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NoUs sommes quatre enfans d'une grande famille ;
Et nous nous passons de nos sœurs ;

· A notre tête est la troisième fille,

' . Et notre aînée a les seconds honneurs.

'Celle qui de nous quatre a la taille plus grande

· A la troisième place a soumis sa fierté ;

Et, par distinction, la dernière demande

Un petit ornement sur son chef ajouté.

-- Nous composons un tout : mettez-vous à sa quête ;

Et, si vous le trouvez, demandez-le d'abord
Pour vous guérir du mal de tête,

Que vous aura causé peut-être cet effort.

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MoN tout est infini, quoique chose correcte ;
Ma fin est un arbre sans fruit ;

Me lisant à rebours, je méprise un insecte ;

Lettre de moins, c'est fait, je suis sec, je suis frit.

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MoN premier, en musique, est d'un fréquent usage ;
Le savetier, même le potentat,
Ont fait de mon second une asfaire d'état,
Mon tout, à l'employé, osfre une triste image :
Car, dans ce qu'on appelle administration,
Il est cousin-germain de la réduction.

Mots de l'ENIGME, du LoGoGRIPHE et de la CHARADE insérés dans le dernier IVuméro.

LE mot de l'Enigme du dernier N°. est Crémaillère.

Celui du Logogriphe est Balancier, où l'on trouve bain, Nil, carabine, Racine, Liban, bail, baie, Albane, Ariane, Liber (surnom de Bacchus), Baal, banc, Calabre, Abel, Cain, cabale, Albe.

Celui de la Charade est Fou-gueux.

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La Mort de Henri IV, roi de France, tragédie en cinq actes et en vers, par Gabriel Legouvé, membre de l'Institut national et de la Légion-d'Honneur; représentée pour la première fois sur le Théâtre Français, par les comédiens ordinaires de l'EMPEREUR, le 25 juin 18o6; suivie d'un Précis historique. Prix : 2 fr., et 2 fr. 5o c. par la poste. A Paris, chez Antoine-Augustin Renouard, libraire, rue Saint-André-des-Arcs, n° 55; et chez le Normant.

