Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

tenir des grades, avoir plus ou moins de quartiers de noblesse. Que devinrent ces distinctions ? R. On les supprima toutes, et l'on ne regarda, comme différences entre les citoyens, que celles établies par les talens et les vertus. Dès-lors, le brave, que de vils préjugés retenaient dans les grades subalternes, conçut l'espoir de s'illustrer comme les Turenne et les Bayard, et les âmes retrempées connurent enfin cette énergie sans laquelle il n'est pas de véritable grandeur. D. Quels étaient les points menacés par l'ennemi ? R. La Flandre, l'Alsace, et la Champagne. On envoya, pour les défendre, les généraux | Rochambeau, Luckner et La Fayette. Chacund'eux, suivi d'une armée considérable, eut ordre de prendre l'offensive. D. Détaillez-moi les premières opérations. R. En se montrant, le 28 avril 1792, le soleil donna le signal des hostilités. Nous prîmes Quiévrain, en Flandre, et Porentruy, en Alsace ; mais le lendemain, un affreux désastre, connu sous le nom de déroute de Marquain, fit succéder l'effroi à l'enthousiasme de - l'armée de Rochambeau. Pendant que l'on ralliait cette armée sous les murs de Lille, 5o,ooo Autrichiens assiégeaient vainement Landau, 22,ooo autres se faisaient battre par Luckner, dans les retranchemens de Fontoy, et le roi de Prusse, en personne, s'emparait de la place de Longwy. D. Que s'ensuivit-il? R. Que, fiers de n'avoir pas été battus partout, les Prussiens eurent la témérité de marcher droit sur Paris. Ils furent arrêtés par le général Kellermann, au village de Walmy, près Sainte-Ménéhould. Comme après une longue indécision, les destins semblaient se déclarer pour nous, Kellermann dit aux guerriers qui l'entouraient : Camarades, l'heure de la victoire a sonné : laissons approcher les Prussiens, et chargeons-les à la baionnette. Cette terrible manœuvre eut tous le succès prévu : les Prussiens furent repoussés jusque dans leurs premières lignes. Ils tentèrent vainement de se représenter le lendemain. Les succès de la veille avaient encouragé nos braves, et rien ne put sauver l'ennemi d'une déroute complète. Cette bataille, qui se livra le 2o septembre 1792, sauva la France d'une invasion, et valut par la suite à Kellermann

· le titre glorieux de duc de Walmy. On reprit Verdun, et l'ennemi regagna la frontière. D. Ne se passait-t-il rien sur d'autres points? R. Le roi de Sardaigne se joignait de fait à nos ennemis, comme depuis long-temps il l'était d'intention. On envoya contre lui les généraux Montesquiou et Anselme. La tâche du premier fut de prendre la Savoie, et celle du second, de s'emparer du comté de Nice. Tout prit la fuite devant Montesquiou, et sa mission se remplit sans combattre. Celle d'Anselme fut moins complétement heureuse. Il dut en venir à l'effusion du sang; mais en moins de huit jours, la victoire le rendit maître de tout le pays qu'il voulait occuper. D. La gloire d'Anselme ne fut-elle pas dans cette occasion susceptible de partage ? R. L'amiral Truguet peut en revendiquer une partie. Comme il louvoyait près de la côt, avec une escadre partie de Toulon, il con. tribua puissamment à la reddition de Nice, par le bombardement dont il menaça la place. D. Revenons aux travaux des armées combattant en Allemagne. R. Après un furieux combat, le général Custine s'empara de Spire et de tous les magasins que cette ville contenait. Apprenant

[ocr errors]

ensuite qu'un corps ennemi s'approchait de lui pour couvrir Worms et Mayence, il chargea le général Neuwinger d'aller s'emparer de Worms, et se porta de sa personne sur la , seconde de ces villes.Vainement les deux garnisons déployèrent l'appareil des combats; forcées par la volonté générale, elles sortirent des murs et se rendirent aux républicains. Ce double succès sut immédiatement suivi de la prise de Francfort-sur-le-Mein. D. Tous les corps ennemis n'avaient point évacué le territoire français. Qu'étaient devenus les Autrichiens ? R. Ils assiégeaient en vain les places de Lille et de Thionville. Commandés par le gé·néral Duhoux, les Lillois se défendirent depuis le 25 septembre jusqu'au 8 octobre, avec un tel courage, que tous se disputaient la gloire d'arracher les mèches enflammées des obus, et qu'un éclat de bombe servit de plat à barbe à quatorze citoyens. Thionville était défendue par le général Wimpfen. Voyant que la peur n'avait pas d'empire sur l'esprit des Français, l'ennemi offrit à leur chef un million pour évacuer la place. « J'y consens, répondit ce brave, si ces messieurs veulent passer l'acte de donation devant notaire. » Tant de persévérance rebuta les Autrichiens ; ils levèrent les deux siéges; et reprirent, comme les Prussiens, le chemin de la frontière. Toujours poursuivis par Kellermann, ceux-ci nous rendirent Longwy, et complétèrent, après deux mois et demi de pertes immenses, l'évacuation du territoire français. D. Les Français se contentèrent-ils de s'être affranchis des étrangers ? R. Non. Le général Dumouriez quitta l'ar mée pour aller proposer à la Convention l'envahissement de la Belgique. Sa demande fut écoutée; il retourna, suivi de nombreux renforts, se mettre à la tête des légions, livra bataille dans les champs de Jemmapes, et mit de nouveau l'ennemi en pleine déroute. D. Quelles furent les pertes matérielles de cette journée ? R. Par une de ces singularités attachées au sort des combats, l'ennemi perdit 1 o,ooo hommes dont 5ooo prisonniers, tandis que les Français ne trouvèrent pas, après la bataille, plus de 5oo soldats manquant à l'appel. D. Une autre particularité ne décida-t-elle pas du sort de la journée ? - · R. Victorieux, les Français mettaient dans leurs mouvemens une telle impétuosité que

« ZurückWeiter »