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première, était le serment fait par les Suisses de faire respecter leur neutralité; la .seconde, l'espoir qu'il avait de pouvoir y placer incessamment les garnisons de Dresde et de Dantzick, qu'il savait avoir posé les armes, sous la condition de rentrer librement en France.

D. Qui s'opposa donc à cet arrangement?

li. La perfidie des alliés. Ârdens violateurs des traités les plus saints, ils retinrent prisonnières ces mêmes garnisons dont ils avaient signé la délivrance, et entraînèrent la Suisse dans un enchaînement de complaisances qui la déshonora aux yeux du inonde entier. Napoléon était aux Tuileries lorsque le capitaine Feisthamel, secrètement envoyé par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr pour l'instruire du sort des défenseurs de Dresde, vint à travers cent périls affrontés, lui apprendre que l'empire était envahi à l'Est de son territoire. 11 fit aussitôt reployer sur la Champagne les trois corps disposés sur le Rhin; fit de Chàlons le point de rassemblement de ses principales forces, et s'y porta lui-même dès qu'il se crut en état d'ouvrir la campagne.

I). Comment débuta l'empereur?

R. Par attaquer, dans Saint-Dizier, un corps de l'armée de Silésie. Il le mit en déroute, prit la ville (27 janvier) et se porta sur Montiérender.

D. Que fit le maréchal Bliicher en apprenant cet échec d'un de ses corps?

R. 1l concentra son armée près de Bricnnc, et ne se-eroyant point assez fort pour aller audevant de Napoléon, prit le très-sage parti d'attendre qu'il parût. D. Parut-il?

Iî. Quoique le mauvais état des chemins nuisît singulièrement à la marche de l'armée, il parut le 00 vers 7 heures du matin. Alors on vit s'entamer et s'étendre un feu extrêmement acharné. Bliïcl1er manqua d'être pris dans le château de Brienne avec tout son étattnajor. Jamais on ne vit d'égorgemens plus complets. Ce combat effroyable dura jusqu'à la nuit. Nous couchâmes dans le château et les Russes dans la ville. On iie peut dire lequel des deux séjours était le moins affreux: le château était encombré de cadavres, la ville était en proie au feu le plus dévorant.

D. Lequel des deux partis céda le champ de bataille?

R. L'enhoroi. Il se retira dès le lendemain sur la Rothière, et Napoléon l'y suivit. L'empereur çraignant que l'intention de Bliicher ne fût de se joindre à la grande armée des alliés, se disposait à se déployer sur Troyes, lorsque de nouveaux avis vinrent changer sa détermination. Il faisait un temps affreux. La neige qui tombait par torrens dérobait à chacun des partis la position de son adversaire ; mais rien ne put les empêcher d'en venir aux mains. (1" février) Plus heureux qu'à Brienne, l'ennemi garda le champ de bataille. D. Où l'armée française se retira-t-elle ? R. Sur Troyes. Au lieu de s'attacher à ses pas, les souverains alliés perdirent dans le château de Brienne un temps considérable à délibérer sur les moyens qu'ils emploieraient pour tourmenter sa retraite. Il fut décidé que l'armée de Silésie se dirigerait sur Paris par Châlons et les rives de la Marne, que la grande armée s'y porterait par Troyes et les bords de la Seine, et que leur liaison serait constamment assurée par divers corps de troupes savamment disposés entre elles. D. Napoléon parvint-il à gagner Troyes ? R. Oui, et de la manière la plus heureuse. L'accueil que cette ville fit à l'armée découragea nos jeunes soldats déjà épuisés par les fatigues et les privations. 6ooo environ quit"èrentleurs étendards pour aller porter la cons

teraatioo dans leur puys, et furent à peine remplacés pajr l'entrée en ligne de la division Hamelinaye.

D. L'empereur parvint-il à se maintenir dans Troyes?

R. Il prouva du moins par divers avantages remportés sous les murs contre l'avant-garde de la grande armée qu'il pouvait y faire une glorieuse résistance. Son intention première était de défendre Troyes, mais apprenant que Bliicher opérait un mouvement décousu contre Paris, il évacua la ville et se porta sur Nogent. Ce fut le général Mortier qui soutint cette retraite. Il s'en acquitta avec autant de courage que de ruse et d'habileté.

D. Que firent les alliés après le départ de Napoléon?

R. Ils prirent possession de Troyes. Ce fut alors que les royalistes de cette ville firent éclater leurs intentions pour les princes français de l'ancienne dynastie. Excités par le baron de Vidranges et par le chevalier de Gouault, plusieurs reprirent les croix de SaintLouis qu'ils portaient avant la révolution, et une vingtaine environ signèrent une adresse à l'empereur Alexandre pour lui demander le retour des Lys.

D. Quelle fut la réponse de ce prince?

R. Que loin de vouloir donner un roi à la France, les souverains alliés ne venaient que la consulter sur ses intentions.

D. Que pensez-vous de cette réponse?

R. J'y croirais si elle n'était pas rapportée par M. Alphonse de Beauchamp.

D. Revenons à Bliicber.

R. Il chassait devant lui le faible corp» du duc de Tarente qui, n'ayant pu se maintenir dans Châlons, se reployait sur Meaux où 8000 gardes nationaux l'attendaient.

D. Dans quel ordre marchait Bliicher?

R. Avec une dissémination qui prouvait toute sa sécurité. Son avant-garde venait d'éprouver un échec à la Ferté-sous-Jouarre (9 février), lorsqu'il apprit que Napoléon se portait de la Seine sur la Marne, et n'était déjà plus qu'à une faible distance. Alors l'embarras du général ennemi fut extrême. Ne sachant plus comment réunir à temps ses cinq corps éparpillés . il prit le parti d'ordonner la retraite dans l'intention vague de rejoindre la grande armée.

D. Où était l'empereur?

R. A Sézanne où l'avaient joint les maré

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