Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

D. Que devint le convoi de vivres ? R. Il opéra sa traversée pendant que les deux flottes étaient aux primes. D. Revenons sur le continent. R. Tandis que Servan battait les Espagnols à la Croix-des Bouquets, Souham prenait la ville de Deynse ; et Jourdan, celle de Charleroi. Comme le prince de Cobourg ignorait la reddition de cette dernière, il vint avec toutes ses forces pour la délivrer. Jourdan fut au-devant de lui , et tous deux se rencontrèrent dans la plaine de Fleurus. Pour connaître plus précisément les positions de son adversaire, Jourdan fit lancer, à une certaine hauteur, un aérostat portant des hommes, et fixé au sol par des cordages. Ce moyen surnaturel mit la consternation dans les rangs ennemis ; mais toutefois sans pouvoir d'un instant différer la bataille. Les avantages se balançaient partout, lorsqu'une explosion de caissons rompit nos rangs et y porta le désordre. La retraite ! criaient les soldats épouvantés. Won, répondit Jourdan, il faut vaincre ou mourir; et ce cri glorieux embrasant tous les cœurs, fut, au sein des revers, le signal de la victoire. D. Que faisait l'armée du Nord ? R. Elle prenait les villes de Nivelles, d'Ostende, de Mons, de Bruxelles; culbutait par : tout les corps qui s'opposaient à son passage, et, pour doubler ses forces, se joignait à l'armée de Sambre-et-Meuse.

D. Et l'armée du Rhin ?

R. Portée à 28,ooo hommes, elle écrasait dans les retranchemens de Platzberg le général Mollendorff, qui avait commis la faute de ne pas l'attaquer lorsqu'elle n'était que de 18,ooo.

D. Et celle de la Moselle ?

R. Elle obtenait au camp de Tripstadt des succès éclatans : l'ennemi perdit dans ce combat son artillerie, ses magasins, 5ooo hommes et son courage.

D. Qu'entreprirent les armées du Nord et de Sambre-et Meuse après leur jonction ?

R. Cette jonction n'ayant pas reçu l'agrément du comité de salut public, les deux armées furent obligées de se séparer de nouveau. Malgré l'énorme faute que fit ici le comité, Louvain et Malines tombèrent en notre pouvoir. Des succès si rapides portèrent la Convention à décréter, non-seulement l'investissement des places que l'ennemi n'avait point évacuées, mais encore la peine de mort contre toute garnison qui ne se rendrait pas dans les vingt-quatre heures qui suivraient la somma

tion de le faire. Effrayés de ce décret, les Autrichiens, que Schérer bombardait depuis quelques jours, nous rendirent la place de Landrecies. Peu de jours après, Namur, Anvers, Liége, Nieuport et l'ile de Cassandria se rendirent également. D. Ne se passait-il rien dans l'ile de Corse ? R. Le conventionnel Paoli s'y étant fait un parti considérable, essayait de la soustraire aux républicains pour la faire passer sous la domination des Anglais. On envoya contre lui le général Lacombe-Saint-Michel, et ils commencèrent une série de violens combats. Paoli aurait infailliblement succombé si, chassés de Toulon, les Anglais n'étaient venus à son secours ; mais ce renfort fit que nous perdîmes, avec les places de Calvi et de Bastia , l'ile de Corse tout entière. D. Quelles opérations signalaient l'armée d'Espagne ? R. Les généraux Frégeville, Delaborde et Moncey, s'emparaient des vallées de Ronceveaux et de Bastan, du camp de Saint-Martial, des places de Tolosa, de Saint-Sébastien et de Fontarabie ; Dugommier qui, malgré plusieurs perfidies du comte de La Union,

vènait d'entrer en vainqueur dans Bellegarde, battait, avec 25,ooo Français, 5o,ooo Espagnols à la montagne Noire, et succombait ensuite sous le poids de ses propres lauriers ; Pérignon profitant des terreurs de l'ennemi, prenait la place de Figuières, et s'entendait dire par un des officiers vaincus : Si, au lieu de 1 o,ooo Espagnols, j'avais eu sous mes ordres 5ooo Français, vous n'auriez jamais été maître du fort. La campagne de 1794 se termina sur ce point par un avantage considérable, que Moncey remporta le 28 novembre sur 8ooo Espagnols retranchés à Bergara.

D. Comment la fortune nous servit-elle au Nord ? .

R. D'un côté, nous éprouvions un échec à Kayserlautern ; mais, de l'autre, les Autrichiens étaient forcés de nous rendre les places : de Trèves, de Valenciennes et du Quesnoy. Lorsque Schérer somma le commandant du Quesnoy d'ouvrir ses portes, s'il ne voulait pas que sa garnison fût passée au fil de l'épée, ce commandant répondit qu'une nation n'avait pas le droit le décréter le déshonneur d'une autre, et que, dans tous les cas, il saurait faire respecter la sienne. Il tint parole pendant vingt jours, c'est-à-dire, jusqu'à ce

qu'il ne lui restât plus aucun moyen de défense; et lorsqu'il se vit forcé de capituler » il compléta son héroïsme, en déclarant que sa garnison n'ayant jamais eu connaissance de la sommation saite, il devait être considéré comme le seul rebelle aux ordres de la Convention. Schérer le fit conduire à Paris ; mais comme il ne figura sur aucune des listes de cette sanglante époque, on se plaît à croire qu'il fut traité en prisonnier de guerre. D. A quelles opérations se livrait l'armée de Sambre-et-Meuse ? R. Elle culbutait les Autrichiens près de Liége, investissait Maestricht, prenait Aix-laChapelle, remportait une victoire éclatante dans la belle plaine d'Aldenhoven, et soumettait à son joug la place de Juliers, qui contenait d'immenses approvisionnemens. D. Et celle du Nord ? R. Elle forçait les 7ooo hommes dont se composait l'avant-garde du duc d'Yorck, de poser les armes dans les marais de Boxtel, prenait Berg-op-Zoom, Bréda, Bois-le-Duc, et rejetait avec une perte considérable les Anglais sur la rive opposée de laMeuse et del'Aa. D. Ne reprocha-t-on pas à Pichegru de n'avoir pas profité de ses succès ?

« ZurückWeiter »