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par celle d'un nombre au moins égal d'ennemis. Bientôt après les champs de Bar-sur-Seine "virent réitérer ces hécatombes d'une manière non moins sanglante.

D. Quelle influence ces combats eurentils sur nos opérations?

R. Celle de prouver aux maréchaux que, privés des secours de l'empereur, ils ne pouvaient que périr sur la rive droite de la Seine. Macdonald venait alors de prendre le commandement en chef des deux corps dont la force totale n'excédait pas 25,000 hommes. Il évacua Troyes que l'ennemi pilla immédiatement, et porta sa ligne de défense entre Nogent eWMontereau,

I). Que faisait l'empereur? R. Il voyait tout de Reims où nous l'avons laissé. Jugeant qu'il fallait interdire à la grande armée des alliés toutes communications avec l'armée de Silésie , il se porta rapidement contre elle. On se battit à La Fère Champenoise , à Plancy, à Méry , et notamment à Arcis-sur-Aube, où le corps de Macdonald se joignit à l'armée impériale. L'issue de ce dernier combat n'ayant pas été favorable aux Français, l'empereur ordonna la retraite, et prit immédiatement l'habile résolution de manœuvrer sur les derrières de l'ennemi.

D. Quel était son but?

R. De creuser un abîme aux alliés en soulevant contre eux la masse entière d'une population belliqueuse, ce qui les eût totalement isolé des seules ressources auxquelles leur existence tenait encore.

D. Quel parti prit l'ennemi?

R. De marcher droit sur la capitale sans s'inquiéter de ce qui se passait sur ses derrières. Mais comme il fallait masquer cette manœuvre à l'empereur, on détacha contre lui un corps d'environ 12 a i5,o00 hommes avec ordre de présenter constamment un front supérieflr à son importance réelle. Napoléon crut en effet avoir à sa suite toute l'armée des alliés, et continua de se replier sur les Vosges.

D. Où étaient les corps des maréchaux Marmont et Mortier?

R. Entre Reims et Soissons. Forcés par des masses trop nombreuses , et guidés d'aik leurs par des ordres positifs, ils manœuvrèrent de manière à rejoindre au plutôt l'armée impériale.

D. Que se passait-il dans les. Pays-B.is?

Ti. Le général Maison y disputait le terrain >ied à pied aux forces immenses déployées levant lui; et celles-ci bombardaient vainement Anvers que défendait avec l'ardeur d'Achille le bras sexagénaire du citoyen Carnot.

D. Aucune autre place ne fit-elle comme Anvers de résistance marquée.

R. Berg-op-Zoom s'est acquis un grand nom dans l'histoire. Surpris dans ses mur» par 5o00 Anglais qui parvinrent à y pénétrer, 2700 Français firent de leurs nombreux ennemis le plus effroyable carnage. Ce qui surtout doit ajouter à l'admiration qu'on leur porte , c'est qu'indépendamment de fortifications qui n'exigeaient pas moins de 12,000 hommes , ces 2700 braves avaient encoro vingt-six bastions à conserver. Nous devons au colonel Legrand une excellente notice sur la surprise de Berg-op-Zoom : modeste autant qu'intrépide, ce savant officier n'a oublié que lui dans sa relation.

D. Que se passait-il en Italie? R. Chargé de défendre cette antique et superbe contrée, le prince Eugène Beauharnais attendait pour attaquer l'armée autrichienne campée sur l'Adige, que le roi Murat eût joint ses forces aux siennes, lorsqu'il apprit que, cédant à l'influence climatérique, ce roi venait de trahir en faveur des alliés sa gloire acquise, l'honneur de son trône, son pays, son frère et son bienfaiteur. D. Dans cette cruelle conjoncture quel parti prit Beauharnais ? / R. Celui de se retirer sur le Mincio pour y prendre des positions conformes à sa fortune. On se battit en vingt endroits avec des avantages balancés, et plus d'une fois les Napolitains cédèrent aux Français l'honneur de coucher sur le champ de bataille. Ce fut sur ces entrefaites que l'ancien roi de Naples, Ferdinand IV, débarqua de Palerme dans le port de Livourne avec 16,ooo hommes, dont 4ooo Anglais commandés par lord Bentinck. Cette arrivée fit ouvrir les yeux à Murat; et non moins alarmé des périls que son trône courait de ce côté, que de ceux auxquels l'exposait évidemment le talent prodigieux de son vaillant adversaire, il connut dès ce fatal moment qu'il n'existait pas de repos pour les traîtres. D. Ne se passait-il rien sur les frontières de la Suisse ? R. Le comte Bubna s'emparait de Genève et marchait sur Lyon. Instruit de ce mouvement, l'empereur chargea le maréchal Augereau de artir pour s'y opposer. Au lieu d'une armée, -ugereau ne trouva que îa00 hommes presue sans organisation. Il se hâta de leur en lonner une, et porta par l'appel des gardes nationaux , l'effectif de ce corps à 17,000 combat tans. Bubna n'en ayant que 12,000 à lui opposer, ne tarda point à reperdre tout ce qu'il avait conquis: Mâcon, les Echelles, etc.

D. Augereau se montra-1-il encore ce qu'on l'avait vu jadis en Italie?

R. Vainement l'empereur lui avait fait écrire par le duc de Feltre 0 d'oublier ses cinquante-six ans pour ne se rappeler que des beaux jours de Castiglione, » l'illustre vieillard ne montra plus que le revers effacé de la plus belle médaille. D. Que devait-il donc faire? R. Frapper au cœur ainsi qu'il en avait l'ordre, détruire d'un coup tout l'espoir de son adversaire, au lieu de rester dans Lyon spécutateur oisif des efforts de son armée. Cela fait, il était libre de voler à de nouveaux ennemis, D. S'en présentait-il? R. Conduite par le prince de Hesse-Hombourg , et forte de 40.000 hommes, l'armée du Sud s'avançait par Dole contre lui. Il Courut au-devant, et quantité de combats

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