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nemi jette ses armes, embrasse les genoux du vainqueur, et implore sa clemence. Bonaparte, couvert des lauriers de la victoire, retourna à Alexandrie, où il s'occupa de l'administration civile. Il distribua des récompenses aux officiers et aux soldats, encouragea le commerce,l'industrie, les manufactures, et rendit la colonie florissante. L'expédition de l'Egypte, quel qu'en soit le résultat, est une entreprise mémorable, qui honore l'esprit humain , que l'histoire immortalisera, et qui a présenté un spectacle de gloire et de grandeur qui étonnera les siècles et les générations. Bonaparte a soumis les Mamelucks, a dompté les Arabes, a vaincu les Turcs; il a puni ces beys qui appesantissaient une verge de fer sur des peuples malheureux. L'Egyptien se reportant à son ancienne origine, et se rappelant son antique valeur, a admiré ces prodiges éclatans, a senti sa noblesse, sa dignité, et a compris qu'il pouvait rentrer dans ses droits usurpés, et exercer une souveraineté qui lui appartient, et qu'il n'a pu aliéner. Bonaparte a apporté chez des nations superstitieuses les lumières, les arts, la civilisation, le flambeau des sciences a éclairé des contrées désertes et sauvages; il a su vaincre et non pas asservir. S'il est entré en triomphateur , si son front était couronné des lauriers de la victoire,

il portait dans ses mains l'olivier de la paix et le signe de la réconciliation; il a respecté les opinions politiques, les préjugés et la croyance religieuse des peuples ; il a employé avec art le dogme principal de l'islamisme, qu'il a fait servir à ses vues; il en a fait un instrument utile à sa gloire et au bonheur des peuples: il ne s'est point trompé sur les effets qu'il s'était promis de sa marche politique, et les succès qu'il a obtenus sur ces nations agrestes et sauvages attestent son génie et sa valeur. Si les successeurs de Bonaparte achèvent son ouvrage, tout prendra une direction nouvelle; l'Angleterre perdra la suprématie maritime dont elle s'est emparée; sa puissance s'affaiblira ; ses possessions orientales seront menacées y l'Asie nous ouvrira ses mines fécondes, et laïtorlquête de l'Egypte nous consolera de la perte de nos colonies, en nous donnant les mêmes productions et les mêmes trésors. .. i.... . .

Bonaparte, au milieu de ses conquêtes et de ses travaux bienfaisans, apprënd.Jes malheurs de sa patrie: ce tableau de calamités afflige et consterne son ame. 11 quitte l'Egypte. Que voit-il en arrivant en France? la guerre répandant ses fléau* et ses crimes; les armees dissipées et sans subsistances? Il voit le prix de ses conquêtes et les fruits de ses travaux perdus. Un guerrier avait conquis l'Italie sur une puissance ennemie, ses lois avaient assuré sa liberté , ses traités avaient garanti son indépendance; mais l'intrigue s'était emparée de la conquête, et l'avidité avait recueilli les fruits de la victoire. Des conceptions délirantes ou cruelles ont détruit l'ouvrage de la valeur et de la modération ; un torrent révolutionnaire a tout renversé; un pontife respectable est traîné comme un captif; des agens spoliateurs ont écrasé les peuples de contributions, et ils se sont partagés les dépouilles de ces malheureux, qu'ils ont réduits à l'indigence et au désespoir. Bonaparte voit une lutte scandaleuse entre le Directoire et le pouvoir législatif; il voit le gouvernement sans justice, sans force, sans morale, entouré d'intrigans et d'ambitieux, toujours occupésàcombattre un parti par un autre, à élever une faction sur les débris d'une autre, sans savoir que l'anarchie, de quelque côté qu'elle vienne, sous quelque nom qu'on la protége, entraîne la perte de la puissance qui l'appelle à son secours. Il voit des législateurs inquiets, ombrageux, toujours prêts à semer les méfiances et les soupçons, épouvantant tous les esprits, comprimant tous les cœurs par des lois révolutionnaires. Les finances sont épuisées; l'état est sans agriculture , sans commerce , sans industrie, sans marine; une secte continuellement conspiratrice médite le retour de la tyrannie et de la terreur; des désorganisateurs de l'ordre social annoncent leurs projets de destruction et de mort; des hommes dont les mains sont encore teintes de sang demandent le salaire de leurs forfaits; de nouveaux riches couverts de rapines étalent avec audace leur fortune scandaleuse, et insultent aux calamités publiques; des assassins avec leurs poignards, des incendiaires avec leurs torches, parcourent les départemens , et les ensanglantent; des écrivains licencieux répandent le poison de leur doctrine ; les opinions religieuses sont méprisées; l'athéisme est proclamé; tous les liens de la morale et de la nature sont rompus. La France, comme un malheureux qui expire en se débattant sous le glaive qui l'égorge, s'agitait dans ses convulsions pour trouver un remède à ses maux; elle marchait rapidement d'erreurs en erreurs, de calamités en calamités, vers sa dissolution politique. ,

Quel sera le bras assez fort, assez puissant pour empêcher la destruction de l'empire? qui sera assez habile, ou assez heureux, pour guérir les plaies de l'état, pour l'arracher aux souillures de l'anarchie, et pour rétablir le règne des lois et de la justice sur les ruines des factions et des crimes? Bonaparte sait qu'il est digne de remplir ces hautes destinées. Un seul homme fixe quelquefois le sort des peuples et des empires; à sa voix, les abymes se ferment, les ténèbres se dissipent; l'astre du jour vient ranimer la nature languissante, et répand ses rayons bienfaisans: cette nouvelle création est l'ouvrage du génie et des vertus. Bonaparte , pour l'exécution de ses projets, se réunit à des hommes respectables par leur sagesse, et distingués par leurs talens. Il en forme un faisceau de force et de lumière. Il veut sauver sa patrie, et rappeler à ses antiques vertus un peuple qu'il a illustré par ses victoires. Il se sert de son épée et de l'autorité sacrée des lois pour opérer cette heureuse révolution qui doit fermer les sources des calamités publiques, et donner à l'édifice politique des bases indestructibles.

Le conseil des anciens rendit un décret par lequel il transféra le corps législatif à Saint-Cloud, chargea le général Bonaparte de l'exécuter, et mit à sa disposition les gardes du corps législatif, et toutes les troupes de la dix-septième division

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