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qnérir les positions, des efforts dont il eût été si avantageux de pouvoir faire un autre emploi. On rapporte qu'en arrivant chez l'ennemi, le commandant de l'artillerie saxonne dit gaiement au prince royal de Suède : J'ai brûlé la moitié de mes munitions contre vous, et je vais brûler le reste contre les Francais : propos d'autant plus horrible qu'il joint l'odieux de l'impudeur à l'infamie du crime. D. A quelle nombre la défection des Saxons réduisit-elle les Français ? R. A 1 1 2,ooo, dont chacun avait quatre ennemis à combattre. D. Quel parti peut s'attribuer l'honneur d'avoir vaincu à Leipsick ? R. C'est une question que les alliés euxmêmes n'osent approfondir. Le fait est que nous couchâmes sur le champ de bataille, et que nous imposâmes, par la fierté de notre attitude, ces mêmes ennemis qui croyaient nous épouvanter par leur nombre. D. Le roi de Saxe trempa-t-il dans la défection de ses troupes ? R. Cet opprobre n'a pas souillé ses cheveux blancs. D. Que fit Napoléon après la bataille ? li. Il voulait recommencer à combattre ;

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nais comme 25o,000 coups de canon tirés depuis deux jours avaient réduit les munitions presqu'à rien, il décida que l'armée se reploierait sur Erfurt pour s'y réapprovisionner.

D. Quand s'effectua la retraite? H. Le lendemain dès la pointe du jour. L,'ennemi vit à peine notre mouvement rétrograde , qu'il s'ébranla pour attaquer Leipsick; mais l'empereur avait eu soin d'en mettre toutes les issues en état de défense. On se battit long-temps aux portes de la ville avant que l'ennemi parvînt à pénétrer dans la ville même. Quand il y fut, le carnage devint horrible; ce n'étajt que torrens de boulets, de balles et de mitraille, dévorant à la fois des bataillons entiers , et suspendant par des monceaux de morts le cours épouvantable des ruisseaux de sang. Plus de 2o,000 Français restaient encore h passer, lorsqu'un bruit affreux annonça que le pont sautait. Dès-lors plus de refuge pour eux : ces 2o,000 braves étaient à la discrétion de 40o,000 ennemis.

D. N'accusa-t-on pas l'empereur d'avoir fait sauter le pont pour sauver sa personne?

R. Les mépris du monde entier ont fait justice de cette calomnie.

D. Comment ce malheur arriva-t-il donc?

R. L'empereur ordonne au général Dulauloy de faire sauter le pont dès que l'ennemi paraîtra ; et celui- ci en confie l'exécution au colonel Montfort, qui lui-même croit pouvoir en charger le caporal Lafontaine. Tout est préparé, l'ennemi paraît et le pont n'est plus.

D. Si les Français combattant dans la ville se trouvaient encore entre le pont et l'ennemi, comment l'ennemi pénétra-t-il jusqu'au pont sans avoir rejeté les Français de l'autre côté de la rivière?

R. Voilà précisément la source de tous les contes débités sur ce grand désastre. Le» troupes qui se présentèrent au pont n'étaient pas de celles qui se battaient dans Leipsick. Reconnaissant au contraire, ou le danger ou l'impossibilité de s'y introduire, elles filèrent autour des remparts, gagnèrent le pont et causèrent la méprise.

D. A combien évalue-t-on les pertes des deux partis dans les trois derniers jours?

R. A i5o,00o hommes et 48 généraux, tués, blessés ou pris. L'ennemi eut pour sa part 80,000 hommes hors de combat. C'était beaucoup sans doute, mais nous eûmes à regretter de plus que lui i5o bouches à feu qui ne purent trouver passage. Parmi nos morts on distingua surtout le prince Poniatowski. Ce héros, qui périt criblé de balles en traversant l'Elster, venait do recevoir dans le bâton de maréchal d'empire, le sceptre glorieux des vertus du guerrier.

Z). Quelle était encore la force des Français?

R. 8o,000 hommes, non compris plusieurs milliers de traînards que l'on désignait sous le nom de fricoteurs.

D. Quelle route prit l'armée?

R. Celle de Mayence par Francfort.

D. Ne fut-elle point inquiétée dans son mouvement?

R. Elle courut de véritables dangers au défilé de Kœsen, mais elle en sortit par l'intrépidité des généraux Guilleminot et Bertrand.

D. L'ennemi se borna-t-il à cette tentative?

R. Il en fit une terrible près de la ville de Hanau. Persuadés que toute l'armée serait prisonnière s'ils parvenaient à l'acculer contre l'angle formé par le Rhin et le Mein , 70,000 Austro-Bavarois qui nous avaient devancés, nous attendaient à ces nouvelles Thermophyles. L'armée leur passa sur le ventre; le général Wrcde, qui les commandait, y périt, 10,000 des leurs restèrent sur le champ de bataille ; et victorieux au sein même des revers, nous rentrâmes sur le territoire de la patrie pour garantir ses limites de toute invasion.

D. Qu'étaient devenues les garnisons françaises des places fortes de l'Allemagne?

R. Plusieurs se défendaient encore avec une rare intrépidité. Celles d'Anvers et de Hambourg, que commandaient Carnot et Davoust, serviront surtout de modèle aux générations à venir.

D. Quelles sont celles' qui s'étaient rendues?

R. Wurtzbourg, Bréme, Stettin, Modlin, Erfurt, Torgau , Dresde et Dantzick.

D. L'ennemi observa-t-il fidèlement les traités qu'il conclut avec elles?

R. Sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres sa gloire n'est pas intacte. Il avait accordé aux garnisons de Dresde et de Dantzick la faculté de rentrer librement en France; mais à peine se furent-elles rendues, qu'il viola ses traités et les déclara prisonnières?

D. Quelle influence cette double violation eut-elle sur les destins de l'empire?

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