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D. S'arrêtèrent-ils après cette défaite? H. Otidinot étant blessé, Napoléon chargea le maréchal Ney de prendre le commandement de l'expédition de Berlin. Ney lutta long-temps près de Dennewitz contre des forces immensément supérieures; et peut-être serait-il parvenu à les vaincre si le prince royal n'était arrivé tout-à-coup avec 70 bataillons, 1o,000 chevaux et i5o pièces de canon. L'apparition subite de ce formidable renfort décida le maréchal à faire sonner la retraite; mais l'armée n'obéit qu'en frémissant, et l'on vit le général Reynier rester long-temps sous le feu redoublé des canons ennemis dans l'at- titude d'un homme qui désirait la mort. D. Que se passait il chez les alliés? R. Ceux-ci publiaient, au nom ne l'empereur de Russie, un manifeste tendant à exciter toutes les nations à s'armer contre nous. D. En est-il qui l'aient fait? R. La Bavière. Son roi devait tout à Napoléon; mais qui peut compter sur la reconnaissance des rois?

D. Quelles mesures prenait la France pour se garantir d'une invasion?

R. Les plus capables de faire triompher sa cause, et notamment une levée de 280,000 hommes. La demande qu'en faisait au sénat l'impératrice régente, décélait assez les projets

«le l'ennemi : « Associée depuis quatre

ans aux pensées les plus intimes de mon époux, je sais de quels sentimens il serait agité sur un trône flétri et sous une couronne sans gloire. »

D. Quels mouvemens faisaient les deux armées ? »

R. Voulant toujours en venir aux mains, Napoléon cherchait partout l'ennemi; mais celui-ci qui attendait un renfort de 60,000 hommes, refusait tout engagement et se bornait à varier ses positions pour fatiguer les Français par des marches sans résultat. C'est ainsi que nous courûmes pendant plusieurs jours de la Bohême à la Silésie et de la Silésie i» la Bohême.

Jd. Le renfort arriva-t-il?

R. Oui, et des qu'il eut opéré sa jonction les grandes opérations recommencèrent.

D. Détaillez-les moi.

R. Les armées de Bohême et de Silésie repoussèrent sur Dresde le prince Poniatowski et le maréchal Macdonald; de son côté, le prince royal de Suède se porta sur Leipsick en Forçant le maréchal Ney de se reployer devant lui.

D. Pressé par ce mouvement concentrique, que fit Napoléon?

R. Il courut attaquer, près de Wurtzen, l'armée de Silésie que Macdonald s'efforçait en vain d'arrêter> la défit complétement, et força Blucher d'aller chercher un refuge dans le camp suédois. Cet avantage remporté, il confia la défense de Dresde au maréchal Gouvion Saint-Cyr, quitta la contrée et se porta sur Leipsick pour réaliser, dans la plaine de Wachau, un grand dessein qui l'occupait depuis long-temps.

D. Quelle était la force de la garnison de Dresde?

R. 33,00o hommes, non compris 10 à 12,000 qui se trouvaient soit dans les hôpitaux, soit en subsistance. De ces derniers, beaucoup étaient des lambeaux échappés au désastre de Kulm.

D. Quel jour Napoléon entra-t-il dans Leipsick?

R. Le 14 octobre. C'était l'anniversaire de Jéna. Enthousiasmé par le souvenir de ce jour glorieux, le roi Murat attaquait avec 6o00 hommes de cavalerie le corps entier de Wittgenstein qui était en position près de Wachau. D. Que fitl'empereur en arrivant à Leipsick? R. Comme toutes les forces de la coalition n'étaient plus qu'à une faible distance, il disposa ses différens corps pour un engagement général. D. Cet engagement eut-il lieu ? R. Le 16, vers 8 heures du matin, trois colonnes ennemies, que précédaient 2 oo pièces de canon, s'avancèrent contre les corps de Poniatowski, de Victor et de Lauriston, qui défendaient trois villages importans, parmi lesquels se trouvait celui de Wachau. D. Où était l'empereur ? R. Il se portait au galop des murs de Leipsick sur les points attaqués. Son arrivée, sur la partie supérieure de la plaine, fut immédiatement suivie d'une canonnade qui augmenta par degrés, et qui bientôt fit un bruit si épouvantable qu'à peine les soldats pouvaient entendre les commandemens répétés par les chefs de peloton. On se battit ainsi jusqu'à neuf heures du soir. Alors l'ennemi avait perdu 25,ooo hommes et deux lieues de terrain. . D. Et nous ? R. 4ooo hommes tout au plus; et, ce qu'il y a de plus admirable, c'est que nos 160,000 braves avaient constamment lutté contre 350,000. Il faut avoir assisté à cette batiille pour se faire une idée de l'intrépidité française. L'empereur y donna surtout de grandes preuves de courage. Voyant un régiment d'infanterie qui restait sans bouger sous le feu des canon» autrichiens : Quel est cerégimenl? dit-il a l'officier qu'il voit à la tête.—Le 220 léger.

Cela n'est pas possible, je te connais, il ne

resterait pas les bras croisés à se laisser mitrailler. Ces mots sont pour l'ennemi plus fatals que la foudre; il dit, le régiment s'élance et les canons sont enlevés.

D. A quoi les deux partis consacrèrent-ils le lendemain de cette journée?

R. A de nouvelles dispositions pour recommencer le 18 au matin. D. Se battit-on le 18? R. Avec plus de fureur que jamais. La victoire allait encore sourire aux Français, lorsque , par une perfidie concertée, les Saxons nous abandonnèrent pour se joindre à nos ennemis. Il est facile de penser combien cette défection nous devint funeste. Le vide qu'elle mit dans nos lignes isola plusieurs de nos corps d'armée, et il fallut consacrer à recou

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