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Nogent et de Bray. Il passa même la Seine à ce dernier endroit. Mais il ne tarda point à voir ses progrès se ralentir par l'arrivée subite du duc de Tarente qui se porta de Meaux sur Nangis pour renforcer ses deux collègues. - D. Ne fut-ce point alors que les souverains tinrent conseil pour délibérer sur les mesures nécessitées par ces incidens ? R. Oui, et tous les avis tendaient à s'attacher aux pas de l'empereur dont on ignorait encore les derniers avantages. Mais un autre incident fit changer cette brillante résolution. Le général Haake arrivant bride abattue au quartier - général des souverains , annonça qu'après avoir détruit les derniers corps de Blücher, Napoléon se repliait sur la Seine pour y attaqucr la grande armée. Alors il ne fut plus question que de reprendre les anciennes positions de la Seine et de l'Yonne , reconquises par les maréchaux depuis l'arrivée du duc de Tarente. D. Cette alarme de l'ennemi était - elle fondée ? R. On ne peut davantage.A peine Schwartzenberg eut-il transmis à ses lieutenans les délibérations du grand conseil, que de sanglans

combats signalèrent l'arrivée de Napoléon. Les champs de Mormant, de Valjouan et de Montmirail en sont une preuve impérissable. Terrassé partout, l'ennemi qui, un instant avant, comptait pénétrer jusqu'à Paris, ne songea plus qu'à se retirer sur Troyes. D. Que fit Napoléon dans cette conjoncture ?

R. Il fondit près de Montereau sur les derrières de l'ennemi qu'il mit dans la plus grande confusion et dont il fit le plus horrible carnage. 6ooo hommes, quatre drapeaux et six canons furent en moins de quelques heures arrachés aux alliés ( 16 février) ; et lorsque traversant Montereau pour échapper à la mort qui s'attachait à leurs pas, ceux - ci se croyaient hors de tout péril, ils trouvèrent dans les habitans mêmes, des ennemis non moins acharnés que ceux dont ils venaient d'éprouver la fureur : « Comment ferons - nous pour enterrer tant morts ? dit un citoyen de Montereau. Jetezles à la Seine, répondit l'empereur. Puisqu'ils veulent voir Paris, ils le verront. »

D. Quel fut pour les Français l'eslet de cette bataille ?

R. Celui de se revoir sous les murs de Troyes, qu'ils avaient évacué ainsi que je l'ai dit pour se mettre à la poursuite de BIiicher. | D. Fallut-il les reconquérir? R. Oui, et c'est de quoi l'empereur s'occupa sur-le-champ. Trop vivement pressés les alliés menacèrent d'incendier la ville si on ne leur donnait jusqu'à midi du lendemain pour en compléter l'évacuation. Napoléon y consentit; mais à peine la trève fut-elle expirée que vingt coups de canon mirent les portes en éclats. Les alliés étaient loin de s'attendre à une pareille précipitation ; beaucoup même ne faisaient encore que songer à partir, lorsque les Français fondirent sur eux comme la foudre. Ce moment faillit de mettre en nos mains la personne de l'empereur Alexandre. D. Que fit Napoléon dans Troyes ? R. Justice de plusieurs séditieux, parmi lesquels se trouvait le chevalier de Gouault. Cet homme dont les indignes projets avaient - hautement éclaté , est sérieusement plaint par MM. de Beauchamps, Labaume et compagnie. D. Quelle direction prit la grande armée des alliés ? B. Celle qui la reportait le plus directe

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ment derrière l'Aube , où elle fut suivie par les maréchaux Victor et Macdonald. D. Retournons à Blücher. Qu'avait-il fait depuis le départ de Napoléon ? R. Remis en corps d'armée les lambeaux de ses cinq corps. D. Et depuis, qu'osa-t-il entreprendre ? R. Se croyant abandonné à lui - même , il jugea n'avoir rien de mieux à faire que de marcher directement sur Paris. .. En conséquence, il se porta contre le maréchal Marmont qui était en position pour l'observer, et le força de se replier devant lui. Celui-ci fut à La Ferté, joint par le maréchal Mortier qui confia la garde de Soissons au général Moreau ; et, désormais suffisamment en force pour n'être pas réduits à la nécessité d'une fuite pure et simple, tous deux se retirèrent en combattant jusque sous les murs de Meaux. C'est dans cette marche que Blücher fut joint par les corps de Bulow et Winzingerode qui, comme je l'ai dit, s'étaient emparés de la Hollande. Ils nous avaient pris dans le trajet les villes de La Fère et de Soissons. D. Où était l'empereur ? R. A Troyes. Là, les yeux fixés sur les mouvemens des deux armées ennemies , il voyait avec pitié Bliicher s'exposer sans but aux mêmes chances qui lui avaient déjà coûté tant de milliers d'hommes , et se disposait à manœuvrer sur ses derrières pour achever de l'anéantir. Parti de Troyes le 27 février, Napoléon franchit par un temps et des chemins affreux tout l'intervalle qui le séparait de Bliicher, et joignit près de Craone son ennemi déjà fort embarrassé de sortir de ses mains. C'est alors qu'on vit commencer entre eux un combat d'autant plus acharné, qu'il devait avoir la plus grande influence sur le sort des partis (7 mars). L'ennemi fut battu , parce que tel semblait être son sort; mais cette vic·toire nous coûta 5ooo hommes, et c'était beaucoup trop dans une circonstance où , jusqu'au dernier conscrit, tout était précieux. Alors la ville de Reims venait d'être reprise par le général Corbineau. D. Où se retira l'ennemi ? R. Sur le plateau de Laon. Napoléon à qui il ne restait que 5o,ooo hommes avait formé · le projet d'attaquer dans cette position sormidable les 1 oo,ooo de son adversaire , lorsqu'il apprit que dans la nuit qui suivit la bataille de Craone , le maréchal Marmont s'était laissé surprendre dans ses bivouacs par

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