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l'ai dit pour se mettre à la poursuite de BIiicher. | D. Fallut-il les reconquérir? R. Oui, et c'est de quoi l'empereur s'occupa sur-le-champ. Trop vivement pressés les alliés menacèrent d'incendier la ville si on ne leur donnait jusqu'à midi du lendemain pour en compléter l'évacuation. Napoléon y consentit; mais à peine la trève fut-elle expirée que vingt coups de canon mirent les portes en éclats. Les alliés étaient loin de s'attendre à une pareille précipitation ; beaucoup même ne faisaient encore que songer à partir, lorsque les Français fondirent sur eux comme la foudre. Ce moment faillit de mettre en nos mains la personne de l'empereur Alexandre. D. Que fit Napoléon dans Troyes ? R. Justice de plusieurs séditieux, parmi lesquels se trouvait le chevalier de Gouault. Cet homme dont les indignes projets avaient - hautement éclaté , est sérieusement plaint par MM. de Beauchamps, Labaume et compagnie. D. Quelle direction prit la grande armée des alliés ? B. Celle qui la reportait le plus directe

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ment derrière l'Aube , où elle fut suivie pat les maréchaux Victor et Macdonald.

D. Retournons à Blticher. Qu'avait-il fait depuis le dépari de Napoléon?

R. Remis en corps d'armée les lambeaux de ses cinq corps.

D. Et depuis, qu'osa-t-il entreprendre? R. Se croyant abandonné à lui-même, il jugea n'avoir rien de mieux à faire que de marcher directement sur Paris. En conséquence , il se porta contre le maréchal Marmont. qui était en position pour l'observer, et le força de se replier devant lui. Celui-ci fut a La Ferté, joint par le maréchal Mortier qui conGa la garde de Soissons au général Moreau; et 9 désormais suffisamment en force pour n'être pas réduits à la nécessité d'une fuite pure et simple , tous deux se retirèrent en combattant jusque sous les murs de Meaux. C'est dans cette marche que Blùcher fut joint çar les corps de Bulow et Winzingerode qui, comme je l'ai dit, s'étaient emparés de la Hollande. Ils nous avaient pris dans le trajet les villes de La Fère et de Soissons. D. Où était l'empereur? R. A Troyes. Là, les yeux fixés sur les mou"vemens des deux armées ennemies , il voyait arec pitié Bliicher s'exposer sans but aux mêmes chances qui lui avaient déjà coûté tant de milliers d'hommes , et se disposait à manœuvrer sur ses derrières pour achever de l'anéantir. Parti de Troyes le 27 février, Napoléon franchit par un temps et des chemins affreux tout l'intervalle qui le séparait de Bliicher, et joignit près de Craone sou ennemi déjà fort embarrassé de sortir de ses mains. C'est alors qu'on vit commencer entre eux un combat d'autant plus acharné, qu'il devait avoir la plus grande influence sur le sort des partis (7 mars). L'ennemi fut battu , parce que tel semblait être son sort; mais ceinte victoire nous coûta 5ooo hommes, et c'était beaucoup trop dans une circonstance où , jusqu'au dernier conscrit, tout était précieux. Alors la ville de Reims venait d'être reprise par le général Corbineau.

J). Où se retira l'ennemi?

R. Sur le plateau de Laon. Napoléon a qui il ne restait que 5o,00o hommes avait formé le projet d'attaquer dans cette position formidable les 100,000 de son adversaire, lorsqu'il apprit que dans la nuit qui suivit la bataille de Craone , le maréchal Ma r mont s'était laissé surprendre dans ses bivouacs pat le corps du général Yorck. Ce maréchal avait perdu 300o hommes , i3o caissons et 40 bouches à feu.

D. Quelle influence eut-il sur les résolutions de l'empereur?

R. Aucune , si l'on en juge par les ordres qu'il donna. Laon fut attaqué dans tous les sens avec un acharnement et un courage dont l'histoire des nations offre peu d'exemples; mais ce fut en vain que les premiers soldats de la terre se surpassèren t pendant deux jours,dans la proportion d'un contre quatre , pour emporter cette position. Ce que n'avaient pu jusqu'alors vingt peuples conjurés , un roc l'effectua , et, frémissant de son impuissance , Napoléon se vit forcé d'ordonner la retraite. Tandis qu'elle s'opérait sur Soissons, Marfflont, que sa défaite avait séparé de l'armée impériale , quitta le confluent de la Suippe pourporter son quartier-général dans Fismes.

D. L'empereur ne donnait-il aucun repos à l'armée?

ft- Ce repos que nécessitaient et les fatigues mouies essuyées jusqu'alors, et le besoin de réorganiser l'armée, commençait à rétablir les forces épuisées de nos soldats , lorsque l'empereur apprit que Reims venait d'être enlevé au général Corbineau par le transfuge SaintPriest. Il lui parut alors digne de lui de reconquérir cette ville importante sous les yeux mêmes de l'armée victorieuse, et il quitta Soissons pour accomplir son projet. Instruit de ce mouvement, Marmont s'ébranla pour agir de concert ; le corps ennemi fut écrasé . dans sa conquête; Saint-Priest lui-même fut blessé mortellement , et vers une heure du matin, nous rentrâmes dans les murs de Reims guidés par les acclamations de nos concitoyens, et surtout éclairés par les feux éclatans d'une illumination générale. D. Instruit de l'échec des Français contre le roc de Laon, que fit le prince de Schwartzenberg ? R. Il reprit l'offensive contre les maréchaux Oudinot et Macdonald qui opéraient séparé ment, et qui dans cette circonstance firent briller de tout son éclat la gloire du nom français. Surpris dans Bar, les 15,ooo hommes d'Oudinot en tuèrent 24oo aux 4o,ooo que le généralissime commandait en personne ; et, attaqués spontanément dans La Ferté , les 1 o,ooo de Macdonald ne se retirèrent devant les forces triples du prince de Wurtenberg, , qu'après avoir vengé la mort de 6oo des leurs

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