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dant le Portugal à l'Espagne, et en lui demandant en échange les provinces situées entre les Pyrénées et l'Ebre. C'était tout ce que je pouvais désirer de plus complet pour assurer ma domination jusqu'au coeur de la monarchie , la mettre dans ma dépendance absolue, et rompre à jamais les liens de l'Angleterre avec le Portugal et par contre-coup avec l'Espagne.

Le Portugal se présentait naturellement comme L'occupale premier échelon pour arriver au but de l'en-" treprise. L'Angleterre y avait rétabli toute son est décidée. influence et son monopole. Les premières démarches, faites à la suite du traité de Tilsit pour obliger le prince régent à entrer dans la grande alliance, n'avaient eu d'autres résultats que de confirmer à l'Angleterre la teneur des articles secrets de ce traité. C'était à Londres que le prince allait demander la réponse qu'il devait faire à mes sommations !!

J'avais jugé, par les négociations de 1801, tout l'intérêt que le cabinet de St.-James prenait à ses relations avec ce pays, puisque l'approche seule de l'armée du général Leclerc avait plus fait pour décider la signature des préliminaires que tout ce qui se passait à la même époque en Europe.

Je savais donc que l'occupation du Portugal porterait un coup sensible au commerce et à la

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Junot occupe le Portugal.

tainebleau le 27 octobre 1807. Il me procurait la possession de l'Etrurie, et l'infant de Parme recevait en échange la province du Minho; Godoï, les Algarves et l’Alentejo; le reste serait séquestré jusqu'à la paix, et Charles IV proclamé empereur des Amériques.

La cour de Madrid abonda entièrement dans mes vues : non-seulement on accorda le passage à nos troupes, mais un corps d'élite fut mis à ma disposition pour assurer l'entreprise.

A l'approche de l'armée commandée par Junot, le prince régent promit tout ce qu'on vouNo, lut; mais c'eût été toujours à recommencer. D'ailleurs mon lieutenant, ayant ordre d’occuper en tous cas le Portugal, continua à s'avancer. La cour éperdue s'embarqua pour le Brésil, et me laissa son royaume en transportant une dynastie européenne sur un trône américain.

Eclairé par la proclamation du 2 octobre sur ce projet, j'avais prescrit à Junot de faire la plus grande diligence pour prévenir cet embarquement; mais ma déclaration du 13 novembre annonçant que la maison de Bragance avait cessé de régner, insérée trop tôt dans le Moniteur, parvint, par Londres et par mer, en huit jours à Lisbonne. Le prince régent, détrôné par mes décrets, fut tiré d'incertitude sur le parti qu'il avait à prendre, et ne crut pas prudent d'attendre mes troupes. Il s'embarqua le 27 novembre, emmenant tout ce qu'il put de sa flotte et un trésor de 500 millions (1). Les vents contraires le retinrent deux jours dans le Tage; nos troupes n'étaient plus alors qu'à deux lieues de Lisbonne où elles entrèrent le lendemain.

Junot mit une telle précipitation dans sa marche, qu'il traversa , sans la moindre précaution, la contrée stérile d’Alcantara à Castelbranco, et les affreuses montagnes qui séparent cette ville d'Abrantes , où son armée faillit périr. Il ne se présenta devant Lisbonne qu'avec 2 à 3 mille hommes qui ressemblaient plus à des spectres qu’à des conquérants. Cette rapidité était commandée par le désir de prévenir l'émigration du gouvernement. Junot y attacha tant de prix, qu'il entra à Lisbonne suivi d'une faible escorte, et fit même tirer sur l'escadre par les batteries portugaises, tant était grande la terreur qui le devançait. Il n'en arriva pas moins trop tard, et cette marche imprudente et précipitée né contribua pas peu à nos revers ultérieurs dans ce pays, en montrant aux Portugais nos jeunes conscrits affamés, comme des adversaires peu redoutables, première impression qui

(1) Il emmena 8 vaisseaux, 3 frégates , 4 bricks, et laissa 5 vaisseaux, 5 frégates, 12 goëlettes.

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ne s'effaça jamais, L'histoire des maux que cette armée avait endurés aurait dû suffire pour me détourner de mes projets, si je n'avais été entièrement trompé sur le caractère des nations que je voulais soumettre.

Tandis que Junot volait ainsi aventureusement sur Lisbonne, le général espagnol Taranco prenait possession des provinces du Douro, et le marquis de Solano pénétrait par l'Alentejo à Evora et Setuval; une division espagnole, sous

le général Caraffa, avait suivi Junot à Lisbonne. Dissension A cette époque, des querelles domestiques dans la famille royale. scandaleuses flétrissaient la famille de Charles IV. Ferdinand Le prince de la Paix, abusant de son crédit , propose de s’unir à la humiliait l'héritier du trône; et celui-ci, cher

chant un abri contre les vexations du favori, autorisées par son père, m'avait demandé la main d'une princesse de ma maison dans l'espoir de s'assurer ma protection. Malheureusement je ne pouvais disposer alors que d'une fille de Lucien. Son père s'était si mal conduit envers moi que je ne pouvais guère l'en récompenser en donnant un trône à sa fille, sur laquelle il exercerait plus d'influence que moi. D'ailleurs, je n'avais qu'une faible confiance dans les démarches de Ferdinand. Ce prince avait épousé en premières noces la fille de la reine Caroline de Naples, la plus implacable de mes ennemies :

mienne.

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je savais que ce lien avait influé sur ses sentiments politiques, et que, par haine pour Godoï, il en voulait à la France qui le soutenait.

Cependant le faux pas récemment fait par le favori contre moi, et la demande d'une princesse de ma maison par Ferdinand, prouvaient assez que la haine de ce prince serait susceptible de changer: il m'appelait dans sa lettre le grand homme du siècle.

La démarche du prince des Asturies était illégale; un prince héréditaire qui, sans l'aveu de son roi, établit des relations avec une dynastie étrangère, n'est qu'un criminel d’état plus coupable qu'un autre. Je différai d'y répondre; il fallait avant tout m'expliquer avec mon frère Lucien.' Talleyrand, dont l'orgueil égalait l'ambition, Talleyrand

n'excite à la avait quitté à la fin de 1807 le département des affaires étrangères, pour prendre place parmi les grands dignitaires en qualité de vice-grandélecteur, charge qui fut créée pour lui, comme celle de vice-connétable l'avait été pour Berthier.

Une basse jalousie entraîna le vaniteux diplomate; et une question d'antichambre lui fit, quitter un poste où il avait plus d'importance et de pouvoir, afin de ne pas souffrir au-dessus de lui un rival qu'il détestait.

Habile à diriger une intrigue, Talleyrand était un homme d'affaires bien plus qu'un homme

guerre,

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