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genstein qui était en position près de Wachau. D. Que fitl'empereur en arrivant à Leipsick? R. Comme toutes les forces de la coalition n'étaient plus qu'à une faible distance, il disposa ses différens corps pour un engagement général. D. Cet engagement eut-il lieu ? R. Le 16, vers 8 heures du matin, trois colonnes ennemies, que précédaient 2 oo pièces de canon, s'avancèrent contre les corps de Poniatowski, de Victor et de Lauriston, qui défendaient trois villages importans, parmi lesquels se trouvait celui de Wachau. D. Où était l'empereur ? R. Il se portait au galop des murs de Leipsick sur les points attaqués. Son arrivée, sur la partie supérieure de la plaine, fut immédiatement suivie d'une canonnade qui augmenta par degrés, et qui bientôt fit un bruit si épouvantable qu'à peine les soldats pouvaient entendre les commandemens répétés par les chefs de peloton. On se battit ainsi jusqu'à neuf heures du soir. Alors l'ennemi avait perdu 25,ooo hommes et deux lieues de terrain. . D. Et nous ? R. 4ooo hommes tout au plus; et, ce qu'il y a de plus admirable, c'est que nos 16o,ooo braves avaient constamment lutté contre 55o,ooo. Il faut avoir assisté à cette bataille pour se faire une idée de l'intrépidité française. L'empereur y donna surtout de grandes preuves de courage. Voyant un régiment d'infanterie qui restait sans bouger sous le feu des canons autrichiens : Quel est ce régiment?dit-il à l'officier qu'il voit à la tête. —Le 22° léger. Cela n'est pas possible, je le connais, il ne resterait pas les bras croisés à se laisser mitrailler. Ces mots sont pour l'ennemi plus fatals que la foudre; il dit, le régiment s'élance et les canons sont enlevés. D. A quoi les deux partis consacrèrent-ils le lendemain de cette journée ? R. A de nouvelles dispositions pour recommencer le 18 au matin. D. Se battit-on le 18? R. Avec plus de fureur que jamais. La victoire allait encore sourire aux Français, lorsque, par une perfidie concertée, les Saxons nous abandonnèrent pour se joindre à nos ennemis. Il est facile de penser combien cette défection nous devint funeste. Le vide qu'elle mit dans nos lignes isola plusieurs de nos corps d'armée, et il fallut consacrer à reconqnérir les positions, des efforts dont il eût été si avantageux de pouvoir faire un autre emploi. On rapporte qu'en arrivant chez l'ennemi, le commandant de l'artillerie saxonne dit gaiement au prince royal de Suède : J'ai brûlé la moitié de mes munitions contre vous, et je vais brûler le reste contre les Francais : propos d'autant plus horrible qu'il joint l'odieux de l'impudeur à l'infamie du crime. D. A quelle nombre la défection des Saxons réduisit-elle les Français ? R. A 1 1 2,ooo, dont chacun avait quatre ennemis à combattre. D. Quel parti peut s'attribuer l'honneur d'avoir vaincu à Leipsick ? R. C'est une question que les alliés euxmêmes n'osent approfondir. Le fait est que nous couchâmes sur le champ de bataille, et que nous imposâmes, par la fierté de notre attitude, ces mêmes ennemis qui croyaient nous épouvanter par leur nombre. D. Le roi de Saxe trempa-t-il dans la défection de ses troupes ? R. Cet opprobre n'a pas souillé ses cheveux blancs. D. Que fit Napoléon après la bataille ? li. Il voulait recommencer à combattre ;

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mais comme 25o,ooo coups de canon tirés depuis deux jours avaient réduit les munitions presqu'à rien, il décida que l'armée se reploierait sur Erfurt pour s'y réapprovisionner. D. Quand s'effectua la retraite ? R. Le lendemain dès la pointe du jour. L'ennemi vit à peine notre mouvement rétrograde, qu'il s'ébranla pour attaquer Leipsick ; mais l'empereur avait eu soin d'en mettre toutes les issues en état de défense. On se battit long-temps aux portes de la ville avant que l'ennemi parvînt à pénétrer dans la ville même. Quand il y fut, le carnage devint horrible; ce n'était que torrens de boulets, de balles et de mitraille, dévorant à la fois des bataillons entiers, et suspendant par des monceaux de morts le cours épouvantable des ruisseaux de sang. Plus de 2o,ooo Français restaient encore à passer, lorsqu'un bruit affreux annonça que le pont sautait. Dès-lors plus de refuge pour eux : ces 2o,ooo braves étaient à la discrétion de 4oo,ooo ennemis. D. N'accusa-t-on pas l'empereur d'avoir fait sauter le pont pour sauver sa personne ? R. Les mépris du monde entier ont fait justice de cette calomnie.

D. Comment ce malheur arriva-t-il donc ? R. L'empereur ordonne au général Dulauloy de faire sauter le pont dès que l'ennemi paraîtra ; et celui ci en confie l'exécution au colonel Montfort, qui lui-même croit pouvoir en charger le caporal Lafontaine. Tout est préparé, l'ennemi paraît et le pont n'est plus. D. Si les Français combattant dans la ville se trouvaient encore entre le pont et l'ennemi, comment l'ennemi pénétra-t-il jusqu'au pont sans avoir rejeté les Français de l'autre côté de la rivière ? R. Voilà précisément la source de tous les contes débités sur ce grand désastre. Les troupes qui se présentèrent au pont n'étaient pas de celles qui se battaient dans Leipsick. Reconnaissant au contraire, ou le danger ou l'impossibilité de s'y introduire, elles filèrent autour des remparts , gagnèrent le pont et causèrent la méprise. D. A combien évalue-t-on les pertes des deux partis dans les trois derniers jours ? R. A 15o,ooo hommes et 48 généraux , tués, blessés ou pris. L'ennemi eut pour sa part 8o,ooo hommes hors de combat. C'était beaucoup sans doute, mais nous eûmes à regretter de plus que lui 15o bouches à feu qui

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