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s'élance à son tour, et Paris est sauvé, dans les champs de Valmy, d'une invasion qui semblait inévitable. Bientôt après , ceux de Jemmapes, d'Hontschoote, de Wattignies, de Geisberg, de Tourcoing, sont témoins des mêmes prodiges; et loin de s'être bornée à cimenter le fameux coup d'état dont l'Europe entière a senti la secousse, elle a déjà envahi elle-même la Savoie, le Piémont, et le comté de Nice, repris aux AnglaisToulon qu'ils avaient lâchement acquis, et fait trembler ses nombreux agresseurs par l'attitude formidable qu'elle a prise sur la frontière du nord. A la terreur qu'éprouvait la France, a tout-à-coup succédé la soif de la vengeance et des conquêtes. De grands revers sont vengés à Fleurus, à la Montagne-Noire, à Aldenhoven; et, comme de concert avec les glaces de la Hollande, qui portent les bataillons républicains dans les murs d'Amsterdam effrayée, les flancs des Pyrénées nous ouvrent un passage, pour aller vaincre encore sur

V

le sol où Pompée vainquit Sertorius. C'est alors que les rois de Prusse et d'Espagne tremblent eux - mêmes pour leurs propres états. Forcés de demander la paix, ils reconnaissent enfin comme première puissance européenne, cette même république dont ils avaient conspiré la perte, troublé le repos, calomnié les intentions. Mais la guerre se continue plus fortement que jamais sur les frontières de l'Italie. Les vainqueurs des Pyrénées s'y portent, et les murs de Loano voient les Français préluder par une nouvelle victoire, à la campagne la ' plus enchanteresse dont les hommes aient gardé le souvenir. Que de prodiges en effet une seule année voit s'accomplir, à Montenotte, à Castiglione, à Millezimo, à Lodi , à Arcole, à Rivoli ! Un général, à peine sorti de l'âge où l'homme est en chrysalide, Bonaparte, que le Directoire y abandonne avec une faible armée , détruit successivement trois armées formidables que l'Autriche envoie pour l'anéantir; force tous les princes de l'Italie et jusqu'au pape lui même, à demander grâce aux républicains ; renverse le sénat de Venise, jusqu'alors regardé comme le plus ancien gouvernement de l'Europe; rejette - jusqu'au-delà du Tyrol, de nouvelles légions envoyées par l'Autriche sous le commandement du plus illustre de ses princes, et, d'accord avec les armées du Rhin et de Sambre-et-Meuse, dont un revers de fortune a pu ébranler la constance, force la fière Autriche de céder à la fois la Belgique et l'Italie. · Rarement un peuple victorieux met un terme à sa course. Un homme inspiré propose au Directoire d'aller conquérir l'Egypte, pour fonder à la France des communications plus faciles avec l'Inde; et voilà Bonaparte, qui, déjouant sur la Méditerranée toutes les manœuvres britanniques, s'empare de l'île de Malte, débarque à Alexandrie, écrase aux Pyramides les mamelouks qui l'attendent , plante sur les mosquées du Caire l'étendard républicain, soumet les peuples à ses lois, et poursuit jusqu'en Syrie l'armée vaincue sans combattre d'Ibrahim épouvanté. Cependant le GrandSeigneur veut reconquérir l'Egypte. L'armée qu'il y envoie es aussitôt détruite à Aboukir. Bonaparte, qui a quitté l'Egypte immédiatement après ce dernier prodige, est remplacé par Kléber. Celui-ci signale son commandement par une victoire éclatante remportée sur un nouvel ennemi dans les champs d'Héliopolis. Mais ce triomphe n'en est un que pour sa gloire : Kléber tombe poignardé par les soins du grand-visir, et l'Egypte que Menou essaie vainement de défendre encore, se voit arrachée par des calamités de toute espèce, aux mains intrépides de ses vainqueurs. Bonaparte a traversé les mers. Secondé par l'enchantement universel, il renverse le Directoire, et fonde pour luimême le Consulat sur ses ruines. B'Italie . n'est plus a la France, mais sa perte est vengée sous les murs de Zurich. N'importe, il faut la reconquérir. Le consul

franchit les Alpes, et reparaît sur le sof immortalisé par les Romains. Il ne peut secourir Masséna, qui périt dans Gênes ; mais il accomplira le grand œuvre qu'il médite. Deux batailles lui suffisent : vous le savez, ô champs de Montebello et de Marengo, vous savez par quels prodiges de génie et de valeur ces belles contrées repassèrent en cinq jours sous la domination républicaine. La France n'est pas moins heureuse au Nord. La journée d'Hohenlinden , abaisse l'audacieux orgueil de l'Autriche, étend les limites du territoire Français, sèche pour · quelque temps les pleurs des nations. · Le consul est de retour en France. Les sceptres de France et d'Italie, de

viennent le prix de ses travaux. Vaine

ment l'Angleterre s'irrite dans son île de tant de prospérités ; vainement elle, vomit sur nos bords des brulots et des poignards, Napoléon poursuit sa course miraculeuse, et tout annonce au monde un conquérant, un maître, un législateur nouveau. Cependant la guerre se

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