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et seul continue le feu. On a parlé long-temps d'une maladie de peau qu'il avait. Il la gagna dans cet acte de courage : le mourant avait la gale et sa sueur était imprimée sur le refouloir. | D. Comment allaient les affaires d'Espagne? R. Secondé par un traître, nommé Dufour, don Ricardos nous enlevait les places de SaintElme, de Port-Vendre, et de Collioure, après quoi les deux armées prirent des quartiers d'hiver.

D. Et celles d'Allemagné? R. Hoche, toujours irrité de sa défaite et visant à débloquer Landau, réparait sur les hauteurs de Freschweiler et de Werdt, les revers que nous avions dans le midi. A six cents francs pièce les canons Prussiens, dit-il à ses soldats.-Adjugés, répondent ceux-ci, en les enlevant tous. Une légère insurrection venant à se manifester pour obtenir que les hostilités ne fussent pas suspendues, Hoche mit à l'ordre du jour que les rebelles n'auraient pas l'honneur de marcher au premier combat, et tous vinrent à ses pieds implorer leur pardon. Ce général possédait éminemment l'art de séduire le soldat par la popularité. Comme deux boulets de canon venaient de lui tuer deux chevaux entre les jambes : je

crois, dit-il en riant, que ces Messieurs voudraient me faire servir dans l'infanterie. D. Dans quelle situation était la ville de Landau? R. Un effroyable bombardement y avait porté tous les ravages de l'incendie, et pour comble de maux, la garnison était livrée aux horreurs de la plus affreuse misère. Toutefois ces ravages et ces maux n'influaient en rien sur le courage des assiégés. Wurmser, qui commandait les troupes ennemies, eut une entrevue avec le général Gilot qui défendait la place. We savez-vous pas, dit le Prussien, ce que vous devez à votre nouveau roi Louis XVII? Je sais, répondit le Français, qu'honoré de la confiance nationale, je dois mourir pour la justifier. D. Quel fut le sort de Landau ? R. Hoche accomplit ce que Pichegru avait vainement tenté. Il délivra cette place en bat| tant complétement l'armée qui l'assiégeait. Cette bataille, qui eut lieu le 26 décembre, près de. Geisberg, nous rendit, avec le fort Vauban, les places de Lauterbourg , de Spire et de Guemersheim. D. Quel emploi Hoche sit-il des approvisionnemens qu'il y trouva ?

R. Il les dirigea sur Landau pour en gratifier les habitans de cette ville. Ceux-ci méritaient en effet d'être récompensés. Depuis le siége de Lille, nul n'avait montré de dévouement plus absolu, et l'on se rappelle qu'un pauvre citoyen, nommé Klée, refusa de secourir sa maison qui brûlait, pour sauver l'arsenal qui courait les mêmes dangers. Mae maison n'est qu'une propriété particulière, avait-il dit, celles de la nation doivent passer avant tout. Après cet acte de justice, le général Hoche fit baraquer son armée.

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CAMPAGNE DE 1794.

D. Dans quel état était alors l'administra- .

tion de l'armée ? R. Confiée au génie intègre et vigilant du célèbre Carnot, cette administration avait subi des réformes importantes. Le nouveau ministre avait fait succéder la discipline à la licence, et l'ordre aux abus; il avait surtout supprimé ces tentes innombrables qui embarrassaient les corps en multipliant les convois. D. Sur quel point et à quelle époque donnat-on le signal des nouvelles hostilités ?

R. Aux frontières d'Espague, le 5 février.

Surpris au camp des Sans-Culottes, les avant

postes français se reployèrent sur le gros de l'armée; et, commandé par le général Lespinasse, en l'absence du général Frégeville, le feu s'étendit sur tous les points. Les Espagnols furent vaincus et culbutés avec une perte considérable. Ils fuyaient lorsque Frégeville arriva. Modeste autant qu'intrépide, Lespinasse voulut lui remettre le commandement. « Tu en as trop bien usé, lui répondit Frégeville, achèves ton ouvrage, et que la France te doive cette belle journée tout entière. » On voulait, dans le combat, secourir le sergent major Dougados, qui périssait noyé dans son sang. « Retournez à votre poste, dit-il à ceux qui voulaient le sauver ; vous vous devez à la patrie avant de penser à moi. » D. Que faisait, en Allemagne, le général Hoche ? R. Voyant le Palatinat mal gardé, il demanda au comité de salut public la faveur d'y porter la guerre ; mais jaloux, comme le sont les tyrans, de toutes les grandes réputations, celui-ci ne répondit qu'en plongeant le vainqueur de Geisberg dans les prisons de la Conciergerie. Son crime était de s'être sait chérir

du soldat. On sait qu'il n'en est pas de plus irrémissible pour un Gouvernement qui craint les tourmentes révolutionnaires. D. Par qui Hoche fut-il remplaeé ? R. Par le général Jourdan, que nous avons ' vu disgracié après sa défaite de Vattignies. Nouveau Cincinnatus, Jourdan fit, à sa patrie, le sacrifice de ses ressentimens personnels. On dut s'en applaudir, car dans le même jour (18 avril) il battit 12oo Autrichiens sur les hauteurs de Merzig, et s'empara de la place d'Arlon que défendait un corps considérable. D. Que faisait Pichegru ? R. Attaqué par des forces beaucoup supérieures aux siennes, il cédait le terrain à Noirieu, à Destreux, à Villars-en-Gauchies, et laissait investir la place de Landrecies que l'ennemi convoitait depuis long-temps. D. Etions-nous aussi malheureux en Piémont ? R. La victoire y couronnait nos armes. Masséna s'emparait des villes d'Oneille, de Loano, d'Ormeo et de Garessio; le chef de brigade Basdelaune se faisait un brevet de général de division, en se rendant maître du Mont-Valaisan et du Petit-Saint-Bernard; les généraux Macquart et Garnier, de concert avec Mas

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