O, avoit cru jusqu'à présent que le caractère d'un prince plein de grandeur et de générosité, mais distingué par une franchise naïve et joviale, ne pouvoit se concilier avec la dignité de la tragédie. La Partie de Chasse, pièce qui avoit habitué le public à ne considérer ce héros que sous † rapports de sa vie privée, avoit pu servir à consolider cette opinion. M. Legouvé a cru pouvoir surmonter les difficultés qu'un tel sujet lui présentoit. Nous nous sommes toujours montrés disposés à donner notre suffrage aux poètes qui, sans s'éloigner des règles fondamentales # l'art, cherchent à ouvrir # nouvelles routes ; et leurs efforts ne fussent-ils pas aussi heureux qu'ils pouvoient s'en flatter, il nous a paru que, loin de les décourager, nous devions, par une critique modérée et impartiale, leur témoigner notre estime. C'est dans cet esprit que nous examinerons la tragédie nouvelle de M. Legouvé. Notre projet n'est pas de nous étendre sur le trait historique qui fait le sujet de cette tragédie. Nous avons cependant lu avec attention les réflexions de M. Legouvé; nous avons consulté de nouveau les sources où elles sont puisées, et nous sommes restés convaincus que les Mémoires les plus défavorables à Marie de Médicis et au duc d'Epernon, ne disoient rien de positif sur le crime qui leur est attribué dans la tragédie. Il n'est pas permis d'expliquer le silence des historiens, et, après deux siècles, d'interpréter leurs réticences. Quoique la poésie puisse tout oser, sa hardiesse ne doit pas aller si loin. La Muse tragique doit sur-tout être très-réservée sous ce rapport. Combien de gens ne savent l'histoire que par la tragédie! Et, pour en donner un exemple, parmi les admirateurs de la tragédie de Charles JX, n'y eu avoit-il pas un grand nombre qui, pendant les premières représentations, ne doutoient pas que le cardinal de Lorraine n'eût assisté au massacre de la Saint-Barthélemi, et n'eût beni les poignards ? Les exemples que cite M. Legouvé, pour justifier sa hardiesse me prouvent rien, et peuvent même être tournés contre lui. Il sait mieux que nous que Sémiramis est un sujet presque fabuleux, et que l'imagination des poètes peut s'exercer à son aise dans ces temps reculés. Aucun historien n'a justifié Jeanne de Naples du crime d'avoir consenti à la mort de son mari ; et le sujet de don Carlos qui, comme l'observe très-bien M. Leouvé, n'est fondé que sur un manifeste de Guillaume de § , ennemi de Philippe II, fut toujours interdit auThéâtre Français avant la révolution. Les reproches qu'on a faits à M. Legouvé nous paroissent donc fondés; ses réflexions historiques ne suffisent pas pour les réfuter. Il seroit superflu de répéter ces reproches; il ne nous reste qu'à examiner sa tragédie sous les rapports de l'art. Les divers effets que l'on peut produire dans la tragédie roviennent de deux causes : science du théâtre, et ce que † comédiens appellent la connoissance des planches. L'une est fondée sur une étude approfondie du cœur humain, l'autre ne s'appuie que sur quelques notions locales que l'habitude des spectacles peut facilement donner. La première, qui n'emploie que des ressorts naturels, ne s'éloigne jamais de la vraisemblance dramatique, ne blesse point la raison, se trouve à l'épreuve de la réflexion, et n'obtient rien par surprise. La seconde, au contraire, se sert de moyens sorcés, et par conséquent inattendus; l'étonnement § beaucoup à ses effets, et ses combinaisons souvent déraisonnables, mais toujours extraordinaires, excitent quelquefois de grands applaudisse nons. On ne trouve dans Corneille et dans Racine aucun exemple de cette connoissance frivole des treteaux; leurs situations préparées avec art, long-temps attendues, ne produisent pas des sensations aussi violentes; mais les émotions qu'elles rocurent ne sont mêlées d'aucun nuage; elles ne font point éprouver ce sentiment pénible dont un homme raisonnable a quelquefois peine à se rendre compte quand il assiste à une pièce à gran s effets : sentiment qui consiste à voir que la situation dont on est frappé malgré soi, ne s'accorde pas avec le bon sens. Thomas Corneille employa souvent ce charlatamis ne. Lagrange, son imitateur, le porta beaucoup plus loin ; et M. de Voltaire, dont le talent vraiment tragique pouvoit se passer de cette ressource, s'en servit avec trop de succes. Sa maxime de frapperfort plutôt que juste, indique assez son

