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(SAMEDI 29 NovEMBRE 18o6.)

MERCU R E
D E F R A N C E.

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Riches de grace et de plumage
En hantez l• do ble vallon,
Mois sans mêler votre ramage
Aux doctes cygnes d'Apollon.

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O NUIT, de l'univers reine antique et sacrée,
Toi qui verras finir le jour et la durée ,
Si du fils de Jessé tu daignas autrefois
Monter la harpe sainte et soutenir la voix;
Loin des bornes du monde où mon ame s'élance,
Dans ces heures de paix, de deuil et de silence,
Viens toi-même échauffer mes lyriques transports !
Viens. ... que des immortels j'égale les accords !

L'enfant de Sibaris veille encore dans l'ombre : Est-ce pour admirer les prodiges sans nombre Qu'étale à nos regards la splendeur de la nuit ? Non, ncn : la volupté, dont l'attrait le séduit, Le promène au milieu de ses fêtes impies. De coupables beautés, rivales des harpies, Se disputent s n or, l'abreuvent tour-à-tour Du philtre, des poisons d'un impudique amour, Et le soleil, levé pour éclairer le monde, Le retrouve abruti par la débauche immonde. Arrête, malheureux ! Si ton cœur abattu N'est pas sourd à l'honneur et mort à la vertu, Lève les yeux au ciel qu'épouvante ton crime, Et contemple avec moi sa majesté sublime. S'il te saut des parvis et des dômes brillans, Où l'or se mèle aux feux des cristaux vacillans, Viens sous la voûte immense où Dieu posa son trône, Et pour Jérusalem renonce à Babylone.

Vois l'astre au front d'argent : son éclat tempéré

, Frappe ton œil vers lui mollement attiré.

1 lus doux que le soleil il caresse ta vue,
Et te laisse jouir d'une scène imprévue.
Vois comme ses rayons tremblent sur les ruisseaux,
Mêlent l'albàtre au vert des jeunes arbrisseaux,

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Se glissent divisés à travers le feuillage,
Et blanchissent au loin les roses du bocage !
Du globe des viva s, du terrestre ho izon,
Détache à cet aspect ton cœur et ta raison.
Suis mes pas sans effroi : viens, nouveaux Prométhées,
Dérobons tous leurs feux aux voûtes argentées,
Et, nous applaudissant de ce noble larcin,
Réveillons la vertu qui dort dans notre sein.
Entre au sein du foyer où la foudre s'allume,
Où du rapide éclair b uillonne le bitume;
Mesure sans pàlir, dans son orbe trompeur,
Cet astre vagabo d qu'exagère la peur,
Qui, les cheveux épars, et la queue enflammée,
S'offre comme un fantôme à la terre alarmée.
Dans son horrible éclat vois un ciel orageux....
Mais plutôt , affranchi du tourbillon fangeux
Qui pesoit sur ton anne et la ten it captive,
Dans mn ciel tout serein que ta vue attentive,
S'égarant au hasard de beautés en beautés,
Compte du firmanent les berceaux enchantés.
L'alégresse, l'amour, dans ton cœur se confondent....
Tu viens parler aux cieux, et les cieux te répondent.
Quels sublimes objets ! Quel luxe éblouissant !
Le jour n'a qu'un soleil à l'horizon naissant,
Et de mille soleils la nuit est éclairée.
Mille astres, à ma vue interdite, égarée,
Epanchent à la fois des torrens lumineux,
Qui sans les fatiguer réjouissent mes yeux.

Oh , que je puisse encore égarer ma pensée, Au gré de mes desirs dans l'espace élancée ! Qu'elle suive le vol de ces astres lointains.... Desirs présomptueux ! Efforts trop incertains ! Je ne puis avancer, ma foiblesse succombe ; Un long voile s'étend, et sur mes yeux retombe. Dieo seul et les esprits, chef d'œuvre de ses mains, De cet autre univers connoissent les chemins.

