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horrible confusion, sur l'autre rive du fleuve qui lui avait coûté tant de peine à franchir. On aime à citer l'admirable conduite que tint dans cette déroute le jeune capitaine Marmont, aujourd'hui duc de Raguse ; et l'on observa qu'il n'existait point alors dans l'armée un soldat à qui la conduite de Pichegru inspirât plus d'horreur.

Tandis que l'armée soutenait sur la rive gauche du Rhin une série de combats plus ou moins acharnés, le général Montaigu , isolé par Pichegru dans Manheim avec ses 10,000 compagnons, tendait ses vénérables mains aux fers de l'esclavage. — Cependant, fatigué de travaux meurtriers et sans fin, le général autrichien Clairfait commençait à sentir le besoin d'une suspension d'armes. Il la conclut avec Jourdan, au défaut de Pichegru qui refusait d'y consentir, et le cours de la Nahe fut choisi pour la ligne de démarcation.

CAMPAGNE DE 1996.

PREMIÈRE GUERRE D'ITALIE.

D. Quels étaient nos adversaires en Italie ?

R. D'abord les légions que nous avions vaincues, ensuite celles de Rome, de Naples, de Parme, de Modène, de Gênes, de Venise, que l'empereur d'Autriche s'était attachées, et qui formaient, avec les siennes, un effectif de 150,000 combattans. 'D. Qu'avions-nous à leur opposer ? · R. 35,000 hommes au plus.

D. Quels étaient les deux généraux en chef?

R. Chez les Autrichiens, Beaulieu ; chez les Français, Bonaparte. Ce dernier est l'officier d'artillerie dont j'ai parlé au siége de Toulon.

«Nul ne sut mieux que lui le grand art de séduire,
Nul sur ses passions n'eut jamais plus d'empire,
Et ne sut mieux cacher sous des dehors trompeurs
Des plus vastes desseins les sombres profondeurs. »

D. Où commencèrent les hostilités ?

R. A Montenotte, le 11 avril 1796. Les Autrichiens, qui se liaient par leur gauche aux Piémontais, campés à Dégo, eurent d'abord

horrible confusion, sur l'autre rive du fleuve qui lui avait coûté tant de peine à franchir. On aime à citer l'admirable conduite que tint dans cette déroute lejeune capitaine Marmont, aujourd'hui duc de Raguse; et l'on observa qu'il n'existait point alors dans l'armée un soldat à qui la conduite de Pichegru inspirât plus d'horreur.

Tandis que l'armée soutenait sur la rive gauche du Rhin une série de combats plus ou moins acharnés, le général Montaigu, isolé par Pichegru dans Manheim avec ses 1 o,ooo compagnons, tendait ses vénérables mains aux fers de l'esclavage. — Cependant, fatigué de travaux meurtriers et sans fin , le général autrichien Clairfait commençait à sentir le besoin d'une suspension d'armes. Il la conclut avec Jourdan, au défaut de Pichegru qui refusait d'y consentir, et le cours de la Nahe fut choisi pour la ligne de démarcation.

retranchés dans les ruines d'un château. Ses compagnons y périrent, et lui tomba blessé presque mortellement. D. Quelle fut la perte de l'ennemi à Millesimo ? R. 12,ooo hommes, 22 canons, et 1 5 drapeaux. D. Beaulieu ne vengea-t-il pas cette défaite ? R. Il tenta de nous surprendre dans Dégo; mais sa nouvelle attaque ne fut qu'un nouvel échec. C'est à cette occasion que le Directoire témoigna son contentement aux généraux Bonaparte, La Harpe, Rampon et Vignolles. D. Ces témoignages étaient fondés ; mais en prenant l'offensive, Bonaparte n'avait-il pas désobéi au Directoire ? R. C'est l'opinion générale ; mais on ne punit point les fautes que le succès justifie. Si pourtant l'ordre dont on parle fut en effet donné, Bonaparte fit, en ne s'y conformant pas, un coup de témérité qui pouvait le conduire à l'échafaud. Ou ce général fut bien imprudent, ou il était bien sûr de ses plans de campagne. D. Que firent les Piémontais après la défaite de Beaulieu ? R. Le général Colli, qui commandait, crut

ne pouvoir sortir du mauvais pas où il se trouvait engagé, qu'en se retranchant sous les murs de Céva. | D. Parvint-il à s'y maintenir ?

R. Il en fut chassé, le 17 avril, par le général Augereau. Atteint, à Mondovi, il perdit 2ooo hommes, huit bouches à feu et 15 caissons ; nous céda Mondovi, Fossano, Besnes, la Trinita, Cherasco, Carignano, Alba, et se retira sous les murs de Turin pour défendre au moins la capitale du Piémont. « Soldats, dit alors Bonaparte à l'armée, vous avez en quinze jours remporté 6 victoires, pris 21 drapeaux, 5o pièces de canon, plusieurs places fortes, conquis la partie la plus riche du Piémont ; vous avez fait 15,ooo prisonniers, tué ou blessé plus de 1 o,ooo hommes..... Mais, soldats, il ne faut pas le dissimuler, vous n'avez rien fait puisqu'il vous reste encore à faire ; ni Turin, ni Milan, ne sont à vous; les cendres des vainqueurs de Tarquin sont encore foulées par vos ennemis...... »

D. Que fit le roi de Sardaigne en voyant les succès de nos armes ?

R. Il trembla pour ses états et demanda la paix. La paix lui fut accordée ; mais à des

conditions si dures, que les plus cruelles #s

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