système tragique; et les critiques peu éclairés qui ont soutenu qu'il étoit le plus pathétique de nos poètes, n'ont pas remarqué que le pathétique forcé, dû à des situations invrai§ a bien moins de mérite que la noble simplicité des grands maîtres. Les faiseurs de romans et de drames trouvent aussi le pathétique, et n'en sont pas moins mis à leur place par ceux même dont ils font couler les larmes. M. Legouvé ne s'est pas entièrement préservé de ce défaut, † tient au goût de son siècle. On remarque dans sa tragédie e Henri IV des effets que la raison ne saureit approuver. Par exemple, dans le cinquième acte, il est hors de toute vraisemblance qu'une reine de France se jette aux genoux de son sujet pour obtenir la grace de son époux. Ce n'est point là une situation dans le genre de celle de Clytemnestre et d'Achille. Une mère † n'a plus aucun moyen de sauver sa fille peut très-naturellement s'humilier devant le héros qui doit la défendre. Mais Marie de Médicis, bientôt régente de France, exerçant à ce moment toute l'autorité d'une reine, ne peut, sans choquer toutes les règles des convenances, se mettre aux pieds d'un homme qu'elle devroit à l'instant faire arrêter et # Le comble de la singularité est qu'elle charge ce même omme dont elle connoît la perfidie, d'aller veiller sur les jours de Henri IV. Ne devroit-elle pas plutôt donner cette commission à un serviteur sidèle ? Doit-elle se fier à un scélérat qui ne peut plus trouver son salut que dans la mort du roi ? On remarque encore dans cette tragédie quelques situations qui mériteroient la même critique : il a suffi d'indiquer en quoi consiste le défaut dont il est question, pour mettre le lecteur éclairé à portée de le distinguer quand il se rencontre. Lorsqu'un poète tragique place sur la scène un héros qui a figuré † manière éclatante dans l'histoire, il doit avoir soin de rappeler les principales circonstances de sa vie. C'est dans les moyens d'amener convenablement ces détails, que consiste une des plus importantes parties de l'art. La tragédie de Mithridate est un modèle dans ce genre; et, en général, dans toutes ses pièces, Racine n'a rien négligé pour peindre ses héros par le souvenir et le récit de leurs actions. Le caractère d'un personnage historique célèbre ne peut être démêlé que par la conduite qu'il a tenue : ainsi le poète tragique, après avoir fait une étude profonde de la vie de son héros, tâche de le mettre dans des situations propres à faire ressortir son caractère. Trop heureux si, dans ses conceptions, il peut trouver des positions analogues aux actions connues du personnage ! Pour nous servir du même exemple de Mithridate, avec quel art Racine a-t-il su placer son héros ? Quel plaisir n'éprouve-t-on pas à entendre en de si beaux vers les discours qu'il a tenus ou qu'il a dû tenir ! Cette belle fiction ne réunit-elle pas le mérite d'un tableau dramatique, et celui d'un tableau historique ? M. Legouvé n'a pas su tirer le même parti du sujet de Henri IV. Ses grandes actions sont à peine rappelées dans la tragédie : à une seule exception près, il ne se trouve jamais dans aucune situation qui puisse indiquer son caractère héroïque. Le poète s'est trompé en croyant qu'il lui suffisoit d'intéresser par la peinture d'un époux livré aux fureurs et aux caprices d'une femme jalouse ; il auroit dû se rappeler que Sully, en rapportant dans ses Mémoires ces disputes de ménage, ou il jouoit à regret le rôle de négociateur, observe que ce n'étoit pas le plus beau côté de la vie de cet excellent rince. On voit donc que le Henri IV de la tragédie de † Legouvé n'est pas le Henri IV de l'histoire. C'est un prince éprouvant dans son intérieur des tracasseries, suites inévitables de ses foiblesses ; et ce n'est pas cette situation que l'on auroit dû choisir pour mettre sur la scène un si grand monarque. D'après la principale conception de M. Legouvé, le rôle de Marie dc Médicis étoit très-difficile à tracer. L'amour et la jalousie d'une femme mariée depuis plusieurs années, ne ressemblent point aux mêmes passions éprouvées par une amante. Ainsi M. Legouvé ne devoit point prendre pour modèle l'Hermione d'Andromaque. Il a cherché à surmonter cette difficulté en donnant aussi l'amour propre et l'ambition pour motifs des fureurs de Marie de Médicis. Mais ces passions réunies s'affoiblissent l'une par l'autre. Les grands maîtres avoient soin d'éviter ces sortes de combinaisons, qui m'ont aucune couleur décidée. Le poète, dans le commencement de ce rôle, a cherché a fixer l'intérêt sur la reine; son amour seul paroît blessé : Je l'attendois hier ! je l'attends aujourd'hui ! Je le demande en vain à ces lieux pleins de lui; Ces lieux ne l'offrent point à ma vue inquiète. Pour un emportement, une plainte indiscrè e, Bien dienes de pardon, c'est le tort de l'amonr, Me faire desirer si long-temps son retour ! Me laisser sans pitié plus d'un jour alarmée ! Médicis : Médicis : non, tu n'es plus aimée. Ces vers d'élégie ne paroissent pas convenir à une reine qui a passé l'âge de la jeunesse ; ils peuvent encore moins être adressés à un roi de cinquante-sept ans, que les affaires de l'Etat ont pu occuper pendant un jour, sans que sa femme ait droit de s'en plaindre. Ce rôle de Marie de Médicis est la cheville ouvrière de la

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