Faut-il donc s'étonner qu'aux jours de l'ignorance Ces astres, qui des Dieux nous offrent l'apparence, Aient usurpé l'encens des crédules mortels ? Le sage dans son cœur lui dresse des autels, Et respectant des cieux la maj sté suprême, Au milieu de la nuit se demande à lui-même : " Quel art dut présider à ce dôme éclatant T) ,l

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» Sur un fleuve d'azur sans orage flottant ? » Rien dans son noble auteur n'annonce l'indigence : » La sagesse et le choix, l'ordre et l'intelligence, » Savamment combinés brillent de toutes parts. » Un seul lien unit tant de mondes épars. » O surprise ! Tandis qu'un mouvement rapide » Les emporte à travers cet océan du vide, » Que tout part, va, revient, se balance, s'étend, » Roule, vole, et se suit dans un ordre constant, » Quel repos solennel plane sur la nature ! » Quelle main de ces corps dessina la stature ? » Quel invisible bras, par la force conduit, » Peupla d'or et de feux les déserts de la Nuit, » De ces astres roulans étendit la surface, » Et versa leurs rayons au milieu de l'espace, » Plus nombreux mille fois que les sables des mers, » Les perles du matin, les frimats des hivers, » Et tous ces flots brûlans qu'en sa course agrandie, » Au dessus des cités entraîne l'incendie ? » C'est en vain que l'impie ose élever sa voix, » Et dépouiller encor l'Eternel de ses droits. » Le hasard n'a point fait le monde planétaire, » Ni ces globes qu'emporte un mouvement contraire. » Il est sans doute un chef qui sous ses pavillons » De ce peuple étoilé range les bataillons, » Les lie à ses drapeaux sans trouble et sans murmure, » Fait d'un or immortel resplendir leur armure, » Campe leurs légions dans un ciel radieux, » Discipline leurs rangs et les arme de feux. »

Oui, la Religion est fille d'Uranie :
Tout d'un Dieu créateur dévoile le génie.
Mais combien il éclate avec plus de grandeur
Dans ce vaste appareil de flamme et de splendeur !
Vous, astres lumineux, vous, planètes errantes,
Et de lois et de mœurs famille différentes,
Qu'importe, dites-moi, cet éclat fastueux ?
Palais aériens, temple majestuenx,
Loges-tu l'Eternel?... Insensé, quelle audace !
Dès que je nomme Dieu, teute pompe s'efface :
La terre, comme un point, disparoît devant moi,
Et le sujet se perd dans l'éclat de son Roi.

Et l'homme, chaque nuit, témoin de ces spectacles, Pour croire à l'Eternel, demande des miracles !

Des miracles ! ... Ingrat, contemple l'univers !
Dieu, sur tous les soleils, tous les mondes divers,
Grave en lettres de feu son nom et sa puissance ;
Il nous poursuit partout de sa magnificence.

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Ici, sur l'arboisier, sur ces jeunes boutons,
La chèvre en bondissant conduit ses rejetons :
Ils se livrent, joyeux, des guerres innocentes,
Entrechoquant leurs fronts et leurs cornes naissantes.
Là, savourant les fleurs du cytise et du thym,
Sur l'herbe humide encor des perles du matin ,
A peine revêtu de sa toison légère,
L'agneau suit en bêlant les traces de sa mère,
Et n'a point à frémir, au sein de ses ébats,
D'un cerbère aboyant qui harcèle ses pas.

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Navigateur pompeux, là le cygne nageant,
Promène avec orgueil son plumage d'argent.
Tantôt au bruit flatteur des ondes carressantes
Il livre aux vents légers ses voiles frémissantes,
Tantôt dans le cristal qui réfléchit les cieux
Il se mire, il se plonge, ou par un vol joyeux
Effleure en s'agitant sa limpide surface.
Mais si mon œil admire et sa forme et sa grace, .
Mon ame admire encore un attrait plus charmant,
L'instinct, ce doux instinct, rival du sentiment.
Tandis que sur son nid sa compagne fidelle
Couve en paix sur la rive, il voltige autour d'elle ;
Soudain quelque étourdi vient-il au bord de l'eau
De ses tendres enfans esfrayer le berceau,
Il s'élance, son cou se dresse, son œil brille,
Et sur son lit de jonc il défend sa famille.

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