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D. Que fit Championnet ?

R. Il les soumit par la force des armes; et, sentant que tourner contre Mack lui-même la fureur de la multitude serait tirer les républicains du mauvais pas où ils étaient engagés, il chargea des agens secrets de cette grande et délicate opération. Chassé de son quartier-général, poursuivi partout, ne trouvant aucun refuge, Mack vint de lui-même se constituer prisonnier du général Championnet. Le malin Français, pour qui tout est sujet de chanson, n'épargna pas le général Mack, et je me souviens que l'on chanta beaucoup vers ces temps un vaudeville commençant ainsi :

Plutôt que de se laisser prendre,
Le grand coureur napolitain,
Monsieur Mack, est venu se rendre
Au général républicain.
« Sauvez-moi, j'ai peur, je frissonne :
» Pour me tirer de ce mic-mae,
» Je viens vous offrir ma personne
» Comme l'on offre du tabac. »

D. Que fit Championnet après la reddition du général Mack ?

R. Il entra dans Naples ; mais le peuple n'étant plus pour lui, il fallut conquérir la ville. Cette conquête terminée, Championnet changea le gouvernement du royaume, qui dès-lors prit le nom de république parthénopéenne.

D. Ne se passait-il rien en Italie ?

R. Voyant dans l'éloignement de Bonaparte la possibilité de reconquérir l'Italie, l'empe| reur d'Autriche chargea le général Kray de s'y porter avec 6o,ooo hommes, et, de son côté, le directoire en envoya pour s'opposer à Kray, 45,ooo commandés par Joubert.

D. Quels mouvemens Joubert opéra-t-il ?

R. Voyant les déprédations tolérées par le directoire , il se démit du commandement en chef, et la suprême autorité fut confiée à Schérer. Celui-cine fut pas plutôt maître de l'armée, qu'il courut attaquer l'ennemi sur l'Adige. C'était le 25 mars 1799, près de Vérone. Schérer tua 9ooo hommes au général Kray, et en perdit ensuite 5ooo, faute d'avoir pu être secondé par le général Lecourbe, qui commandait en Helvétie. Dix jours après, Schérer fut défait à son tour près de Magnano , et forcé de se reployer sur le Mincio en toute précipitation. -

D. Ne pouvait-il appeler l'armée de Naples à son secours ?

R. Le directoire l'avait défendu ; et, com

mandée par Macdonald, celle-ci devait, en cas
d'agression nouvelle, agir indépendamment.
D. Que fit alors Schérer ?
R. Ayant jeté une garnison dans Mantoue,
il détacha une colonne sur la Toscane ; prit,
par elle, la ville de Florence et la personne
du pape, remplaça l'autorité ducale par un
gouvernement républicain ; et se concentrant
ensuite, se retira des rives du Mincio derrière
l'Oglio, qui lui paraissait plus tenable,
D. Dans cette nouvelle lutte l'empereur
d'Autriche n'avait-il aucun auxiliaire ?
R. Il en avait un bien dangereux pour nous.
C'était le Czar dirigeant sur l'Italie 4o,ooo
hommes commandés par Suworow, l'homme
le plus bizarrement brave qui ait jamais existé.
D. Que fit Schérer devant cette réunion
de 1 oo,ooo combattans ?
R. N'ayant plus que 28,ooo hommes à
leur opposer, il se retira de l'Oglio sur l'Adda,
fit quelques dispositions de défense, et peu
sûr de ses talens , remit le commandement en
chef au général Moreau.
D. Moreau fut-il heureux ?
R. On ne saurait l'être moins. Compléte-
ment battu à Cassano, il dut renoncer à la
conservation de l'Italie, et se retira de ville

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en ville, de position en position, jusque sur le col de Tende. C'est ainsi que, soixante-dix jours après l'ouverture de la campagne, l'ennemi victorieux pût contempler nos frontières. D. Isolée par la retraite de Moreau, que fit l'armée de Naples ? R. Elle évacua Naples, et se retira en combattant jusque sur Plaisance. C'était le 16 mai 1799. — Quatre jours après, Macdonald attaqua les Russes sur la rive droite de la Trebbia. Il s'y fit des deux parts un effroyable carnage. Trop peu nombreux pour recommencer le lendemain, les Français se retirèrent successivement sur Modène, la Toscane et les états de Gênes. - 7 D. Moreau ne profita-t-il point de ce rapprochement pour mettre nos deux armées en communication ? R. Il fit plus. Battant à Saint-Giuliano les corps qui lui étaient opposés, il redoubla d'ardeur, et joignit l'armée de Naples dans les états de Gênes. C'est par suite de cette jonction que Moreau attaqua les alliés près de Novi ( 15 août 1799.) Quoiqu'ils fussent 66,ooo contre 4o,ooo Français, ils échouaient sur divers points lorsqu'une attaque inattendue sit céder notre aile droite, et rendit la retraite commune à toute l'armée. D. Comment cette retraite s'opéra-t-elle ? R. En assez bon ordre jusqu'au village de Pasturana. Là seulement, 4oo travailleurs embusqués coupèrent la retraite à notre matériel, et causèrent un encombrement dont l'ennemi tira le plus grand avantage. 12,ooo hommes furent perdus par chacun des partis, mais nous eûmes à regretter de plus que les alliés 4o voitures, 2o canons, et la personne mille fois plus précieuse du général Joubert. Une balle l'atteignit dès le commencement de l'action. En avant, disait-il encore d'une voix mourante. J'ai dit que les Français faisaient chanson de tout, et le désastre de Novi en est une preuve immortelle. D. Que devint l'armée après cette défaite ? · R. Elle se retira sur Gênes, où bientôt après elle fut jointe par une nouvelle armée des Alpes, dont le directoire avait ordonné la formation. Championnet, qui la commandait, se mit à la tête des forces réunies, et prépara tout pour conserver à la république cette partie de ses conquêtes. D. Que devenaient les garnisons françaises laissées dans les villes de Naples et de l'Italie ?

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