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tière démoralisation dont les divers corps étaient frappés, une cruelle épidémie les détruisait tous avec une égale fureur. D. Quels alliés restaient à Napoléon ? R. Naples, le Danemarck et l'Italie. Tous les autres étaient passés à l'ennemi et la France n'avait que 8o,ooo hommes présens pour tenir tête aux armées des trois quarts de l'Europe. Il est vrai que de nombreuses garnisons se trouvaient encore dans les places fortes de l'Allemagne ; mais comme Napoléan se flattait de reprendre incessamment l'offensive, il les y conservait pour, en cas de succès, mettre l'ennemi entre deux feux ou reconquérir son territoire avec plus de facilité. D. Vous m'avez dit les dispositions prises pour résister sur le Rhin, mais j'ignore encore ce qui fut fait sur les autres points de nos frontières. R. Le maréchal Ney gardait les débouchés du Morvan ; le maréchal Augereau, les rives du Rhône ; les maréchaux Soult et Suchet, les passages des Pyrénées, tandis que le viceroi d'Italie se joignant aux Napolitains, se préparait à forcer l'Autriche de tenir 1 oo,ooo hommes en Carinthie pour couvrir Vienne; et que, placée à Chaumont, la garde impériale se tenait prête à se porter partout où les dangers exigeraient sa présence. D. Ce plan fut-il généralement approuvé ? R. Beaucoup le regardèrent comme gigantesque ; et, s'il faut en croire plusieurs officiers distingués, Napoléon aurait beaucoup mieux fait de rappeler sur le territoire de la vieille France tout ce qu'il avait d'hommes épars en Espagne, en Hollande et en Italie ; mais qu'auraient dit ces mêmes officiers si le succès, que la trahison seule empêcha, avait couronné le plan directement contraire ? D. A quels mouvemens se livraient les alliés ? R. Tandis que le gros de leur armée méditait sur les moyens de franchir le Rhin, et que le prince royal de Suède se portait contre le maréchal Davoust campé sur la Stecknitz, les corps de Bulow et de Winzingerode envahissaient la Hollande et forçaient de se reployer sur Anvers les divers régimens français que trop de faiblesse numérique empêchait de résister. D. Quel point de nos frontières était principalement menacé? · R. Le pont de Bâle. Deux raisons avaient empêché Napoléon d'y porter des forces. La première, était le serment fait par les Suisses de faire respecter leur neutralité; la seconde, l'espoir qu'il avait de pouvoir y placer incessamment les garnisons de Dresde et de Dantzick, qu'il savait avoir posé les armes, sous la condition de rentrer librement en France. D. Qui s'opposa donc à cet arrangement ? R. La persidie des alliés. Ardens violateurs des traités les plus saints, ils retinrent prisonnières ces mêmes garnisons dont ils avaient signé la délivrance, et entraînèrent la Suisse dans un enchaînement de complaisances qui la déshonora aux yeux du monde entier. Napoléon était aux Tuileries lorsque le capitaine Feisthamel, secrètement envoyé par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr pour l'instruire du sort des défenseurs de Dresde, vint à travers cent périls affrontés, lui apprendre que l'empire était envahi à l'Est de son territoire. Il fit aussitôt reployer sur la Champagne les trois corps disposés sur le Rhin; sit de Châlons le point de rassemblement de ses principales sorces, et s'y porta lui-même dès qu'il se crut en état d'ouvrir la campagne. D. Comment débuta l'empereur ? R. Par attaquer, dans Saint-Dizier, un corps de l'armée de Silésie. Il le mit en déroute, prit la ville (27 janvier) et se porta sur. Montiérender. . D. Que fit le maréchal Blücher en apprenant cet échec d'un de ses corps ? -, R. Il concentra son armée près de Brienne, et ne se-croyant point assez sort pour aller audevant de Napoléon, prit le très-sage parti d'attendre qu'il parût. , D. Parut-il ? R. Quoique le mauvais état des chemins nuisît singulièrement à la marche de l'armée, il parut le 5o vers 7 heures du matin. Alors on vit s'entamer et s'étendre un feu extrêmement acharné. Bliicher manqua d'être pris dans le château de Brienne avec tout son étatmajor. Jamais on ne vit d'égorgemens plus complets. Ce combat effroyable dura jusqu'à la nuit. Nous couchâmes dans le château et les Russes dans la ville. On ne peut dire lequel des deux séjours était le moins asfreux : le château était encombré de cadavres, la ville était en proie au feu le plus dévorant. D. Lequel des deux partis céda le champ de bataille ? . R. L'ennemi. Il se retira dès le lendemain sur la Rothière, et Napoléon l'y suivit. L'empereur craignant que l'intention de Blücher ne fût de se joindre à la grande armée des alliés, se disposait à se déployer sur Troyes, lorsque de nouveaux avis vinrent changer sa détermination. Il faisait un temps affreux. La neige qui tombait par torrens dérobait à chacun des partis la position de son adversaire ; mais rien ne put les empêcher d'en venir aux mains. (1" février) Plus heureux qu'à Brienne, l'ennemi garda le champ de bataille. D. Où l'armée française se retira-t-elle ? R. Sur Troyes. Au lieu de s'attacher à ses pas, les souverains alliés perdirent dans le château de Brienne un temps considérable à délibérer sur les moyens qu'ils emploieraient pour tourmenter sa retraite. Il fut décidé que l'armée de Silésie se dirigerait sur Paris par Châlons et les rives de la Marne, que la grande armée s'y porterait par Troyes et les bords de la Seine, et que leur liaison serait constamment assurée par divers corps de troupes savamment disposés entre elles. D. Napoléon parvint-il à gagner Troyes ? R. Oui, et de la manière la plus heureuse. L'accueil que cette ville fit à l'armée découragea nos jeunes soldats déjà épuisés par les fatigues et les privations. 6ooo environ quit"èrentleurs étendards pour aller porter la cons

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