catholiques et les ministres des autres religions, des différences qui nécessitent une loi beaucoup plus sévère contre les premiers. En preuve , il remonte jusqu'au cardinal de Richelieu et à son capucin le père Joseph, inventeurs des lettres-de-cachet. Il conclut que ce n'est pas pour les prêtres que la constitution a dit: Nul ne sera inquiété pour ses opinions religieuses; les cultes sont libres; quiconque fait exécuter des ordres arbitraires , doit étre puni; les citoyens ont le droit d'élire ou de choisir les ministres de leur culte. L'impression de ce discours est décrétée, ainsi que l'envoi aux quatre-vingt-trois départements.

Rapport du comité militaire de l'assemblée nationale. Situation militaire. — Depuis Dunkerque jusqu'à Huningue, les frontières sont dans un bon état de défense, et gardées par cent trente mille hommes effectifs, tant de troupes de ligne que de garde nationale. — Les bouches à feu sont au nombre de onze mille , sans compter celles de la marine. — Les magasins contiennent dix-huit millions de livres de poudre, et deux cent cinquante mille fusils. — La force active est : troupes de ligne, cent mille hommes; artillerie, trente-six mille hoinmes; volontaires nationaux, quatre-vingt-quatre mille hommes : total, deux cent vingt-quatre mille hommes effectifs.

Message de l'assemblée nationale au Roi, pour l'intimider au sujet du veto qu'il a mis sur le décret du 9, concernant les émigrés, et le contraindre à des mesures sévères contre eux. — Le président Viennot - l'aublanc ( ministre à la fin de 1815), s'exprime ainsi (V. proc.-verb. de l'Ass. législ., tom. 2, pag. 193): ...... Leur « audace est soutenue par des princes allemands , qui affectent d'ou« blier qu'ils doivent à l'empire français le traité de Westphalie qui « garantit leurs droits et leur sûreté. Ces préparatifs hostiles, ces « menaces d'invasion.......! c'est à vous à les faire cesser; c'est à « vous de tenir aux puissances étrangères le langage qui convient au a Roi des Français. Dites-leur que......; dites-leur, enfin, que si des « princes d'Allemagne continuent de favoriser des préparatifs diriges « contre les Français, nous porterons chez eux, non pas le fer et la « flamme, mais la liberté. C'est à eux à calculer quelles peuvent étre a les suites du réveil des nations. Depuis deux ans que les Français a patriotes sont persécutés près des frontières, que les rebelles y a trouvent des secours, quel ambassadeur a parlé, comme il le devait, « en votre nom? – Aucun........ Tout vous prescrit un langage

• différent de celui de la diplomatie ; la nation attend de vous des * déclarations énergiques. Qu'elles soient telles que les hordes des émigrés soient à l'instant dissipées ! Nous reconnaîtrons à cette éclae tante démarche le défenseur de la constitution............ - Le président Vaublanc termine son rapport à l'assemblée, en disant : a J'observerai qu'il m'a paru, quand nous sommes entrés, que le • Roi s'est incliné le premier; je me suis incliné ensuite vers lui; « le reste s'est passé ainsi qu'il est d'usage. ( On a vivement ap*plaudi. ),

Décembre 2. Le démagogue Manuel cst nommé procureur-syndic · de la commune de Paris.

14. Le Roi se rend à l'assemblée nationale. Il annonce toute la confiance qu'il conserve dans les bonnes dispositions de l'empereur, ajoutant, qu'il prend, néanmoins, les mesures militaires les plus propres à faire respecter ses déclarations; et que, si elles ne sont point écoutées, il ne lui restera qu'à proposer la guerre. — Sur cela , l'assemblée décrète le développement des forces qui garnissent les frontières de l'empire d'Allemagne.

17. Décret. Émission de deux cents millions d'assignats. Total, émis à ce jour, seize cents millions.

19. Vélo du Roi sur le décret du 29 novembre, relatif aux prêtres.

20. Signification faite de la part du Roi à l'électeur de Trèves, que, s'il ne s'oppose pas efficacement à lout rassemblement de Français dans ses élats, la France le regardera comme son enuemi.

1792. Janvier 1er. Loi révolutionnaire qui déclare les frères du Roi et quelques chefs d'émigrés en état d'accusation. – La haute - cour nationale , séant à Orléans, les jugera.

Les généraux Lukner et Rochambeau sont nommés maréchaux de France.

14. Décret.-L'assemblée nationale invitele Roi à demander, au nom de la nation, des explications à l'empereur sur ses dispositions envers la France. Le 10 février est fixé pour terme de la réponse; et, à faut de réponse , ce procédé de l'empereur sera envisagé par la nation, comme une rupture du traité de 1756, et comme une hostilité.

23, 24. Pillage des épiciers de Paris par la populace des faubourgs, mécontente du surhaussement du prix du sucre, qui se vend quarante-deux sols la livre.

25. L'assemblée nationale prolonge jusqu'au 1er mars le terme

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